30/11/2025
Ma place …
Je ne suis pas venue pour guérir qui que ce soit,
mais pour accompagner.
Avec mon approche centrée sur la personne, inspirée de Carl Rogers,
je crois profondément qu’en offrant un climat d’écoute,
de confiance, d’amour inconditionnel,
la tendance actualisante, cette force de vie que nous avons chacun en nous,
se met naturellement en mouvement.
Mon rôle consistait à écouter les paroles,
Mais aussi à décrypter ce qui ne se disait pas.
Derrière les mots, dans les silences et les gestes,
Dans le souffle ou le regard.
A travers une écoute active et bienveillante,
J’accompagnais chacun à prendre conscience,
A aller un peu plus loin sur son cheminement.
Je restais aussi dans une observation constante,
Attentive aux corps.
Une épaule qui s’affaisse, un souffle court, un regard fuyant,
une main qui se crispe ou qui tremble légèrement.
Ces signes me guidaient, me permettaient d’adapter le rythme,
Et de maintenir un climat doux, englobant et sécurisant.
Nous avons varié les supports, les approches, les tempos
Pour garder en éveil les consciences et le cœur.
Alterner le mouvement et le repos,
La parole et le silence,
L’intériorité et le partage.
Pendant ces 4 jours, j’ai aussi pris soin de moi.
Parce qu’on ne peut accueillir l’autre pleinement
Que lorsque l’on est soi-même habité d’équilibre.
Je me suis ressourcée dans ces repas délicieux en pleine conscience
Où chaque saveur devenait un ancrage.
Je savourais la contemplation de chaque objet,
chaque curiosité chinée par Anna et Philippe les hôtes.
Comme une invitation à la lenteur, à l’émerveillement.
Et puis, il y avait ces pauses silencieuses, face à cette vallée aveyronnaise.
Ces pauses silencieuses étaient ma façon de préserver la qualité de ma présence,
De nourrir cette posture d’écoute et de douceur,
Que j’avais déjà cultivé durant mon voyage préparatoire avant d’arriver ici.
Et puis, il y a eu ces moments particuliers,
où des émotions, des énergies chargées m’ont traversées.
Je les ai accueillis avec respect comme on accueille une vague qui monte un peu trop fort
Je suis sortie dans la nature, respirer, souffler, pour lâcher ce qui ne m’appartenait pas.
J’ai laissé le vent me traverser
Et je suis revenue prête, disponible,
Enracinée et ouverte pour accompagner et continuer avec présence et avec cœur.
Je n’attendais pas de résultats.
Je savais que je devais simplement tenir ma posture :
Dans la présence, le non-jugement et sans attente.
Etre le passeur de quelques clés et de techniques
puis laisser la nature humaine faire le reste.
Mon rôle, c’était de tenir le cadre.
Un cadre où tout le monde se sent aimé, accueilli, respecté.
J’ai offert mon savoir, bien sûr,
mais surtout, j’ai offert mon être.
Ma présence généreuse, mon écoute, ma tendresse.
Et dans cette posture,
à la fin, quelque chose de fort s’est passé.
Je me suis profondément sentie à ma place.
Ancrée, humble,
et émue d’être témoin de tant d’humanité.
Chaque sourire, chaque regard, chaque mot échangé
m’a rappelé pourquoi je fais ce métier.
Parce qu’accompagner le deuil,
c’est avant tout accompagner la vie.
Et moi aussi, je repars changée.
Chargée d’humanité,
profondément ancrée dans ma mission.
C’était Aurélie Amand, je vous remercie pour votre écoute,
Et je vous dis au prochain épisode et au dernier de cette série de ce séjour en immersion 2025,
Où je rendrais hommage à tout ceux qui ont œuvrés dans l’ombre.