15/01/2026
L’anxiété de performance est présente chez beaucoup de personnes et adolescents au niveau scolaire, mais elle a également de forts retentissements chez les personnes neuro atypiques.
L’anxiété de performance chez les profils neuroatypiques : quand vouloir bien faire devient une source de tension permanente...
L’anxiété de performance est souvent invisible.
Elle ne crie pas.
Elle ne déborde pas toujours.
Elle s’installe en silence, derrière des comportements que l’on interprète mal.
Chez les enfants, les adolescents et les adultes qui ont un TDAH, un TSA ou un profil à haut potentiel, cette anxiété est fréquente.
Non pas parce qu’ils veulent être meilleurs que les autres, mais parce qu’ils ont très tôt intégré l’idée qu’ils devaient prouver quelque chose.
Ce n’est pas l’échec qui fait le plus peur
C’est de ne pas être à la hauteur...
Contrairement aux idées reçues, l’anxiété de performance ne concerne pas uniquement les personnes ambitieuses ou compétitives.
Chez les profils neuroatypiques, elle prend souvent racine dans autre chose :
– des remarques répétées sur les efforts insuffisants
– des attentes floues ou contradictoires
– des expériences d’échec malgré une réelle implication
– un décalage constant entre ce qui est attendu et ce qui est possible à un moment donné
À force, l’enfant ou l’adulte ne cherche plus seulement à réussir.
Il cherche surtout à éviter de décevoir, d’être jugé, d’être perçu comme incapable.
Chez le TDAH : la peur de ne pas y arriver “au bon moment”...
Les personnes qui ont un TDAH savent souvent qu’elles peuvent réussir.
Mais elles ne savent pas si elles y arriveront quand il faudra.
Cette incertitude crée une anxiété particulière :
– peur d’oublier
– peur de rater une échéance
– peur de se disperser
– peur de ne pas mobiliser ses ressources au bon moment
L’anxiété de performance chez le TDAH n’est donc pas liée au niveau réel de compétence, mais à l’imprévisibilité du fonctionnement.
Certaines stratégies apparaissent alors :
– procrastination par peur d’échouer
– évitement des situations évaluatives
– agitation ou inhibition face à la tâche
– dévalorisation anticipée
Ce n’est pas un manque de motivation.
C’est une tentative de protection.
Chez le TSA : quand la peur de l’erreur devient envahissante...
Chez les personnes avec un TSA, l’anxiété de performance est souvent liée à :
– la difficulté à décoder les attentes implicites
– la peur de mal faire sans comprendre pourquoi
– l’intolérance à l’incertitude
– le besoin de repères clairs et stables
L’évaluation devient alors une source majeure de stress, car elle repose souvent sur des critères flous, changeants ou subjectifs.
L’enfant ou l’adulte peut:
– se figer
– éviter la tâche
– se montrer rigide
– refuser d’essayer par peur de l’erreur
Non pas parce qu’il ne veut pas apprendre,
mais parce que l’erreur est vécue comme une mise en danger.
Chez les profils à haut potentiel : quand l’exigence interne ne laisse aucun répit...
Chez les profils à haut potentiel, l’anxiété de performance est souvent interne.
Elle ne vient pas toujours de l’extérieur.
Elle vient de soi.
Ces personnes perçoivent rapidement :
– les attentes
– les incohérences
– les niveaux d’exigence implicites
Elles peuvent alors se mettre une pression constante :
– devoir comprendre vite
– devoir réussir bien
– devoir être cohérent
– devoir répondre “juste”
L’anxiété n’est pas liée à la tâche en elle-même, mais à l’image de soi qui est en jeu.
Quand la performance devient une condition pour se sentir légitime, la fatigue émotionnelle s’installe.
Quand l’anxiété de performance s’installe dans le quotidien...
Avec le temps, cette anxiété peut se traduire par :
– des maux de ventre, de tête, des tensions corporelles
– des troubles du sommeil
– une irritabilité accrue
– une perte de confiance progressive
– un désengagement apparent
Chez l’enfant, on parle parfois de manque de motivation.
Chez l’adolescent, de désintérêt.
Chez l’adulte, de stress chronique.
Mais le moteur reste souvent le même
la peur de ne pas être “assez”...
Ce qui aide réellement à apaiser l’anxiété de performance...
L’objectif n’est pas de supprimer toute exigence.
Il s’agit de redonner de la sécurité.
Quelques leviers essentiels :
– clarifier les attentes et les critères de réussite
– distinguer la personne de sa performance
– valoriser les processus, pas uniquement les résultats
– autoriser l’erreur comme étape normale
– fractionner les tâches pour réduire la charge mentale
– sécuriser les temps d’évaluation
Chez les enfants, cela passe par un adulte qui contient et traduit.
Chez les adolescents et les adultes, par un travail progressif sur l’auto-exigence et l’auto-compassion.
Apprendre à exister sans se prouver en permanence
L’anxiété de performance ne disparaît pas en disant “Tu es capable.”
Elle s’apaise quand la personne comprend qu’elle a le droit d’apprendre, de rater, d’ajuster, sans que sa valeur soit remise en question.
Pour beaucoup de profils neuroatypiques, c’est un apprentissage tardif, mais possible.
Conclusion !
L’anxiété de performance n’est pas une fragilité individuelle.
C’est souvent la trace laissée par des années d’incompréhension, de décalage et d’attentes mal ajustées.
Chez les profils TDAH, TSA et à haut potentiel, elle mérite d’être reconnue, nommée et accompagnée.
Non pour baisser les exigences.
Mais pour les rendre humaines, accessibles et soutenantes.
Parce qu’un enfant, un adolescent ou un adulte qui se sent en sécurité intérieurement n’a plus besoin de se battre pour prouver qu’il mérite sa place.
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