17/08/2022
Notre éducation nous a souvent inculqué des idées reçues sur les émotions : les émotions ne seraient pas à notre service, il y aurait des émotions positives et d'autres émotions négatives (la tristesse, la colére, la peur) qu'il faut rejetter ou ignorer si on ne veut pas souffrir, les émotions devraient être écartées lors de nos prises de décision qui ne devraient faire appel qu'à la raison.
Ceci ne correspond pas à notre fonctionnement hérité de notre évolution et adaptation à notre environnement : toutes nos émotions sont utiles, elles sont les indicateurs qui nous permettent de savoir si nos besoins essentiels (survie, lien, amour...) sont pris en compte et de déclencher des actions pour leur satisfaction nécessaire à notre équilibre.
Les émotions désagréables (dites négatives) sont également utiles, en les refusant, je me coupe des indications qui me permettent de me réaligner vers mon équilibre. En refoulant les émotions désagréables, je prends le risque qu'elles réapparaissent à l'intérieur de mon corps sous la forme de désagréements physiques douloureux du au blocage de ces émotions, ou qu'elles explosent plus t**d de maniéré plus importante vers l'extérieur (la cocotte minute explose).
Les émotions sont utiles dans la prise de décision (elles participent au processus de prise de décision : contrairement à ce que l'on pensait depuis Descartes (la décision ne fait intervenir que la raison), les émotions font partie intégrante des processus de raisonnement et de décision
Être rationnel, ce n'est pas se couper de son émotivité. Sans celle-ci, le cerveau est incapable de fonctionner, pour mener les raisonnements les plus « froids » et les plus rationnels.
étude du professeur antonio Damasio résumé dans son essai L'erreur de Descartes 1994 confirmées par les travaux de chercheurs comme Daniel kahneman (systéme 1, systéme 2, les 2 vitesses de la pensée - 2011)
ou Daniel Goleman (Intelligence émotionnelle : pourquoi cela peut avoir plus d'importance que le QI 2005 )
"lorsque l'émotion est laissée totalement à l'écart du raisonnement comme cela arrive dans certains troubles neurologiques, la raison se fourvoie encore plus, que lorsque l'émotion nous joue des mauvais tours dans le processus de prise de décision...."
Jean-Pierre Changeux préface à l erreur de Descartes
"C'est ce qui fait la beauté de l'émotion au cours de l'évolution, elle confére au êtres vivants la possibilité d'agir intelligemment, sans penser intelligemment......"
"L'émotion, joue un rôle dans l'intuition, processus cognitif rapide, grâce auquel nous parvenons à une conclusion, sans avoir conscience de toutes les étapes logiques qui y ménent"
Accepter nos émotions dans la prise de décisions ne signifie pas se laisser porter par elles dans cette prise de décision, ce qui serait inefficace (ex. décision prises sous le coup de la coléré)
mais les accepter et les intégrer de maniére consciente dans notre prise de décision pris a partir de raisonnements conscients ou de notre intuition.
"la qualité de notre intuition, dépend de la façon dont nous avons raisonné dans le passé, dont nous avons classé les événempents de nos expérience passée en relation avec les émotions qui les ont précédés et suivis et dont nous avons réfléchi à l'échec et au succés de nos intuitions passées."
Jean-Pierre Changeux, L’homme neuronal, Fayard, 2012.
Faire confiance à ses émotions, tout en laissant les rênes à son cortex, voilà peut être le challenge pour une prise de décision efficace.