Emmanuelle Andre, psychologue clinicienne

Emmanuelle Andre, psychologue clinicienne Je suis psychologue clinicienne diplômée de l'université de Rennes.

23/05/2026

L’enfance est intimement liée au secret. Le monde de l’enfant est un monde de secrets : secrets confiés à ne…

23/05/2026

📣📣 Phénix n°4
La Newsletter du Forum Campus Psy

Le secret médical et l'enfant
Cécile Cappelle

L’injonction au diagnostic

Établir un diagnostic précoce est maintenant la clé de voûte de la nouvelle clinique de l’enfant, diagnostic qui viendrait caractériser « son fonctionnement » et dire sans ambiguïté les mesures à mettre en place par tous ses partenaires, y compris les parents, les enseignants, etc. Préserver le lieu du secret, fondement de la déontologie médicale, est en voie de devenir caduc en ce qui concerne les enfants.

Devenu objet de consommation, le diagnostic doit être communiqué au plus tôt et à tous ceux qui entourent l’enfant, qui le réclament non sans agressivité et suspicion vis-à-vis du médecin quand il tente de rappeler la complexité de la question. En la matière, la science est convoquée, présentée comme vérité indiscutable. Le savoir est aux commandes, et chacun est sommé de s’y soumettre, cliniciens, parents, enseignants, et l’enfant lui-même. Ce savoir unifie, homogénéise les troubles de l’enfant et évacue la question de ce qui trouble celui-ci au plus intime de lui-même.

L’impuissance du diagnostic

Pourtant ces diagnostics tant attendus sont souvent discrédités dans le même mouvement par ceux qui les réclament, car ils échouent à répondre à ce qui fait énigme pour les partenaires de l’enfant, et pour l’enfant lui-même. Celui-ci se défend souvent de l’assignation qui s’impose à lui et qu’il n’a pas demandée, ou se retranche derrière elle pour se dédouaner de toute responsabilité quant à ses actes. Les critères des différents diagnostics proposés ne permettent pas de rendre compte de ce que l’enfant rencontre subjectivement. En effet, au-delà de la nosographie du moment, l’enfant, en tant que sujet de l’inconscient, a affaire à ce qui reste le plus secret à lui-même, ce qui ne peut se dire et qui l’agite.

Comment permettre que cette quête de diagnostic puisse trouver un usage pour les sujets concernés eux-mêmes ?

Le secret du transfert

La conversation avec le médecin peut être une opportunité pour tenter de cerner une part du réel qui surgit pour chacun, enfant ou parent. Le secret de la consultation offre au sujet la possibilité d’énoncer sa souffrance, de ne pas comprendre ce qui lui arrive, et d’adresser sa demande au savoir qu’il suppose au médecin avec ses propres signifiants. Le transfert entre en jeu et le médecin se trouve alors en place de sujet supposé savoir, qui est à considérer comme une fonction. Comme l’indique Lacan à l’intention du psychanalyste, « il est clair que du savoir supposé, il ne sait rien », ce qui compte c’est « ce qu’il a à savoir » et qu’il doit tenir « en réserve » [1]. En s’orientant de cette position, c’est-à-dire en mettant en réserve le savoir médical, un diagnostic, en tant que signifiant parmi d’autres, peut s’inscrire comme signifiant du transfert [2]. Il s’agira alors pour le médecin d’ouvrir la question à un usage possible de ce signifiant.

Un diagnostic, pour qu’il porte à conséquence, doit agrafer une part de la jouissance en jeu pour permettre au sujet d’élaborer un savoir nouveau qui le concerne intimement. Il ne porte aucune solution a priori : chaque sujet aura à produire son propre savoir y faire avec ce qu’il rencontre.

[1] Lacan J., « Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 249.
[2] Cf. ibid., p. 248.

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Illustration : ©Stéphanie Gédouin

23/05/2026

Studio Lacan : émission 151

🔘 L’empire islamique (VIIe-XIe) vu par les yeux d’Ibn Khaldûn (XIVe), avec Gabriel Martinez-Gros
Comment se structurent les empires ? C’est à cette question que le philosophe tunisien du XIVe siècle, Ibn Khaldûn, tente de répondre en prenant appui sur l’histoire de l’empire islamique. Le Divan dans le monde reçoit l’historien Gabriel Martinez-Gros pour nous présenter le système philosophique de ce penseur médiéval.

🔘 Poursuivant ce travail de l’espace et de ses marges, L’Écho de la culture reçoit Allan Caro venu présenter la pièce de Julien Gosselin, Musée Duras tandis que, pour son Actualité de la psychanalyse, Michel Grollier intervient sous le titre Le mythe de l’inclusion, source de ségrégation ?

Regarder l’émission:
https://youtu.be/LCr2RGO5EYA

21/05/2026

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21/05/2026

Adeline Suanez La question du secret peut se poser par son envers, il peut être question de révélation. Impossible à…

15/05/2026

🔴STUDIO LACAN🔴
Trouble quantitatif généralisé
Peut-on réduire la souffrance psychique à des chiffres ? À force de vouloir tout mesurer, la psychiatrie perd-elle ce qu’elle prétend soigner ?
Studio Lacan reçoit Bruno Falissard pour interroger la montée du quantitatif en santé mentale : preuve, critères, normalisation… et ses effets sur la clinique.
Dans Actualité de la psychanalyse, Laura Sokolowsky, présidente de l’ECF, retrace la genèse de la clinique lacanienne du un par un, à rebours de toute démarche classificatoire.
🔗https://www.youtube.com/watch?v=L6zbPilBurk🔗

15/05/2026
15/05/2026
15/05/2026

🤩 à noter dans vos agendas ! 🤩
Le Cinématographe et l’ACF de Nantes invitent le groupe Stephen Dedalus du CEREDA pour une projection du film The Fabelmans de Steven Spielberg, le mercredi 10 juin 2026.

Cette soirée sera animée par Denis Brunelière avec la participation de Fouzia Taouzari et Remi Lestien, tous deux psychanalystes membres de l’ECF, en présence de Sarah Guesmi, responsable du CEREDA à Nantes.

L’enfant et le regard

Le CEREDA, groupe Stephen Dedalus, clôture son programme de l’année : « Comment l’enfant choisit-il ses objets » par une soirée spéciale au côté de Cinéma avec Lacan, l’occasion de s’enseigner du travail d’un réalisateur.

Argument

The Fabelmans s’ouvre sur une scène paradigmatique : le père explique à Sammy la persistance rétinienne, la géométrie de l’œil, la mécanique de l’illusion. C’est précisément ce que Lacan, dans le Séminaire XI, nomme la vision géométrale – le point de vue du sujet qui croit maîtriser ce qu’il voit, qui se pose en centre perspectif du monde visible. Mais Lacan y oppose immédiatement le regard, qui lui ne part pas du sujet : il vient du tableau, de la scène, du champ du visible comme tel – il est ce point lumineux qui me regarde avant même que je ne regarde. La mère, dans cette première scène, évoque non pas la technique mais la part « émotionnelle » des films[1] ; elle désigne sans le savoir ce débord du regard sur la vision, ce quelque chose dans l’image qui saisit le spectateur avant qu’il ait décidé de voir. Sammy, dès lors, n’est pas celui qui regarde le cinéma : il est celui que le cinéma regarde, happé dès la première projection par la scène d’accident ferroviaire comme par un point aveugle qui l’élit. Lacan situe le regard parmi les objets a ; ces objets partiels que le sujet ne possède jamais, qui circulent entre lui et l’Autre, et dont la pulsion fait le tour sans jamais les atteindre[2]. Sammy est incapable de pleurer, mais transforme cette incapacité en une obsession paradoxale : émouvoir les autres, c’est-à-dire faire passer dans l’Autre ce regard qu’il ne peut pas lui-même soutenir. Dans le Séminaire XI, Lacan montre que le peintre, le cinéaste, celui qui donne à voir, opère toujours une même opération : il pose quelque chose devant le regard de l’Autre pour l’apprivoiser, pour façonner ce regard insupportable qui menace le sujet[3]. La caméra peut alors transformer une mère malheureuse en ballerine de porcelaine, métamorphoser une brute antisémite en figure héroïque – non pas par mensonge, mais parce que l’art est précisément ce dispositif par lequel le sujet traite l’objet regard, le dépose sur la toile ou la pellicule pour ne plus en être aveuglé. La dernière scène du film – John Ford disant à Sammy que l’horizon doit être en haut ou en bas, jamais au milieu – est la leçon du cadre comme bord : la mise en scène est ce qui donne un bord à l’objet regard, ce qui permet au sujet de ne pas être englouti par lui[4].

Sarah Guesmi

[1] The Fabelmans, Steven Spielberg, 2022, scène d’ouverture.
[2] Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1973, p. 73.
[3] Cf. ibid., p. 97-98.
[4] Cf. ibid., p. 107.

📆 mercredi 10 juin
⌚️ 20h
📍Le Cinématographe, 12 rue bis des Carmélites, Nantes
💵plein tarif 6€, tarif réduit 3€
📧acfvlb-nantes-st-nazaire@outlook.fr

Adresse

105 Rue Du Verger
Ancenis
44150

Heures d'ouverture

Lundi 09:30 - 11:30
Mardi 09:30 - 20:00
Jeudi 09:30 - 20:00
Vendredi 09:30 - 17:15
Samedi 08:00 - 15:00

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