10/06/2023
Pourquoi les génies ou les gens très intelligents restent enfantins ?
Je ne saurais dire des "génies", n'en ayant personnellement rencontré aucun, mais des personnes très intelligentes, oui. Celles que je qualifierais de "surdouées" plus particulièrement car il existe des personnes très intelligentes et pas enfantines du tout.
Il existe en général chez eux un écart plus ou moins important entre leur maturité intellectuelle et leur maturité émotionnelle. Pour certains, c'est même le grand écart (surtout les jeunes). C'est très surprenant d'ailleurs parce que l'on est loin de l'imaginer. Ils ont une lucidité extrême, une vision profonde, une compréhension pointue sur le plan mental et intellectuel, sans compter leurs capacités cognitives puissantes. Et en même temps, ils peuvent être d'une naïveté confondante, aux prises avec des réactions émotionnelles disproportionnées, notamment dès que l'on chatouille certaines de leurs valeurs (justice en particulier), vivre dans leur bulle à l'écart du monde sur un mode idéaliste voire irréaliste.
Il me semble que leur "enfant intérieur" est très présent, vivant presque en parallèle de l'adulte en eux. Cet enfant est profondément joyeux, aimant, généreux et altruiste. Il est également celui qui "rêve", qui imagine les choses les plus invraisemblables, inatteignables (irréalistes aux yeux du plus grand nombre) comme s'il n'avait pas de filtres. Et c'est bien, aussi, ce qui leur permet d'être brillants ou "géniaux". Cette "innocence", cette absence de filtres restrictifs les invitent à sortir du cadre de pensée habituelle et à être innovants, plus que les autres.
Les surdoués ont un côté "brut", intact, comme les enfants. Ils sont des esprits libres comme les enfants. Ils s'émerveillent au long cours, comme les enfants. Ils veulent transformer le monde, comme les enfants, sans limites.
Parfois, ils en ont les moyens et le font. Parfois, ils n'en font rien de particulier. Quoiqu'ils en soit, ils restent souvent enfantins jusqu'à la fin, malicieux, même si la sagesse liée à leur expérience de vie a souvent réduit, quelque peu, le grand écart.
Issu de Marine Lefebvre
Psychologue