05/12/2025
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Dans le Doubs, tout près de chez nous, un troupeau entier vient d’être abattu. Des vaches qui avaient des noms, des habitudes, des caractères doux ou parfois bien trempés.
Des veaux qui ne connaîtront jamais le printemps et la joie de la première sortie au champs.
Des êtres vivants, pas des numéros.
Chez nous aussi, les vaches font partie de notre vie. Mon mari les soigne avec tendresse, mes enfants les câlinent, leur donnent le biberon, attendent chaque naissance avec impatience et choisissent avec plaisir leurs prénoms. Une ferme, ce n’est pas qu’un lieu de production. C’est un lieu de liens, de rythmes, de vie.
Alors aujourd’hui, je pense à cette ferme vide, cette ferme assassinée. À ces éleveurs brisés. À ces enfants qui ne verront plus naître de veaux. Et je m’interroge : comment en est-on arrivé là ? Quelle place laisse-t-on encore à l’humain, à l’émotion, à la dignité dans nos décisions sanitaires ? Jusqu’à quand allons-nous accepter que la vie soit traitée comme une variable d’ajustement ?
Quand on abat tout un troupeau, ce n’est pas qu’une mesure sanitaire. C’est un arrachement. Une violence sourde. Un deuil qu’on ne nomme pas, mais qui laisse un vide immense dans l'étable… et dans les cœurs.
On peut protéger sans détruire. On peut écouter, accompagner, respecter. Il est temps de repenser notre rapport au vivant. Parce qu’une vache, ce n’est pas un code barre. C’est une présence. Une histoire. Une âme. Une vie.
On ne devrait pas avoir peur de demain.
✊ Soutien aux éleveurs de Pouilley-Français. Et à toutes celles et ceux qui aiment, élèvent, respectent la vie.