31/05/2026
« Les réseaux sociaux ont donné la parole à une légion d’imbéciles. Avant, ils parlaient seulement au bar, sans nuire à la communauté. » Umberto Eco
Eco a dit cela en 2015, un an avant sa mort. Et depuis, cette phrase n’a cessé d’être citée, car chaque année elle semble encore plus juste.
Il ne le disait pas avec élitisme. Il le disait comme un diagnostic. Le problème n’est pas que les gens aient des opinions. Le problème est que l’architecture des plateformes récompense l’opinion la plus scandaleuse, la plus simple, la plus émotionnelle, indépendamment de sa validité.
L’intelligence, la nuance, la complexité ne génèrent pas de clics. L’indignation, si.
Et ainsi, le débat public s’est peu à peu vidé de sa substance tout en se remplissant de bruit.
Eco l’avait vu venir. Et il est mort depuis dix ans, tandis que sa phrase reste chaque jour un peu plus actuelle.