03/01/2026
À quel moment les enfants deviennent ennemis de leurs parents.
Un enfant ne devient pas ennemi par rébellion, ingratitude ou mauvaise nature.
Il le devient le jour où le lien cesse d’être un lieu de sécurité pour devenir un lieu de menace.
Le premier basculement se produit quand l’enfant comprend, même confusément, que l’amour qu’il reçoit dépend de ce qu’il fait et non de ce qu’il est. À partir de là, il ne cherche plus à être vrai, mais à être acceptable. La relation n’est plus un attachement, c’est une négociation permanente.
L’enfant devient intérieurement opposant lorsqu’il est humilié, rabaissé ou ridiculisé par ceux dont il dépend. Il ne peut pas attaquer ouvertement, alors il se ferme. Ce silence n’est pas de la sagesse, c’est une stratégie de survie. À ce stade, le parent n’est plus perçu comme protecteur, mais comme imprévisible.
Le conflit s’installe durablement quand le parent exige l’obéissance sans jamais offrir l’écoute. L’autorité cesse d’être structurante et devient domination. L’enfant ne se sent plus guidé, il se sent contrôlé. Et ce qui est contrôlé sans être compris finit toujours par résister.
Le point de non-retour émotionnel arrive lorsque l’enfant comprend que ses émotions sont interdites. Qu’il est puni pour ce qu’il ressent. Là, il n’essaie plus d’être aimé, il essaie de se défendre. L’amour se transforme en méfiance, puis en rancœur.
Enfin, l’enfant devient véritablement ennemi le jour où le parent refuse toute responsabilité. Pas de reconnaissance, pas d’excuses, pas de réparation. À cet endroit précis, le lien se fige. La relation devient un champ de bataille intérieur qui, plus t**d, se rejouera dans la vie adulte.
Un enfant ne cherche jamais la guerre contre ses parents.
Mais quand il n’y a plus de sécurité, plus de parole et plus de réparation, il apprend à survivre là où il aurait dû apprendre à aimer.
KABEYA - Institut de la Mémoire