16/04/2026
JE PARTAGES, PARCE QUE C’EST LA RÉALITÉ.
Souvent, des femmes viennent me consulter avec des problématiques de libido, de désir.
Elles arrivent avec beaucoup de pudeur, parfois de la honte, souvent de la culpabilité.
Elles me disent : « Cindy, j’ai un problème… je n’ai plus de désir. Avant c’était différent… et là, ça ne vient plus. »
Et très vite, elles commencent à se remettre en question. Elles se demandent si elles sont encore normales. Si quelque chose s’est “cassé” en elles.
Si elles aiment encore leur partenaire. Si leur corps ne fonctionne plus comme avant.
Et à chaque fois, il y a ce moment où je dois leur dire :
non, le problème ce n’est pas toi, ce n’est pas ton corps, ce n’est même pas le désir.
Le désir est ce qui se voit, le truc qui alerte, ce qui amène à consulter souvent.
Mais il est rarement la CAUSE.
Quand on prend le temps de ralentir, d’aller regarder leur réalité concrète, leur quotidien, la manière dont elles habitent leur vie… ce que je découvre, ce n’est pas une femme déconnectée de son désir.
C’est une femme prise dans une organisation qui l’épuise profondément.
Une femme qui, au fil du temps, a pris de plus en plus de responsabilités.
Souvent sans même s’en rendre compte d’ailleurs.
Parce qu’elle est capable.
Parce qu’elle gère bien.
Parce qu’elle veut que tout fonctionne.
Parce qu’elle s’oublie derrière les autres.
Parce que c’est ce que le monde lui a appris à être!
Alors elle anticipe/ organise/ structure.
Elle pense aux rendez-vous /Aux repas / À la logistique / Aux besoins des enfants si il y en a / Aux émotions de chacun / … (on pourrait allonger cette liste encore et encore en fonction des réalités de chacune)
Elle tient la maison + la famille + le rythme + le lien +++ et elle essaye de tenir le coup au milieu de tout ça.
Et très souvent, elle tient aussi son couple on va pas se mentir. Statistiquement, les femmes endossent encore plus la responsabilité émotionnelle du couple (c’est là que normalement il y en toujours un pour s’insurger et me dire « moi dans mon couple… » 😅)
Bref d’une façon ou d’une autre, la femme devient le pilier invisible sur lequel tout repose.
Et au début, ça fonctionne. Ça fonctionne même vachement bien, tout roule, tout est fluide en apparence.
Mais ce que je vois c’est que progressivement,
quelque chose se déplace à l’intérieur d’elle.
Parce qu’en prenant cette place-là, cette place de pilier pour les humains qui gravitent autour d’elle, pour le foyer, pour la société (oui la société est construite sur le travail invisible de femmes) elle en quitte une autre.
Elle quitte une place plus basse, plus incarnée, plus vivante, une place où elle n’a pas à porter, une place où elle peut ressentir, recevoir, s’abandonner.
La place de l’amante.
Et c’est là que le déséquilibre commence.
Parce que dans cette organisation, elle n’est plus simplement en relation. Elle est en GESTION.
Elle est dans une posture haute, contenante, structurante, où elle doit anticiper et maîtriser.
Et dans cet endroit-là, le désir ne peut pas circuler librement, ce n’est pas possible.
Pas parce qu’il a disparu, pas du tout, mais parce que les conditions dans lesquelles il peut exister ne sont plus réunies.
Le désir a besoin d’espace, d’un espace intérieur où il n’y a rien à tenir, rien à prévoir, rien à contrôler.
Il a besoin de relâchement, de sécurité, d’un endroit où le corps peut descendre, se déposer, se laisser traverser.
Mais quand toute la journée, ton système nerveux est mobilisé pour gérer, organiser, contenir… il reste en état d’alerte.
Alors le soir, quand enfin tout ralentit, quand les enfants sont couchés, quand les tâches sont terminées… on attend de toi que tu changes d’état.
Qu’en quelques minutes, tu passes de la gestion à l’abandon, du contrôle à la réceptivité, de la tension au désir.
Mais ce passage-là ne se décrète pas.
Le corps ne fonctionne PAS comme un interrupteur.
Il ne peut pas basculer instantanément d’un état de vigilance à un état d’ouverture. Physiologiquement ça marche pas.
Et encore moins dans une dynamique où, inconsciemment, tu es devenue une figure maternelle ou structurante pour ton partenaire.
Parce que c’est une réalité que beaucoup de femmes n’osent pas nommer : on ne désire pas quelqu’un dont on s’occupe comme d’un enfant.
On ne s’abandonne pas à quelqu’un dont on porte une partie de la charge.
Et ce n’est pas une question d’amour!
C’est une question de dynamique, une question de place, une question de structure relationnelle.
Alors non, tu n’as pas un problème de libido, de désir, de ce que tu veux.
Tu es dans une organisation qui ne te permet plus d’être une amante.
Et ton corps, lui, ne fait qu’exprimer cette incohérence.
Il te PROTÈGE. C’est pas un blocage ou de l’atosabotage.
Il te dit : « Je ne peux pas m’ouvrir pleinement
dans un espace où je suis déjà en tension constante.
Je ne peux pas me rendre disponible là où je dois continuer à tenir. »
Et tant que cette structure ne bouge pas, tu pourras essayer de “relancer ton désir”, de lire, de comprendre, d’appliquer des conseils… ça restera en surface.
Parce que le désir ne se fabrique pas, ne se commande pas, il se laisse émerger.
Et il émerge uniquement quand les conditions sont réunies pour qu’il puisse exister.
La vraie question n’est donc pas : « comment retrouver du désir ? »
Mais plutôt : quelle est la place que j’occupe aujourd’hui dans ma vie, dans mon couple… et est-ce que cette place me permet encore d’être une femme, ou uniquement une fonction ? (Je sais ça pique)
Parce que le désir revient quand tu cesses de tout porter, pas quand tu te mets plus de poids, quand tu redescends, quand tu relâches, quand tu quittes cet endroit de contrôle permanent.
Et que tu redeviens, profondément, viscéralement vivante.
Cindy Pinchart - Essence Féminine
13/04
Souvent, des femmes viennent me consulter avec des problématiques de libido, de désir.
Elles arrivent avec beaucoup de pudeur, parfois de la honte, souvent de la culpabilité.
Elles me disent : « Cindy, j’ai un problème… je n’ai plus de désir. Avant c’était différent… et là, ça ne vient plus. »
Et très vite, elles commencent à se remettre en question. Elles se demandent si elles sont encore normales. Si quelque chose s’est “cassé” en elles.
Si elles aiment encore leur partenaire. Si leur corps ne fonctionne plus comme avant.
Et à chaque fois, il y a ce moment où je dois leur dire :
non, le problème ce n’est pas toi, ce n’est pas ton corps, ce n’est même pas le désir.
Le désir est ce qui se voit, le truc qui alerte, ce qui amène à consulter souvent.
Mais il est rarement la CAUSE.
Quand on prend le temps de ralentir, d’aller regarder leur réalité concrète, leur quotidien, la manière dont elles habitent leur vie… ce que je découvre, ce n’est pas une femme déconnectée de son désir.
C’est une femme prise dans une organisation qui l’épuise profondément.
Une femme qui, au fil du temps, a pris de plus en plus de responsabilités.
Souvent sans même s’en rendre compte d’ailleurs.
Parce qu’elle est capable.
Parce qu’elle gère bien.
Parce qu’elle veut que tout fonctionne.
Parce qu’elle s’oublie derrière les autres.
Parce que c’est ce que le monde lui a appris à être!
Alors elle anticipe/ organise/ structure.
Elle pense aux rendez-vous /Aux repas / À la logistique / Aux besoins des enfants si il y en a / Aux émotions de chacun / … (on pourrait allonger cette liste encore et encore en fonction des réalités de chacune)
Elle tient la maison + la famille + le rythme + le lien +++ et elle essaye de tenir le coup au milieu de tout ça.
Et très souvent, elle tient aussi son couple on va pas se mentir. Statistiquement, les femmes endossent encore plus la responsabilité émotionnelle du couple (c’est là que normalement il y en toujours un pour s’insurger et me dire « moi dans mon couple… » 😅)
Bref d’une façon ou d’une autre, la femme devient le pilier invisible sur lequel tout repose.
Et au début, ça fonctionne. Ça fonctionne même vachement bien, tout roule, tout est fluide en apparence.
Mais ce que je vois c’est que progressivement,
quelque chose se déplace à l’intérieur d’elle.
Parce qu’en prenant cette place-là, cette place de pilier pour les humains qui gravitent autour d’elle, pour le foyer, pour la société (oui la société est construite sur le travail invisible de femmes) elle en quitte une autre.
Elle quitte une place plus basse, plus incarnée, plus vivante, une place où elle n’a pas à porter, une place où elle peut ressentir, recevoir, s’abandonner.
La place de l’amante.
Et c’est là que le déséquilibre commence.
Parce que dans cette organisation, elle n’est plus simplement en relation. Elle est en GESTION.
Elle est dans une posture haute, contenante, structurante, où elle doit anticiper et maîtriser.
Et dans cet endroit-là, le désir ne peut pas circuler librement, ce n’est pas possible.
Pas parce qu’il a disparu, pas du tout, mais parce que les conditions dans lesquelles il peut exister ne sont plus réunies.
Le désir a besoin d’espace, d’un espace intérieur où il n’y a rien à tenir, rien à prévoir, rien à contrôler.
Il a besoin de relâchement, de sécurité, d’un endroit où le corps peut descendre, se déposer, se laisser traverser.
Mais quand toute la journée, ton système nerveux est mobilisé pour gérer, organiser, contenir… il reste en état d’alerte.
Alors le soir, quand enfin tout ralentit, quand les enfants sont couchés, quand les tâches sont terminées… on attend de toi que tu changes d’état.
Qu’en quelques minutes, tu passes de la gestion à l’abandon, du contrôle à la réceptivité, de la tension au désir.
Mais ce passage-là ne se décrète pas.
Le corps ne fonctionne PAS comme un interrupteur.
Il ne peut pas basculer instantanément d’un état de vigilance à un état d’ouverture. Physiologiquement ça marche pas.
Et encore moins dans une dynamique où, inconsciemment, tu es devenue une figure maternelle ou structurante pour ton partenaire.
Parce que c’est une réalité que beaucoup de femmes n’osent pas nommer : on ne désire pas quelqu’un dont on s’occupe comme d’un enfant.
On ne s’abandonne pas à quelqu’un dont on porte une partie de la charge.
Et ce n’est pas une question d’amour!
C’est une question de dynamique, une question de place, une question de structure relationnelle.
Alors non, tu n’as pas un problème de libido, de désir, de ce que tu veux.
Tu es dans une organisation qui ne te permet plus d’être une amante.
Et ton corps, lui, ne fait qu’exprimer cette incohérence.
Il te PROTÈGE. C’est pas un blocage ou de l’atosabotage.
Il te dit : « Je ne peux pas m’ouvrir pleinement
dans un espace où je suis déjà en tension constante.
Je ne peux pas me rendre disponible là où je dois continuer à tenir. »
Et tant que cette structure ne bouge pas, tu pourras essayer de “relancer ton désir”, de lire, de comprendre, d’appliquer des conseils… ça restera en surface.
Parce que le désir ne se fabrique pas, ne se commande pas, il se laisse émerger.
Et il émerge uniquement quand les conditions sont réunies pour qu’il puisse exister.
La vraie question n’est donc pas : « comment retrouver du désir ? »
Mais plutôt : quelle est la place que j’occupe aujourd’hui dans ma vie, dans mon couple… et est-ce que cette place me permet encore d’être une femme, ou uniquement une fonction ? (Je sais ça pique)
Parce que le désir revient quand tu cesses de tout porter, pas quand tu te mets plus de poids, quand tu redescends, quand tu relâches, quand tu quittes cet endroit de contrôle permanent.
Et que tu redeviens, profondément, viscéralement vivante.
Cindy Pinchart
13/04