31/05/2026
31 mai 2026
On prend le chemin du rêve, par instinct. Les milles magnificences viennent, après.
C’est qu’il en faut de l’abnégation pour parvenir jusqu’à elles, les transes. D’abord, creuser fossé entre soi et le lourdingue, celui du clan où destin vous a posé. Ensuite si chance autorise, se balader dans toutes les cases sociales, sans s’y att**der.Y capter le parfum du cerfeuil, en embaumer son jardin. S’y tenir à la solitude soleilleuse.
Concomitamment, science du prodige, se protéger de l’affect destructeur, prôner autre façon de respirer que celle des anesthésiés au confort de la sécurité. Mépriser le mesquin des honneurs et des compétitions. Crocher le tricot d’un point de panache !
Je ne joue pas, le fanfaron.. J’ai mis sous cloche mon ego.. Je m’en suis pas mal tiré à l’exercice périlleux. Je revendique la prouesse. Alléluia ! Je volette, ailée libellule, au-dessus du glauque marigot, curieux, aussi innocent qu’au premier jour, malgré les épreuves. J’explore mon don, poète.
La chaleur ankylose l’inspiration. La fée se meut, avec difficulté, dans le labyrinthe des neurones. La canicule do**he l’enthousiasme de la drôlesse. Toutefois, malgré les sueurs, l’essoufflée dépose une image sur le grimoire de l’imaginaire. Je restitue.
Soir de taverne grise, je conte fleurette à une blondinette, via acrostiche. Une jeune femme entre dans l’établissement. Il y a de la chaloupe dans sa démarche. Hanches violoncelles accompagnent le tortillement des fesses. Élancée, traits fins, cheveux bruns, longs, caressant les épaules, la beauté vient s’asseoir à notre table pour savoir comment le taureau captive la fleur. Il est vrai que bouton d’or, la convoitée, est sa copine.
Je remarque ses seins fermes, ses yeux d’un noir profond, son nez aquilin, un grain de beauté posé juste au-dessus des lèvres. Cette mouche agrémente son visage angulaire. L’esthète apprécie. L’esthète, chez moi, toujours, est en éveil.
J’apprends qu’elle est d’origine italienne. Elle et son amie étudient l’architecture à Paris. Elle réclame le sien, de poème. Je m’exécute. La muse facilité sa rédaction Valentina se nomme l’intruse.
Après lecture de la bafouille, à ma grande surprise, spontanée, l’ingénue dépose une bise humide sur la joue du troubadour. J’en fus ému. « Tu écris l’âme des filles », s’exclame-t-elle.. J’eus, à l’occasion, quelques critiques littéraires. Aucune ne valait celle-ci car elle s’exprimait dans le nu sincère d’une voix juvénile.
Vient à passer reflet sur la vitre de la fenêtre, une silhouette ravivant la sienne, la rendant présente à l’intérieur de la cellule du couvent au moment même où je rédige ses lignes
Il y a de la magie à s’escrimer à être un interstice entre le réel supposé et l’espace qui le dévore. Je m’y applique. Je tends le restant de mes muscles à demeurer dans la tension extrême pour échapper à ce qui rabaisse l’âme au niveau du corps et des soucis quotidiens.
J’aplatis toutes les difficultés gênant l’envol. Enfin, je crois... Cela n’a pas d’importance puisque je maintiens la promesse d’être là, tous les dimanches, à égrener, contre vents et marées, les murmures du marin engagé sur un navire étrange. Voici les derniers textes que le matelot pêcha lors de son fricotage avec les étoiles.
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PREMIER FRÉMISSEMENT
L’envie de s’endormir, sous l’effet acidulé d’un verbe entraînant dans sa gymnastique des attributs réticents à ne plus être ce qu’ils sont, Coller sa chair et l’invisible qu’elle retient dans une escouade de voyelles épousant des consonnes.
Ne plus contraindre sa langue, aux usages éculés du plaire. Arpenter, à sa façon, les lazarets qu’aînés ont empruntés, hors des affects idiots, méprisant l’enclume par la plume. Évoquer, un Sacré, en toutes périodes, universel ! Y entrer dedans !
Boire un litre de whisky péter un rot dans une neige de soie. Se dire qu’être incompris va de soi, lorsque sur l’arête d’un toit, titube un moineau, sous l’ivresse du soleil et que naît dans la tête, le premier frémissement d’une extase..
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SCÈNE DE ROUES
Scène de roues crissant sur le gravier. Jeunes mot**ds s’amusent à imiter les champions. Et vole la poussière et s’envolent les piafs affolés par le bruit.
Ne serait-ce qu’une fraction de secondes, les perturbateurs accèdent-ils à une forme de transe ? J’ignore et n’avance aucun ressenti sur l’affaire. Je ne fus pas un adepte du divertissement bruyant.
L’illusion mélange le faux et le vrai. Le premier dévore le second, impose sa vision esclave. Écrire sans vouloir, à tout prix être lu, mais être le nu de la première vibration.
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ACTIVITÉ QUOTIDIENNE
Je mélange l’azur au poisseux de la boue
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LES ENJÔLEUSES
Je fabrique
des poteries jaunes
sur lesquelles
je trace des sillons
aux couleurs criardes
Lèvres se dessinent
à l’insu du créateur
insolentes lignes
sur le ventre des pots
« Dis nous aimes-tu ? »
semble susurrer
les érotiques importunes.
Enjôleuses sont les menteuses !
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PLACE AUX ROUES
Bistrot
ambiance
bobo bohème
ici Auray
Jamais rien fait
comme l’autre
Toujours puisé
l’émerveillement
dans le détail du doigt
saisissant l’anse
d’une tasse de café
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LE CLAIRON CLAIR
Créer sa patte
en levant son menton
vers le clairon clair
des armées grouillantes
du soleil
Serge Mathurin THÉBAULT