art-chignaned

art-chignaned C'est une petite flaque crée au départ pour la Grenouille, un peu en sommeil aujourd'hui mais le

La page de la grenouille qui sommeille et que veille à entretenir le dit Serge Mathurin THEBAULT en attendant son réveil

11 janvier 2026J’épate… Enfin, je m’épate..J’entrelace, presque artiste, les tissus des tap*sseries enfouies fond mémoir...
11/01/2026

11 janvier 2026

J’épate… Enfin, je m’épate..

J’entrelace, presque artiste, les tissus des tap*sseries enfouies fond mémoire. Je les ai cherchées longtemps, sans savoir et trouvées, pareil. Je suis parvenu jusqu’à elles, au hasard, indécence du profane. Je ne sais comment. Une vraie vie est marquée de magie. La mienne en fut parsemée..

Je dis tout de mes insolences. Après l’épreuve du caillou (AVC pour rappel), cinq ans déjà, je chemine plus aisé sur la pente abrupte plombée par le mirage matériel..

Ahuri, ravi, je glane monceaux de félicité que j’introduis dans le goulot de ma bouteille à poèmes, non seulement pour en rendre compte mais surtout pour continuer l’incroyable aventure.

Je parachève ma recherche intérieure, sans concéder un pouce aux doigts crochus d’un quelconque pouvoir. Mes esgourdes n’entendent plus le chant des sirènes mercantiles. Les salopes ne m’entraîneront pas dans leur vide.

Plus j’avance et plus je vois, malgré mes yeux myopes, malades, le frétillement derrière les surfaces. Je décèle, derrière les écrans, les murs ou les visages, le bleu des cieux.

Je m’enroule dans ce don. Je tripote mes nerfs, les laisse tranquilles. J’en ai que faire du tapage creux des vaniteux. Je distingue clair. J’explique la raison de mon passage sur cette terre, chanter jusqu’à l’étranglement le beau qui traverse mes pupilles et berce mes paupières.

J’allume en ma chapelle des incendies que j’éteins aussitôt dès qu’ils ont répandu en ma tête agreste, l’encens dont elle a besoin. L’enivrant plane au-dessus des soucis. Il les efface, presque.

Ainsi je déambule sans mal, parmi les fils qui tressent l’osier des magnificences.
J’abuse du parfum des mots. Je les glisse dans mes phrases et s’ils ne parviennent pas jusqu’à vous, au moins, ils enchantent mon cellier.

Pardon, j’en dit trop ou pas assez. Je piétine taureau dans l’enclos trop petit pour son élan. Je m’aveugle, peut-être, d’y être enfin sur le parapet des étoiles,.

Pourtant, c’est de là que je vous écris. Échappé des galères inhérentes à toutes les activités humaines, je n’écris plus sous le joug du désir. Je l’inclue dans ma prose.

Je soulève menton, écarquille les mirettes. Que vois-je ? Une mince filet de neige recouvre les ardoises du toit.. La poudreuse ne durera pas. Au pays marin, les adjectifs éphémère et rare, définissent son passage. Je marque l’évènement sur ma pierre blanche.

Deux gosses raclent ce blanc clairsemé sur l’arête d’un muret. Les gamins tentent sans trop de succès, d’en faire des boules. Quelques passants avancent prudemment sur le trottoir, peur de la glissade. Une ouate poisseuse plombe le ciel. Un piaf continue à jouer l’aérien..

Moi, cossard, je retire une virgule. Elle me semble mal placée dans un texte, lui enlevant un peu de musicalité.

Sur ce, j’achève ma bafouille liminaire. Je chope dans ma hotte les choisis du jour, poèmes et proses qui honoreront ce nouvel opus du rite dominical.

Je vous laisse avec eux. Un infini vient de frapper à la porte de mon cerveau.

******

ASSEZ VU !

Assez vu ! Je déserte la place. Rues blafardes s’entortillent dans le brouillard. Volets épandent le lisier de l’ennui. Au centre de la pièce du couvent, j’exécute, pingouin, quelque pas de danse, maladroits autour dune chaise. Je me mets en condition, pour la recevoir, l’inspiration. L’enjôleuse me mènera au royaume poésie.

Aujourd’hui, comme chaque jour, je crée l’effort Je tends muscles et attention pour décrypter les signes de l’objet inanimé. J’esquisse avec la guitare adossée au mur, les hanches de la féminité universelle.. J’attribue à ma plante Arbre de Jade, le vital du viril.

Je bouscule tout . Je chambarde tout. Les linteaux deviennent solives. La fenêtre enfante un corridor. Je l’emprunte J’opère dans la béatitude de la solitude.

***

ALLERGIES

J’ai dû assister à de nombreuses lectures, souvent poétique. Ce fut calvaire. La vanité y produisait le faux à foison.

J’ai dû aussi assister à de nombreuses représentations théâtrales, où tout sentait le fabriqué, comme un roman commercial. Je suis devenu allergique à ce genre de spectacle.

Mon imaginaire n’a pas besoin d’autres interprétations que la sienne pour entrer dans la magie du verbe.

Je préfère lire le théâtre que de le voir jouer. Aujourd’hui j’ai relu, avec jubilation , « les Bonnes » de Jean Genet.

***
CHARRUE

Lampe sert de phare
sans elle
obscurité complète

Son reflet sur la vitre
c’est la lune

Diaphanes les lexies
quand elles n’expriment
aucune idée
tentation du pouvoir

Je coiffe ma dentelle
du silence absolu

J’attelle ma charrue
à l’insolence du poulain

Je plante mon soc
sur l’écharpe céleste

J’en soutire
des bris de diamants.

***

SUBJECTIF

L’eau est carrée
il dit

Et les confins de la mer
confirme ses dires

Il ajoute :
l’ananas est amer

Et la moue de sa bouche
l’atteste

Celui qui écrit le sensible
s’en prend au triangle
pour avaler le rectangle.

Serge Mathurin THÉBAULT

4 janvier 2026A cause du froid du dehors,  malgré le chaud du dedans (la pièce du couvent), mes cellules grises reçoiven...
10/01/2026

4 janvier 2026

A cause du froid du dehors, malgré le chaud du dedans (la pièce du couvent), mes cellules grises reçoivent, difficilement, les ondes propices à la divagation. Est-ce conséquences des fêtes ?

Nenni, je n’ai abusé de rien, ni alcool, ni bouffe. Je les ai supportées les bombances festives, sans y participer, dans le frugal et l’ascétisme, content. J’ai fui, à l’accoutumée, toute assemblée dépassant trois personnes, évité les salamalecs des hypocrites, répondu, dans le strict des minimums, aux règles de la sociabilité.

Contemplatif, je me suis nourri aux p*s de la solitude soleilleuse, triomphe du silence sur le brouhaha.

La température, oscillant entre le moins et le plus, autour du zéro, j’ai, scrupuleusement, sniffé dans le glacial inhabituel en mon pays marin, odeurs et sensations nouvelles. Et pourtant, ce matin, il n’y pas de brise qui siffle sur les voiles de mon sampang vermoulu.

Je m’en tire, pirouette : « Alors, vos premiers pas dans l’année nouvelle ? »

Je n’astique pas les poux de mon cerveau, en posant la question. J’eus pu pratiquer autrement. J’aurais pu pianoter sur les touches de mon piano interne. J’ai dit, je cale un peu au niveau inspiration..

Alors, pas plus con qu’un autre, je l’ai saisie la lexie au moment où elle maraudait, simplette, au milieu de l’étang de mes neurones. L’éculée lancera, enfin, liminaire, le premier de l’an deux mille vingt six.

Je n’en réclame pas plus. Je sens sang réchauffer mes veines. Un rien ranime, parfois, un brasier éteint. Je ne chantonne pas, pour autant, fanfaron. Ça ne durera pas, la douce euphorie. Je profite. Je me fonds, gros cochon, dans l’impression. Je déroule mon parchemin sans souci de ce qu’il contient.

Brigitte Bardot dit B.B. la nymphe de « Dieu créa la femme » n’est plus Bibi ne fut pas fan. Bibi n’est pas sensible aux phénomènes de masse, aux idolâtries qu’ils engendrent. Lascar n’aime pas qu’on lui fabrique ses rêves. L’imposteur les concocte au fond de son singulier terrier, un ancien couvent qui fût domaine des sœurs augustines.

Pour attester humanité, sans se mêler au clinquant de l’époque, l’anormal partage chaque dimanche, depuis quinze ans, déjà, ses godailles hebdomadaires. Si vie prête, l’aède n’est pas prêt à arrêter sa gymnastique salvatrice.

L’original vous confie, donc, sa dernière (j’évoque godaille), en guise, de vœux pour le nouvel an.

****************************************

LA DERNIÈRE ROSE

Fortune, soleil éclair, bruit de cailloux-bijoux dans l’escarcelle de la rivière, je laisse bleuter ma phrase des sons qui lui plaisent. Miroir fenêtre reflète bouille ronde, halluciné, cheveux rares. Je sursaute, me ressaisis.

Le fou, c’est moi. Je lui souris béatement. Je lui lance une révérence qu’il reproduit immédiatement

Dix heures qui soir, embellit toute solitude, je recueille la dernière rose de ce monde. Mes doigts viennent de la créer dans le mouvement des désirs qui offusquent les rampants.

***

VOIX INTERNE

J’expédie les affaires courantes. Je ne planifie plus rien. Je refuse toute reconnaissance qui m’éloignerait du but poursuivi, être nu et sincère dans l’écrit.

Je flotte au ras des bastingages du paquebot des concepts éculés. Je performe à ma façon. J’assure mon « non » en continuant à rêver par dessus les épaules.

Alors, quand, je rencontre ceux et celles qui aimantés par le cauteleux du pouvoir, pépient conseils et vérités pesantes, je loue mes incapacités à répondre aux diktats d’une société où le profit et la compétitivité régissent toute existence.

Je ne me situe que dans l’appel, celui d’une voix, accrochée au timon de mon navire.

***

Et si pour créer foudre
il faudrait renoncer
à l’anonyme des étangs

Je clamerai un non

Car il me semble être
au plus près du mystère
lorsque je flirte avec le silence.

***

LE RÉPÉTITEUR

Le rossignol gringotte

C’est la grâce
d’une tige
lorsque cou effilé
celle-ci
répand sur le sol
les rais de soleil posés
sur les pétales
de sa fleur

C’est le jeu de l’ombre
et de la lumière
quand ces magiciennes
à l’apogée
de leurs connaissances
intuitives
créent
formes nouvelles
sur un tronc fatigué

C’est univers en
fragments dévoilés
fractions secondes
un passage d’éternité

Rossignol
n’est que répétiteur

***

EAU PURE

Jaune feuille
avachie
sur le sol gris
de l’allée

Froid martial
engourdit
les doigts

Sur le fond
abstrait du mur
dégouline
gouttes à gouttes
invisible
une eau
limpide et jeune

Serge Mathurin THÉBAULT

28 décembre 2025J’enferme le bougon de la semaine dernière dans le placard, à double tour. Je jette la clef par la fenêt...
28/12/2025

28 décembre 2025

J’enferme le bougon de la semaine dernière dans le placard, à double tour. Je jette la clef par la fenêtre. Le trouble-fête ne gâchera pas l’ép*sode deux, second et dernier des animations commerciales, celles de fin d’année.

L’ai-je déjà dit, écrit ? Sans doute, probable, je réitère mon aveu. Je fus idiot. Je le suis toujours. Bonne chose, je ne me triture pas les méninges. Le manège contemporain ne frôle plus mon affect. Celui-ci, d’ailleurs, ne fut jamais le postillon de mon carrosse. Le gredin éloigne de l’essentiel.

Je me m’adonne pas, non plus, à la philosophie ou autre domaine des experts, comprendre l’absurde de la situation, justifier son raffut. L’intellectualisme ne fit jamais partie de mes prérogatives. Cela évite de s’engluer dans le mesquin, le tout pourri du comportement humain.

Je fuis micro pour melon. Je pratique autre. En catimini, j’entretiens conversation avec le divin, enfin, celui à ma portée. J’expérimente les opérations alchimiques de mon cerveau dérangé. Je m’échine à vivre en poésie.

Je tap*sse toutes les parois blanches du rouge coquelicot. Créant mon tableau abstrait, je peinturlure les façades et surfaces de chatoyantes couleurs, chipées au gré de mes rencontres. Le gris et le noir y apportent, aussi, leurs teintes, liant mélancolie et sérénité. Je détruis, je recommence. Ce boulot Sisyphe plaît au gamin.

Je ravitaille ma troupe neurones de sensations exquises, d’émotions pures, de la cristallisation du beau dans un geste, un visage ou un paysage. Je les fais glisser le long de ma carcasse jusqu’à ses extrémités. Mon sang en devient bleu.

Je farfouille dans mes décombres. Je récupère matériaux. Je prends tout, tissus, plastique, tessons, acier etc.. Je m’acharne à ériger un palais. Je le voudrais somptueux, un osier empli de parfums, où tout promeneur ayant fait effort pour y parvenir, s’y retrouverait, s’y reposerait, s’y fortifierait avant d’édifier le sien.

L’ambition singe l’utopie. Je le sais. J‘échappe à la fatalité de l’ennui. Je surine la veulerie d’un couteau de papier. Je pardonne, seigneur, les faux-culs, adeptes de cette médiocrité, moi en premier, qui y cédât, quelques fois, par nécessité ou négligence..

Je paraphe léger le document usé d’une existence pleine. Je n’en retiens que les joies et biffe les épreuves. Je chantonne, marginal accompli, tralala sur mon chemin bohème. Pas changé, je cherche transcendance pour l’illuminer, encore une fois, mon sapin singulier.

Intrépide, je grimpe sur le marronnier, juste avant d’envoyer la contribution hebdomadaire. Du haut de sa cime, j’exécute le rite annuel, coutumier.

Bref, je vous la souhaite heureuse l’année qui vient, la deux mille vingt six.

*******************************

J’avais déjà effacé par inadvertance, le liminaire. Illico, j’avais composé un nouveau avec les grains du souvenir de l’ancien.

Rebelote, ce coup-ci, disparus, tous les textes mitonnés à votre attention.Ne reste que « cou taureau », qui fit l’annonce. Il sera le seul inédit, le survivant. Une mauvaise manipulation dut en être la cause.

Grrr, tout déconfit, ce matin, de constater le massacre. Mais fidèle à promesse donnée, je maintiens le rite. J’ai pioché dans mon escarcelle, textes anciens pour honorer nouveau dominical.

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L’ESCARGOT
Sous l’infante couleur de l’aube, un escargot peinait à loger sa maison sous le museau d’une fougère. Je l’ai vu lors de ma promenade matinale dans l’allée serpentant les vestiges des remparts.
Une bruine infime supplantait la rosée, s’insinuant sur les épaules, maîtresse aux griffes cruels, cherchant à rogner l’os encore frais d’une nuit de sommeil.
Je me suis penché vers le gastéropode. Je l’ai doucement recueilli dans ma main et l’ai posé là où mon humeur volage me l’indiquait. Je m’en veux maintenant. J’ai souvent agi ainsi par bonhomie humaniste avec les gens. J’ai voulu diffusément aider sans comprendre le tenant et les aboutissants de leur situation. J’ai joué l’âne, utilisant l’intuition poétique en écartant les nécessités matérielles dans une vie spirituelle.
j’ai eu droit à ma volée de bois vert, méritée. Il ne faut jamais chercher à se mêler du chemin de l’autre, l’inviter au sien à la rigueur, pas plus. Je viens d’en faire l’amère expérience.
Je pense à mon escargot. J’entrevois le pire scénario. Je l’imagine déboussolé au milieu de sa vie de lenteur, son désappointement de se retrouver, en l’espace de quelques secondes, au milieu d’un environnement inconnu et peut-être délétère.
Pire, pour accroître ma culpabilité, je vois avec horreur une pierre se détacher du mur d’à côté, et rouler, rouler dans une sourde colère inconsciente jusqu’à ma proie offerte pour l’écraser tout-à-fait.
Je ne cherche pas à justifier quoique ce soit. Je ne m’excuse pas mais j’essaie de m’améliorer, de ne plus répondre à ma compassion chrétienne crétine qui fait d’un ange, un bourreau.

(l’écit somnambule)

***

IMPOSSIBILITÉ
Je n’ai jamais su conjuguer un verbe dans ces expressions : savoir-faire ou faire savoir. Ma recherche de l’authenticité toise la première. Ma marginalité rend impossible la seconde.

***

ADRIEN HOMME

Lorsque Adrien Lhomme de son vrai nom
descendit le talus pour assommer de son poing
un bruissement de soleil dans les herbes
l’arbre retint son souffle les animaux leur respiration
devant ce brusque sursaut d’humeur
inconnu de tous et tellement inutilement beau.

(un œil dans l’enclos,2004)

***

COU TAUREAU

Sous toute lame je maintiens
mon cou taureau
de peur que le muscle ne perde
l’élasticité de sa fonction

En ce qui concerne
le bleu lilas du ciel
je l’incorpore dans le pli
de mes vêtements

Je ne me lasse pas
de pratiquer différent

***

DIALOGUE

Le rocher n’a pas son pareil
pour dialoguer avec l’océan

Cela se fait sans mots

Cela se fait
après une lente étude
de la caresse

(AA, 2010)

Serge Matjuriin THÉBAULT

21 décembre 2025Ça joue joyeux. Pff, l’imitation n’est qu’imitation. C’est tout le contraire de l’effet voulu.. Les rues...
21/12/2025

21 décembre 2025

Ça joue joyeux. Pff, l’imitation n’est qu’imitation. C’est tout le contraire de l’effet voulu..

Les rues bombent leurs torses de guirlandes lumineuses. Les clinquantes artificielles, bleues, orangées, jaunes, scintillent dans le noir nocturne, s’exhibent au balcon de quelques fenêtres bourgeoises. Les serpentines s’enroulent, même, écharpe, autour du tronc et des branches de mon pote l’albizzia, mon arbre du courtil.

Des baffes diffusent chansons commerciales. Les sirupeuses entraînent le troupeau. Le docile, piétinant le sol de ses sabots, se dirige vers le Marché de Noël.

Là bas, stands de vin chaud et babioles superflues, l’attendent. Là-bas, saltimbanques raviront les badauds par leurs cabrioles. Là-bas, cheval attelé à une carriole, enchantera leurs marmots.

Il en aura pour son argent, le divin consommateur. Va pour la valse des cocus. Je n’ai rien contre, j’en fais partie.

« Scrogneugneu », vous persiflez. J’entends. Vous vous dîtes que le drôlet pourrait s’abstenir de ronchonner aux temps des fêtes. OK, je n’allumerai pas une mèche de mots vachards pour vous contredire.

Mais… J’assume ce mécontentement voire cette mauvaise foi. Je maugrée d’assister, obligé, à cet hymne poisseux, annuel, à la surconsommation. Je râle contre cette supercherie qui vole à l’âme, un lieu possible à son expression, trahit la cause profonde de l’évènement, la naissance d’un enfant, censé sauver le monde.

Cette farce mercantile pue l’hypocrite, transpire le mesquin, affadit le sentiment. Une fanfare n’évite pas les couacs. Un semblant de joie, n’efface pas l’injustice, J’évoque celle, entretenue, la sociale, tout au long de l’année.

Je m’octroie ce droit, pester contre la connerie humaine. Je n’évite pas la mienne. Je transforme ma pièce monacale. Le couvent devient gueuloir. Je clame, sans déranger voisins, mon refus du médiocre. Cela est vain mais rassérène le moinillon. Les marchands du temple n’ont pas accès à la cellule de sa retraite.

Vous entendriez tout ce qui circule, en ce moment, en mon carafon cérébral, vos oreilles siffleraient. Vous seriez choqués. Si, si, j’ai logé du grossier de charretier dans mon vocabulaire. Je ne l’utilise pas. Je tiens à n’offenser personne. Je ne choquerai pas vos esgourdes sensibles.

Je les garde, pour moi, mes révoltes bohémiennes. Parfois, je les embarque avec moi, lors de mes promenades contemplatives et là, souvent, grâce au détail d’une tige d’herbe nue d’azur ou par les arabesques du vol d’un moineau, je les dissous, momentanément, dans le ravissement.

Je clos la minute de Monsieur Grognon. J’ôte le costume. Je réintègre mon paletot. J’en profite pour essaimer sur vos murs les derniers textes nés cette semaine. Les diables justifient le dominical.

Je termine, yeux dans les yeux. Je vous le souhaite, bon le Noël, sincère, sans arrière pensée, je jure..

*******************************

DOIGTS GLACÉS

La lampe de chevet fait son office. Elle tamise la pièce. Un halo lumineux éventre l’obscurité. Deux hautes fenêtres rectangles donnent sur la rue. Les volets servent de paupières, fermées. Au centre du studio, S. ondule sa brune et vaporeuse chevelure, en petite tenue, classe, bayadère..

Pas dépareillés, les couvreurs de sa féminité, slip et sous-tif, arborent la même couleur, bleu marine. Quelques étoiles blanches se posent dessus.

Je remémore et sirote la scène en tête, recréant la fictive féerie de la chair. C’était un soir où comblée d’étoiles, les prunelles de celle qui offrait volupté, s’abandonnaient par compassion ou concup*scence au vertige du désir, sans réclamer descendance.

M’en souviens, l’anomalie. Le chaud suait dans tout son corps, le froid y restait à l’extrémité de ses doigts. Glacés, toujours, ils étaient.

***

SVETLANA

Ainsi plongé dans un désordre, voulu, je range méticuleusement des braies d’émotions amassées tout au long du parcours.

Je m’étonne. La chair occupe la dernière place. J’en mets une à part, celle, où je contemplais le corps nu d’une fille faite pour la joie et que mon imaginaire transforma lianes à mesure que mes doigts animés par la caresse, cherchait, sur sa peau,le centre d’elle. Svetlana était son nom..

***

NOTE DE MINUIT

Être aimer, je m’en fous. Cet objectif ne flatte que l’ego, entretient le mirage consumériste.

Aimer, c’est une autre affaire. C’est tisser un lien entre soi et l’universel.

***

VIGNE

File chemin
parmi l’écheveau
des étoiles
une âme dégagée
de toute emprise
de convoitise

Belle rugit rubis diadème
sur la couronne du firmament

Je soigne ancien
mon vers nouveaux

J’apprends à éprouver
la sève
en élaborant ma vigne.

***

Ce n’est pas maugréer
qui changera le monde

Il ne changera jamais

La prouesse se tient
dans la promesse
de l’interstice

Il convient d’y tisser le sien
au sein de sa mouvance
d’y élaborer
son poème personnel.

**

Quand tel parle
énonce sa vérité
je me tais

la poésie est l’affaire
du silence dit.

***

Et voici, par parfums, le vaisseau ancien des conquêtes nouvelle

Serge Mathurin THÉBAULT

14 décembre 2025Fifre souffle air au creux des gouttières. Sur et à l’intérieur des joues du zinc, la chanson du vent, c...
14/12/2025

14 décembre 2025

Fifre souffle air au creux des gouttières. Sur et à l’intérieur des joues du zinc, la chanson du vent, celle de décembre, siffle sa lancinante rengaine. La ronronnante s’engouffre dans le corridor des neurones, éparpille les scories scotchées au pneu pesant des nécessités.

Et vlan, tout devient aérien dans la chambre de l’inspiration. Y a plus qu’à se laisser porter par l’effluve de la brise, appuyer sur le champignon des sensations. Le simple ne se pose pas en problème. L’évident accompagne l’opération.

Y a possibilité du Nirvana derrière le rideau. La fête sera ou ne sera pas. La cheffe d’orchestre, la muette, sera contente. Le foutraque s’entortille, expérience, avec aisance, dans le tournis de ses exigences.

J’ignore ce que pinson trillera. J’attends indications. Les meneuses de r***e, souvent nues, se révèlent à l’intuition.

Je poulope derrière la mienne. Je la coince, essoufflée, entre deux membranes fines de mon casque cérébral. Acculée, prise au piège, la peureuse accorde son aide. Elle projette, fraction de secondes, sur l’écran de mon cinéma mémoire, une scène, vécue, habitude. Celle-ci suffira-elle pour faire chanter dimanche ?

Je ne crois pas. Elle n’est pas nette, l’image. Il y a filles, sexualisées, là-dedans, un bar au nez allongé, des mecs roulant l’épaule, coqs idiots. Autour d’une p*ste de danse, d’autres, michetons avachis, mangent des yeux les corps dénudés des topless s’enroulant, érotiques, autour d’une barre de pole-dance.

il y a un va-et-vient permanent de couples entre la salle et les étages. Au plafond, des néons discos, balancent, tremblotants, une lumière artificielle. Ma main se pose sur la cuisse rose d’une fille, aux cheveux courts, blonds vénitiens..

Que fais-je là en ce lupanar espagnol ? Je narre ou narre pas ? Le sacré n’illumine pas la caboche. Sans lui, je me sens melon à exposer la misère ordinaire sans en ressortir le profond enfoui dans sa matière. J’abandonne.
Je saute du cheval de bois. J’enfourche dos d’un âne, qui de passage, m’amène à appréhender un gris à la façon d’un bleu.

Je le laisse braire sa ritournelle. C’est le peu du tout que je voulais vous offrir, aujourd’hui. Son son est le menu du jour. Il le mâcha toute la semaine. Pour vous, je crois...

**********************************

POÈTE

Oh la la ! J’ai attrapé un sourire, aux autres, insaisissable.

***

SEULS

Je me suis dévêtu de toutes idées pour mieux les capter, les recevoir, les feux-follets que secrètent les sensations pour ceux qui peuvent y voir derrière les murs uniformes du visible. Je m’en réjouis.

Je rédige, ainsi, indifférent à toutes compétitions. Les scélérates masquent toutes les subtilités, enferment l’esprit dans le corset de l’égo. Je ne présente ni les qualités d’un chef, ni celles d’un exécutant servile. Je pagaie sur une autre dimension.

Trois personnes, chez moi, souvent constitue, déjà, une foule. Je fuis tout ce qui peut accablé mon rêve des règles d’un système régi par l’intérêt, souvent mercantile..

Seuls, solitude et orage de la langue, me bercent de l‘illusion d’un possible meilleur.

***

ILLUMINÉ DE L’INTÉRIEUR

Je ne suis plus le seul illuminé du couvent. Des guirlandes, cause fêtes de Noël, scintillent sur le tronc, sur les branches de mon pote arbre, l’albizzia, face à ma fenêtre.

Soit-dit, je suis dedans et lui, dehors, au milieu du courtil. Je reste donc le seul illuminé de l’intérieur.

***

PRÉCISION

Juste dit
précisé

Je n’écris plus
sous l’embarras
des compromis

Je m’étends
halluciné
sur les vertèbres
élastiques des mots
lorsqu’ils s’enchaînent
souples
trois jours deux nuits
perles d’or sur le cou
des phrases

***
ÉTOILE ET ROSE

De minuit jusqu’à l’aube, épanouie
vingt années durant, sans répits
l’étoile fit d’une rose couleur argent
son unique contentement

***

ONZE DE DÉCEMBRE

Ce qu’il faut forer de nuit
pour capter une lumière

Les crocs du lion
mastiquent sous ma gorge
la chair d’un rêve mort né

Un peuplier bleu
tend son cou de cygne

Froid glacial le cisaille

Onze du mois décembre
guirlandes artificielles
enjolivent la rue

Pluie fond sur le trottoir

***

CIMETIÈRE

Fuient sur le gravier
les rayons du soleil

Créent l’ombre des tombes

Empêchent l’automne de mourir

Serge Mathurin THÉBAULT

7 décembre 2025Bercé du chuchotis des ondes, calées dans l’ouate du ciboulot, je fabrique les parois de mon palais, imag...
07/12/2025

7 décembre 2025

Bercé du chuchotis des ondes, calées dans l’ouate du ciboulot, je fabrique les parois de mon palais, imaginaire. Je cale mon dos douloureux (de moins en moins), contre le creux de mon fauteuil, roulettes. J’expulse, de ma pièce monacale, sans mal, les parasites, petitesse et médiocrité, ennemies jurées de la sérénité.

Je pratique facile. Quarante ans d’expérience aident. Je ne courbe plus sous l’effort. Le griot ne tournicote plus, depuis des lustres, son cerveau, d’idées fumeuses. Il n’est pas là pour plaire, se rassurer, dominer, rassasier son ego suffisant, d’un statut aussi factice que faux..

L’énergumène partage, sa bizarre expérience. Il louange la chance de respirer, de continuer, ahuri, à naviguer entre les interstices séparant le réalité fabriquée et le réel. Celui-ci charroie des pans du merveilleux sur le crâne de ceux et celles qui possèdent le don, recevoir..

Cela fait longtemps que le larron a quitté les illusions du troupeau. Le caillou (l’AVC), cinq ans, pile, déjà, n’a fait qu’accélérer le processus.

Je résume, j’affirme. Je sème les soucis. J‘enfume leurs effets d’un tour de passe-passe. Ma baguette s’illusionne magique. La baroque utilise les mots, à satiété, quitte à les sexuer autrement, afin que la phrase l’évoque, le possible universel

Je suis ici. Je suis ailleurs. Je me nargue de commettre l’impossible, laisser siffler la liberté jusqu’au bulbe de chaque poil. J’accapare le peu de lumière que diffuse, mollasson, un ciel gris de décembre. Je l’encourage à descendre sur le quadrillé du papier. Je me suis mis hors du monde, pour mieux le raconter de l’intérieur.

Les anges ne choient pas du ciel, uniquement. Parfois, les célestes tombent de moins haut. Vu (enfin c’est lui qui m’aperçut le premier et qui m’interpella), Christian, dit Mister Bean. Je ne l’avais pas rencontré depuis qu’il fît irruption dans nos dominicaux (voir celui du 12 octobre 2025).

A son accoutumée, il avance droit comme un as de pique. Mais là, une minerve entoure cou et crâne, un corset plastique emprisonne le haut du buste. Je m’inquiète, j’interroge. L’accent perché de sa voix répond : « en taillant les haies du jardin de mes parents, mes pieds ripèrent sur les barreaux de l’échelle. »

La chute fut grave, Elle nécessita un mois d’hospitalisation. Il fallut de peu que la colonne vertébrale soit touchée. Il informe, jovial, comme si cela ne le concernait pas, les frasques de ses déboires. Il ajoute : « c’est tout con de jouer l’acrobate à cinquante neuf ans ».

L’agneau déconcerte. Il épate. Il niche plume sur le plomb des drames, respect. Ça change. Les autres, les assis, vous en font des tonnes pour raconter leurs malheurs. Un rhume devient tempête, un mal de dos, un cyclone tropical. Les collés, au sol, piaillent bobos pour qu’on les remarque et les plaigne. C’est idiot, pitoyable. Nous sommes, tous, un moment, des corps souffrants.

Lui, le lunaire s’est dégagé du ridicule des comportements grégaires pour adopter. les légers de la désinvolture. Il agit à son insu, seigneur. Il se dépossède du superficiel pour encenser l’essentiel.

J’écris partial, j’avoue. Le gars a mis dans sa poche mon rétif imaginaire. Je suis sous le charme. Bien sûr, rose et bleu ne sont pas les uniques couleurs de son champ. Il doit y avoir du fumier dans un coin de son pacage. C’est lot de chacun

Moi, avec le mien, j’ensemence le rite. Et hop, habitude, j’essaime sur ce mur, les graines qui y ont germées cette semaine.

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INVENDABLE

Fusils braqués vers un ciel ouate, les branches de l’arbre, carré fenêtre. Ni feu, ni poudre, ne sortent de leurs bouches. C’est une posture. Elle aménage un coin de rêve dans un crâne, tout ennui.

Je rédige, sans autre intention que de m’extirper du pesant que génère toute société. La mienne lobotomise les cerveaux par le répétitif d’un marketing, agressif..

Une silhouette de piaf s’envole d’une gouttière. Ronronne dans la rue, le bruit des moteurs de véhicules, indistincts. Soudain, des cris rauques, s’élèvent puis se taisent. Un cabot aboie.

Je puise, pourtant, dans cette ambiance grise, anodine, le nécessaire pour suivre la phrase qui échappe des doigts, rend au corps, la légèreté dont l’esprit a besoin pour soutirer à son environnement toute la sérénité à laquelle il aspire.

Rien de plus beau, que dire non à la l’injonction d’un système, nous abrutissant, à être consommateur végétatif , sous le prétexte, de nous rendre heureux.

L’extase, joie infinie, ne s’achète pas sur les étals des marchands.

***

AMOUR

Éveille tes phalanges brûlées
lorsque tes doigts mutilés
ne répète l’affaire
que sous l’angle de la chair

***

CHAPELLE

Coté sortie
un escalier bois ba
s’entortille serpent
sage s’entortille
au cou d’une
colonne blanche

Au centre
des bancs grinçants
dès que fesse se pose dessus

En face
l’autel du Christ
rédempteur

Derrière
peinte bleue et rouge
la scène de la passion

Le soleil n’éblouit pas le vitrail

L’astre le béatifie.

***

CHÉRIR

Je ne suis qu’un chant
et mène ta danse là
où tu voudras
qu’elle te mène,

Car je n’ai aucun droit
sur ton rêve

Je chéris le mien
pour réveiller le tien.

***

NOTE D’AVANT SOMMEIL

Je pêche Dieu dans les oreilles d’un toucan plein de toupet.

Serge Mathurin THÉBAULT

Adresse

Auray
56400ET75006

Téléphone

0618092100

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