art-chignaned

art-chignaned C'est une petite flaque crée au départ pour la Grenouille, un peu en sommeil aujourd'hui mais le

La page de la grenouille qui sommeille et que veille à entretenir le dit Serge Mathurin THEBAULT en attendant son réveil

31 mai 2026    On prend le chemin du rêve, par instinct. Les milles magnificences viennent, après.C’est qu’il en faut de...
31/05/2026

31 mai 2026

On prend le chemin du rêve, par instinct. Les milles magnificences viennent, après.

C’est qu’il en faut de l’abnégation pour parvenir jusqu’à elles, les transes. D’abord, creuser fossé entre soi et le lourdingue, celui du clan où destin vous a posé. Ensuite si chance autorise, se balader dans toutes les cases sociales, sans s’y att**der.Y capter le parfum du cerfeuil, en embaumer son jardin. S’y tenir à la solitude soleilleuse.

Concomitamment, science du prodige, se protéger de l’affect destructeur, prôner autre façon de respirer que celle des anesthésiés au confort de la sécurité. Mépriser le mesquin des honneurs et des compétitions. Crocher le tricot d’un point de panache !

Je ne joue pas, le fanfaron.. J’ai mis sous cloche mon ego.. Je m’en suis pas mal tiré à l’exercice périlleux. Je revendique la prouesse. Alléluia ! Je volette, ailée libellule, au-dessus du glauque marigot, curieux, aussi innocent qu’au premier jour, malgré les épreuves. J’explore mon don, poète.

La chaleur ankylose l’inspiration. La fée se meut, avec difficulté, dans le labyrinthe des neurones. La canicule do**he l’enthousiasme de la drôlesse. Toutefois, malgré les sueurs, l’essoufflée dépose une image sur le grimoire de l’imaginaire. Je restitue.

Soir de taverne grise, je conte fleurette à une blondinette, via acrostiche. Une jeune femme entre dans l’établissement. Il y a de la chaloupe dans sa démarche. Hanches violoncelles accompagnent le tortillement des fesses. Élancée, traits fins, cheveux bruns, longs, caressant les épaules, la beauté vient s’asseoir à notre table pour savoir comment le taureau captive la fleur. Il est vrai que bouton d’or, la convoitée, est sa copine.

Je remarque ses seins fermes, ses yeux d’un noir profond, son nez aquilin, un grain de beauté posé juste au-dessus des lèvres. Cette mouche agrémente son visage angulaire. L’esthète apprécie. L’esthète, chez moi, toujours, est en éveil.

J’apprends qu’elle est d’origine italienne. Elle et son amie étudient l’architecture à Paris. Elle réclame le sien, de poème. Je m’exécute. La muse facilité sa rédaction Valentina se nomme l’intruse.

Après lecture de la bafouille, à ma grande surprise, spontanée, l’ingénue dépose une bise humide sur la joue du troubadour. J’en fus ému. « Tu écris l’âme des filles », s’exclame-t-elle.. J’eus, à l’occasion, quelques critiques littéraires. Aucune ne valait celle-ci car elle s’exprimait dans le nu sincère d’une voix juvénile.

Vient à passer reflet sur la vitre de la fenêtre, une silhouette ravivant la sienne, la rendant présente à l’intérieur de la cellule du couvent au moment même où je rédige ses lignes

Il y a de la magie à s’escrimer à être un interstice entre le réel supposé et l’espace qui le dévore. Je m’y applique. Je tends le restant de mes muscles à demeurer dans la tension extrême pour échapper à ce qui rabaisse l’âme au niveau du corps et des soucis quotidiens.

J’aplatis toutes les difficultés gênant l’envol. Enfin, je crois... Cela n’a pas d’importance puisque je maintiens la promesse d’être là, tous les dimanches, à égrener, contre vents et marées, les murmures du marin engagé sur un navire étrange. Voici les derniers textes que le matelot pêcha lors de son fricotage avec les étoiles.

**********************************

PREMIER FRÉMISSEMENT

L’envie de s’endormir, sous l’effet acidulé d’un verbe entraînant dans sa gymnastique des attributs réticents à ne plus être ce qu’ils sont, Coller sa chair et l’invisible qu’elle retient dans une escouade de voyelles épousant des consonnes.

Ne plus contraindre sa langue, aux usages éculés du plaire. Arpenter, à sa façon, les lazarets qu’aînés ont empruntés, hors des affects idiots, méprisant l’enclume par la plume. Évoquer, un Sacré, en toutes périodes, universel ! Y entrer dedans !

Boire un litre de whisky péter un rot dans une neige de soie. Se dire qu’être incompris va de soi, lorsque sur l’arête d’un toit, titube un moineau, sous l’ivresse du soleil et que naît dans la tête, le premier frémissement d’une extase..

***

SCÈNE DE ROUES

Scène de roues crissant sur le gravier. Jeunes mot**ds s’amusent à imiter les champions. Et vole la poussière et s’envolent les piafs affolés par le bruit.

Ne serait-ce qu’une fraction de secondes, les perturbateurs accèdent-ils à une forme de transe ? J’ignore et n’avance aucun ressenti sur l’affaire. Je ne fus pas un adepte du divertissement bruyant.

L’illusion mélange le faux et le vrai. Le premier dévore le second, impose sa vision esclave. Écrire sans vouloir, à tout prix être lu, mais être le nu de la première vibration.

***

ACTIVITÉ QUOTIDIENNE

Je mélange l’azur au poisseux de la boue

***

LES ENJÔLEUSES

Je fabrique
des poteries jaunes
sur lesquelles
je trace des sillons
aux couleurs criardes

Lèvres se dessinent
à l’insu du créateur
insolentes lignes
sur le ventre des pots

« Dis nous aimes-tu ? »
semble susurrer
les érotiques importunes.

Enjôleuses sont les menteuses !

***

PLACE AUX ROUES

Bistrot
ambiance
bobo bohème
ici Auray

Jamais rien fait
comme l’autre

Toujours puisé
l’émerveillement
dans le détail du doigt
saisissant l’anse
d’une tasse de café

***

LE CLAIRON CLAIR

Créer sa patte
en levant son menton
vers le clairon clair
des armées grouillantes
du soleil

Serge Mathurin THÉBAULT

24 mai 2026C’est du portage d’ombres que le soleil propage. Tâche de vin noircit la joue plate d’une maison. Une autre a...
24/05/2026

24 mai 2026

C’est du portage d’ombres que le soleil propage. Tâche de vin noircit la joue plate d’une maison. Une autre agrandit démesurément le détail d’un muret, y dessine le bec d’un cygne jusqu’à le rendre gracieux. Sur le trottoir, chien Pékinois, tenue en laisse, s’enroule dans une troisième et joue avec les lignes de cette mare improvisée.

Faut avouer. Tout est beau pour celui sait regarder. Je suis premier de cordée à ce jeu là. Dans le tableau des scènes quotidiennes, sans peine, mon œil myope décèle ce que le quidam néglige. Ma hune cérébrale métamorphose la roupie de sansonnet en palais. Je ne sais pas d’où cela vient cette capacité à débusquer le joli, en toutes circonstances, les gênes, sans doute

Je m’embarrasse pas de scrupules. Je profite de ce don. N’ayant plus sur les épaules le carcan de la pression économique, juché sur le balcon de ma tour d’ivoire, je me régale de cette aptitude à percevoir le féerique dans l’ordinaire.

Je m’en fais même dimanche, chaque semaine. Je témoigne, sans attirer micro, que j’use, moi aussi, mes arpions sur le plancher des vaches, à ma façon, oui, à ma façon. Je n’en tire pas fierté. Les honneurs me révulsent. J’avance, berger, sans chien, sans bâton, ni troupeau bêlant, A l’écart, je chemine sur le sentier extravagant menant aux illuminations.

Ce n’est pas d’aujourd’hui cette insolence ! Je pratique la gigue depuis l’enfance. Je m’épate. Je n’ai pas échoué, ni en haut, ni en bas, de l’échelle. Je sniffe toujours le parfum de la vie rêvée, du Cadou, le René Guy de Louisfert.

Marcel pose sa main sur le comptoir. Rougeaud, la cinquantaine, épaules courbées, la maçon joue avec l’équilibre. Normal, c’est lundi et le lundi, il ne travaille pas. L’olibrius ne titube pas mais presque. Qu’importe, il rassemble ses mots. Après une longue respiration, il réclame un verre de houblon. « Non, tu as déjà trop bu » », lui répond, sans lever la voix, la serveuse hommasse du bar populaire. « Un café, alors ? » La barmaid, bonne fille, concède à le servir. Sans être convaincu du bien fondé de sa demande, l’imprudent suggère un cognac pour le relever, le goût de son breuvage.

L’employée ne se fâche pas, elle connaît l’oiseau. Elle lui retire sa tasse, lui indique la sortie. Digne, il relève son cou, adopte la posture du héron et quitte le lieu, lançant à la cantonade, un au-revoir de duc à sa domesticité. .

Je le connais l’homme. Nous avons, autrefois, trinqué verres ensemble. Le soudard n’est pas méchant pour un sou. Il confesse la sobriété lors de son travail et son patron se félicite de la qualité de son ouvrage. Mais, faut avouer, il abuse sur la bouteille lors de ses week-ends. Cela lui a coûté le cocon cotonneux du couple ennuyeux. Il travaille – comme il le dit - pour les études des gosses (une fille et un garçon) et le train de vie de Madame.
C’est le populaire dont je suis issu, sans fard, ni calcul, brut de décoffrage, bienveillant. Je le kiffe, ce mec.

Je rassemble les échotiers choisis du bazar, celui qui occupe ma tête. Les entêtants calligraphient traces sur le papier, informent du passage de l’ineffable sur mes parois charnelles et cérébrales..

Bonhomme, je leur cède la place. J’envoie sur vos murs, guilleret illuminé, les faisceaux que les lutins laissèrent sur la page, poèmes et prose de leur composition.

*********************************

TROIS LIGNES

Je n’écrirai que trois lignes dont j’ignore la teneur.

Un cri emplit la rue du rauque d’une voix. Pétarade une moto chevrotante. Soleil urine ses rais sur les solives des toits.

Impudeur ! Le sexe n’y est pour tien !

***

ANONYME

Verte feuille
de l’arbre de jade

L’horloge secoue les heures

Fut oublié
celui qui voulut être adulé

Fut présent
en toute sa vie durant
l’anonyme des grâces reçues

***

INVITE

Poings des volets saignent
tout à côté des prairies
où princier le soleil
invite la pupille
à explorer l’essentiel

***

AMBIANCE

Plein jour ensoleillé
fenêtre ouverte
bistro sombre

Le bleu joue au contraste

Reflet sur la vitre :
les feux d’une lampe

Pas lourds du tavernier
sur le plancher

Musique zozote notes jazz
par les bouches
des baffes blanches

Filets de bras
cherchent le silence

***

EXISTER

La rue
cris d’indigents

Chiens aboient
tempo du désarroi

Puis silence

Seule ronronne
maintenant
une musique
cubaine

Elle émet ses sons
d’une baffe grise et noire

Exister
même au sein du
printemps noir

Serge Mathurin THÉBAULT

17 mai 2026J’écule l’idée. Nous ne sommes que poussières qu’avalera l’éternité.Je le commence comme je veux, l’exercice ...
17/05/2026

17 mai 2026

J’écule l’idée. Nous ne sommes que poussières qu’avalera l’éternité.

Je le commence comme je veux, l’exercice liminaire ! Je suis maître en mon territoire. Je peux les enfoncer, les portes entrouvertes. Personne ne censura mes envies bohèmes. C’est privilège du noiraud contraint à affronter le blanc de la page. Je m’en empare, sans vergognes.

On gâche le suc du sac, à céder aux vils empressements. On est bien imbéciles de se croire quelqu’un alors qu’on est rien, irréfutable. A quoi çà sert ce cirque médiatique, politique, hormis gonfler les melons, s’illusionner d’un bonheur possible ? L’homme est bêta, la femme aussi. Il n’y a pas à faire Sorbonne pour parapher ce constat.

Je pourrais imiter le scrogneugneux, les raconter, tout finement, les vilenies des deux bipèdes. J’ai matière en ma tabatière. Déjà fait, je n’insiste pas. Je risque de ne pas le faire ressortir net, l’oison, le forçat de ses lignes. Le piaf n’est pas perdreau blanc dans les draps de la bassesse et l’arrière-cour du médiocre. Il est humain, physiquement, comme les autres. Le porte manteau du coude ne lui garantit pas l’immunité. Lui aussi, s’affligea des tares, d’un système chafouin, uniquement attiré par la possession et la domination. Je joue, franc jeu. Je ne sais pas opérer, autrement.

Toutefois, je grimpe le versant optimiste de l’épreuve, vie. C’est un fond encore vivant de ma nature. Jour résolu insiste sur les rares fois où l’Adam ou la Ève échappent à la fatalité de leur superficialité, de leurs méchancetés, de leurs égotismes et autres enclumes posées sur la moquette de leur humanisme.

Vous pouvez les retrouver. Il n’y a qu’à revenir en arrière. Sur la piste dominicale, les anecdotes essaiment, galets pour pieds fragiles, l’enchantement de ses rencontres. Je nomme ces divins jaillissements, la poétique. Je n’ai pas trouvé meilleur terme pour définir la chose

J’écris sans frein. Je commets la faute qui faut pas, baver, sans savoir le pourquoi de l’écume. Je me reboutonne, je me rajuste. Je n’aurais pas dû commencer ainsi ma prière hebdomadaire. Ce n’est pas pour me déprécier que j’emploie à mon endroit les épithètes, peu flatteuses. Vous avez noté. Il y a du con et de l’idiot dans les lignes précédentes, du sincère, aussi, je crois.

Juliette, ma jeune trentenaire, manuelle et intellectuelle ne rompt pas la ligne entre elle et son anachorète. Lundi, bruit sonore, son nom apparaît sur l’écran de mon portable. Je réponds, illico.

La donzelle vient de lire les derniers opus dominicaux. Elle commente. Elle apprécie quand je dessine les traits de son genre. Elle le trouve, mignon, le strip-tease de Francès.

L’amie ajoute, amusée, qu’elle s’y prêterait au jeu de l’effeuillage. Elle veut, elle-aussi, recevoir sa pluie de poèmes sur les lobes de ses oreilles. La mutine ferait durer le plaisir. La jolie s’habillerait en inuit, se couvrirait de plusieurs couches de vêtements pour être épluchée comme un oignon.

Elle cause, malicieuse, ton mi-badin, mi-hilare. Cela me ravit. En fait, elle veut que j’aille la rejoindre en capitale, me présenter le dernier amant de sa tumultueuse vie sentimentale et me faire rencontrer des amis, qui dit-elle, suivent eux aussi, le dimanche, le cours de mes fredaines. Elle se dit prête à prendre en charge une partie des frais du voyage. L’innocence me ravit.

Mais, bernique reste bernique. Couvent est son rocher. Il ne sera pas facile de l’arracher à son puits transcendantal. On ne sait pas. On ne sait jamais. Ce que je sais, j’opère, léger, le nouvel envoi des poèmes et prose nés dans mon domaine.

*******************************

AGONIE

Soir qui, délicieux, enfile précieusement, sa robe noire, dégage en son habillage, une légèreté qu’expriment les frous-frous d’une jupe de danseuse lorsque son corps, libéré de toutes contraintes, tutoie la transe.

Sous la jupe des maisons, éparpillés papillons, les derniers passants att**dés émettent aux fins des feux, les pâles reflets multicolores de leurs habits printaniers.

Mai, dix heures du soir, lutte contre l’obscurité dévorante, un soleil mourant. Le crépuscule finalise l’agonie.

***

ÊTRES D’IMPERFECTION

Ne rien faire. Apprécier dans son infinie simplicité, l’instant. Exacerber sa capacité d’éveil. Capter dans le celé, la présence d’un charme indéfinissable.Vivre en poésie, quoi.

Fragments de féminité au milieu des feuilles vertes, attirant le soleil, favorise l’opération. Un chat blanc, pattes noires, exposant au soleil, sur le muret, sa bedaine maigre, affine la perception.

Mille autres détails peuvent participer à la salvatrice résistance au système marchand, un banc, un pan de volet, un phalène virevoltant au dessus du pistil d’une primevère. Il suffit de se libérer des superfétatoires plaisirs qu’engendre l’ogresse, la consumériste. L’observation pulvérise les griffes du paraître. Nulle envie de posséder détruira l’harmonie. Le matériel - dégagé de la gangue du matérialisme - devient l’allié de l’élévation spirituelle. Vous parvenez, enfin, à comprendre sans l’expliquer, la vie donnée.

Lecture matinale des signes, sans lesquels il me serait impossible d’écrire, d’échapper à l’hypocrite comportement des hommes, de les voir, tels qu’il sont, des êtres d’imperfection.

***

AMBIANCE

Plein jour ensoleillé
fenêtre ouverte
bistro sombre

le bleu joue au contraste

Reflet sur la vitre :
les feux d’une lampe

Pas lourds du tavernier
sur le plancher

Musique zozote notes jazz
par les bouches
des baffes blanches

Filets de bras
cherchent le silence

***

VŒU

Et je serai le soir
la lune jaune
étincelant les étoiles
le feulement du vent
sur les ardoises
la primauté du sens
sur l’absurde

***

NOTE D’UN SOIR DE MAI

Le frisson est la mission unique de toute entreprise poétique !

Serge Mathurin THÉBAULT

10 mai 2026Depuis plus d’une heure, je rumine mon impuissance. Je tambouille ma soupe sans en sortir un parfum.  Elle vo...
10/05/2026

10 mai 2026

Depuis plus d’une heure, je rumine mon impuissance. Je tambouille ma soupe sans en sortir un parfum. Elle vogue où, la fée ? Elle boude ? Je m’en fous. J’y vais quand même, le rédiger, le sillon liminaire.

J’ai promesse à tenir , moi, allumer un falot au-dessus du marigot. La folâtre me rejoindra plus t**d. Je la connais. La gourgandine est fille à se faire attendre. Je n’en fais pas une jaunisse. La versatile ne loupe jamais une fête dont elle est musicienne..

Pour l’instant, je meuble son absence. J’essaie de ranimer les cendres dont je fus Phoenix. Je tapote, sans entrain, les touches du clavier de mon ordinateur, en attendant une nouvelle résurrection.

Je n’attends pas longtemps. En effet, au moment même, où des mots, que j’ôterai plus t**d, trébuchent sur la page, la visiteuse grimpe, sans se presser, un peu diva, les escaliers qui mènent au pigeonnier cérébral. L’attendue se glisse dans le théâtre de ses divinations..

Maintenant, la ret**dataire se pare de ses effets dans les coulisses. Ça y est ! Ma partenaire est sur la scène. Je ne lui assène aucun reproche. Je ne suis pas totalement fou ! Pour l’avoir éprouvée, la susceptibilité de la belle, j’ai encore dans le tarin les remugles des sales heures que la maraude me fît passer à cause de cette impatience enfantine. J’ai appris ! Je ne la perturbe plus. Je joue le bel indifférent et cela semble lui plaire.

Là, tout agité, je sors un « hourra » de ma gorge. J’encourage. J’applaudis des deux mains. Mieux, je lui laisse les rênes du carrosse à la bêcheuse, celui du rite dominical.

Petit air frais occupe la geôle du couvent. Encore un mai qui ne fait pas son métier ! Après-midi, grisâtre, atmosphère humide, la pluie trompe la saison. C’est pas temps à mettre nez dehors.

Elle nous emmène où, la capricieuse inspiration ? Dans le temps, je vous dis, pas à deux coudées de respiration mais au début des années quatre vingt, dernier siècle du dernier millénaire.

Je reçois ses premières images. Bistrot tangue sous l’ivresse des poivrots. Un jeune homme, malhabile, bras virgule, soumet son cahier spirale à un homme, barbe poivre sel. C’est important pour lui. L’objet comporte l’ensemble des poèmes qu’il publiera plus t**d, à vingt deux ans sous le titre du « Pain discret ».

Le solliciteur, vous l’aviez deviné, c’est bibi. Lui, le juge, office professeur, un haut placé sur l’échelle académique. C’est un lettré, l’intellectuel dans son pur jus. L’érudit compulse l’ouvrage, cérémonial La sentence est sans appel : « c’est nul » dit-il sans ambages. Je suis KO debout.

Soir, même, dans une cabine téléphonique, j’appelle sur son numéro rouge, celui qui me dit le contraire. Je lui annonce que j’y renonce, à écrire. Il demande la raison. Je lui relate la rencontre, le blase du Monsieur, son jugement irréfutable. Il commente « alors tu préfères l’avis d’un agrégé obscur de province, un cul-coincé de la lettre à celui de ton ami Guillevic ? » .

Eugène me redescend sur terre. Il l’a éprouvé le sacré. Comment ne lui ferai-je pas confiance quand il estime que je suis apte à lui voler, moi aussi, quelques feux à la grâce du vivre. Personne ne m’éjectera de la route, la choisie, la suprême, la poétique !

Le foutriquet aimait les sobriquets. « Chantre local » était celui qu’il m’attribuait. Il me nommait aussi, bien avant que je m’y mette à notre rendez-vous hebdomadaire, « le poète du dimanche ». Était-il devin l’alcoolique aigri ?

Je suis comme il dit, un aède du jour du Seigneur et fier de l’être. Chaque semaine, j’envoie, en catimini, sur mur virtuel, toutes les impressions, sensations, émotions, recueillies tout au long de la semaine écoulée. Elles font fête à ma tête. J’espère qu’elles feront de même à la vôtre..

************************************************

ANARCHISTE, PAS MÊME

Je suis un fil, une ligne, corde tendue entre deux précipices. Je n’ai boussole que mon refus têtu de suivre une cadence imposée. Je ne peux me revendiquer le titre anarchiste car scrupuleusement j’évite d’être militant des causes sociales.
J’apprends, oui, c’est çà, j’apprends depuis toujours, à être la courbe du néant pour m’y introduire, dedans.

***

INDIFFÉRENT

Je n’écris que le froissement que crée le passage du vent sur une feuille d’arbre. Je n’invente rien. Je relate cette caresse furtive de l’air sur les éléments. Je ressens ce souffle jusqu’au sommet de mon coude bossu.

Je n’envie plus rien qui soit factuel. Cela ne m’intéresse pas. Je fonds dans un espace où la possession est annihilée, caduque. Je flotte grain dans un tourbillonnement de mots et de sensations. Je ne souffre même pas ou pour être plus précis, je me situe hors de la douleur, indifférent à toutes les haines et méchancetés de l’espèce humaine. Il ne me naît plus des idées absurdes, comme celle de refaire ce pauvre monde, d’imaginer qu’il fut meilleur hier ou qu’il le sera demain.

Non je n’analyse plus, dégagé de la dictature de l’idée. Je me sens poussière de comète. J’épouse le cosmos

***

UN CRAYON DE SOLEIL

Silhouette au bec d’eau
fontaine

Rambarde de balcon
sur laquelle pose
ses pattes effilées
une tourterelle

Corps ici
tête ailleurs

Un crayon de soleil
trace sur ma feuille
l’ombre d’un cygne.

***

TAUDIS

Tessons de bouteilles
sur le sol

Sacs poubelles
dont deux éventrés
abandonnés
à leur sort

Un matelas miteux
au centre de la pièce

Les images troubles
d’une télévision grésillante

Alcool locataire du lieu
homme dort

Seule espérance :
la face claire du paysage
suspendue toute nue
à la fenêtre.

Serge Mathurin THÉBAULT

3 mai 2026Jojo s’assied sur son confortable fauteuil skaï celui qui tourne sur des roulettes. Jojo lèche un rai de solei...
03/05/2026

3 mai 2026

Jojo s’assied sur son confortable fauteuil skaï celui qui tourne sur des roulettes. Jojo lèche un rai de soleil venu s’affaler sur les plis de ses lèvres. Jojo est ravi. Jojo prise ou frise la sérénité en son palais de solitude soleilleuse. Jojo, c’est bibi. Vous l’aviez deviné.

Je l’utilise, l’astuce du Jojo, pour mettre en marche la mécanique créatrice. Facile, l’inspiration, passagère clandestine de mon esquif cérébral, me l’a soufflé, ce matin, alors que je beurrais ma tartine de pain avec mon couteau plat, à moitié endormi, ayant encore bruissant dans les linges de mes méninges, une pluie d’étoiles et un reste de rêve broutant les herbes de ma cervelle.

Je précise. Palais se loge dans un ancien couvent. Il fut construit au seizième siècle et rénové depuis, pour, par, pur hasard, servir de logis à un tripatouilleur de mots.

J’y trouve dans ce lieu surplombant le courtil d’une école de musique, entouré de voisins, un peu cassés par les épreuves de la vie, une vibration que je ne trouverais nulle part ailleurs. Savoir la ressentir est s’habituer à tutoyer la part divine de toute existence

Je n’ai rien à raconter, il me semble, au moment où une ligne file anguille dans le chas de mes mains. Je crois, pas sûr. Une saccade des doigts contredit ce constat.

Face à moi, légèrement voûté, Jacky, appuyé, sur le pommeau de sa canne, avance à petits pas sur le trottoir. A ma hauteur, le valétudinaire me salue. Je l’ai connu aux temps anciens où je promenais mon groin dans le pré des planches théâtrales.

Le bonhomme enseignait, je crois, le français, dans un lycée de la ville.Thuriféraire d’un metteur en scène, en vogue dans la niche provinciale, le bénévole professait cette matière à des élèves volontaires pour interpréter les rôles classiques.

Avec l’hypocrisie mielleuse, trait de cette corporation, il se montrait cordial, chaque fois qu’il me rencontrait. Les murs prêtent leurs oreilles à qui veut savoir. J’appris, sans le vouloir, qu’il ne m’appréciait guère. Il reprochait au dindon de ne pas suivre les règles de la basse-cour, de ne s’accrocher à aucune mangeoire, de papillonner malgré son bras tordu hors des mares sécuritaires. De faire le con, quoi !

Je ne lui en veux pas. Je ne pouvais pas, moi, suivre son chemin balisé. Je ne peux toujours pas. L’ennui est mon ennemi mortel.

J’apprends, tristesse, qu’il vient de perdre sa femme. Sa bobonne expira à l’aube de ses soixante quinze ans (il en accuse cinq de plus). Un AVC, soudain, la fit balancer de l’autre côté du visible. Il ajoute, en y mettant un moignon de regret dans ses paroles, que j’avais eu beaucoup de chance, moi, de survivre à mon caillou.

Il m’interroge si je vois toujours son idole. Je dis non. Ce milieu aussi, je ne le fréquente plus. Sur ce, je le quitte sur la berge de ses rêves morts, nés.

Moi, les miens bougent encore et restent inachevés. Je cuisine leurs ingrédients avec la même fureur que quand j’étais enfant. Je leur assigne toujours la même mission, mettre du piment dans chaque geste de la vie. Il faut que je la vive le plus souvent possible, du bout de l’orteil jusqu’au haut du crâne, la quintessence du vivre, debout..

C’est un motif du rite dominical, enfin, l’un d’entre-eux. Il motive sa rédaction et puis fait sortir de leur coupe, les fruits reçus par un ciboulot en ébullition, via poésie, voici, les derniers nés de sa distillation..

**********************************

HORS DE PORTÉE

Celui qui est obsédé par l’édition, je parle création, trahit le sens de sa quête. Il coopère à la vilenie marchande, opposée à toute élévation. La publication n’est qu’une conséquence, absolument inutile, à l’élan premier.

Je n’ai édité que pour baliser ma route de bornes sécurisantes. Je le fis, souvent, sous pression amicale ou matérielle.

N’en ai plus besoin. Je suis hors de l’oppression sociale. Je flotte avec mon rêve dans un nuage hors de portée des fatales médiocrités et peut-être de la mienne.

***

PASSERELLE

La phrase survit à la virgule, enjambe le point et crée une autre, sœur, portée elle-aussi par un souffle intérieur. La nouvelle fera de même, les autres aussi jusqu’à
l’extinction des feux du besoin irrépressible d’écrire.

Je me nourris de celles d’hier, qui s’insinuèrent dans ma peau pour jaillir sur le papier. Je leur enlève les scories entachant leur chant. Je ne cherche pas la perfection, l’approcher un peu, certes. J’éprouve ma capacité à créer..

A l’exercice, j’emprunte la passerelle entre moi et l’invisible.

***

L’ARDOISE

Et là bas et la nuit
gestes au mains lilas

Glace que l’œil rompt
Le ciel est l’ardoise de l’absolu !

***

CASTAGNE

Vois la castagne
entre deux volets
et un soleil

Celui-ci veut entrer
dans la chambre
alors qu’ils sont fermés.

Il y a une rainure
par laquelle
le coquin
finit finalement par passer

L’intrus dépose un rai
sur un lit défait

Dans toute nuit il y a
possibilité d’une lueur.

***

ANTI-PHILOSOPHE

Et moi qui voit au-delà
de l’uniforme planche
je prévois des lumières
dont j’astiquerai les lames
- rageur -
avec le cuir de mon verbe

Je suis
celui qui n’écrit pas le visible
sans tonner l’ineffable

Je ne serai jamais philosophe
je ne mâchonnerai pas mon égo
parmi les herbes fausses des idées
car expliquer est refuser de vivre
le miracle des enchantements

SERGE MATHURIN THÉBAULT

26 avril 2026Une fois de plus, je me farde des couleurs du printemps. Je transpose le bleu du ciel sur mes joues. J’immi...
26/04/2026

26 avril 2026

Une fois de plus, je me farde des couleurs du printemps. Je transpose le bleu du ciel sur mes joues. J’immisce le vert feuillu des chênes sur mes cils. Je distille toutes les autres teintes de la saison sur ma peau et bien au-delà, au faîte de mon roseau, pensant. Je savoure joie, la seule qui compte, la vraie, être vivant.

Ce ne fut pas facile, de me maquiller, ainsi, autrefois. Je fus, moi aussi, aimanté par la sainte Trinité du Malin : sexe, pognon, pouvoir. J’ai piqué nez, moi aussi, dans le superflu, même le sirupeux sentimental. J’ai perdu temps précieux pour une ennuyeuse sécurité au dépend de ma recherche lumineuse. Les reflets maléfiques de ces chimères me corrompirent plus d’une fois. Il fallut éprouvé pour traduire. Ce fut fait.

Je fus humain, c’est tout, puis zut, il n’est pas aisé de vivre dans les nuages lorsque le système glorifie la force et la domination, le tout pour soi au détriment de l’entre-aide, l’avoir au lieu de l’être..

Pas ma camelote, je dis, le bazar marchand. J’assume toit, écuelle et c’est là l’essentiel. Je redis. Je fus l’inapte, le suis encore, des triomphes factices. Je subodore une autre essence, une éthérée possibilité que le matériel se fonde dans le spirituel, jusqu’à ressentir jusqu’à sa quintessence, le pourquoi du souffle.

C’est envoyé çà, non, pour introduire dimanche ? Je ne sais pas. Je m’en fous. Je ne vis pas du regard de l’autre. J’aiguise le mien à recevoir (ce que j’écrivais. deux semaines déjà) la vérité poétique de l’existence. Je reçois, je redonne. J’esquive toute violence. Je m’empiffre de l’orgueil, spécifique au poète véritable. Celui-ci n’emmerde personne et moi, encore moins. Le goujat invite à crépiter flamme au milieu du brasier. J’y trouve sens, un profond, à la vie.

J’en étais où ? Je ne sais plus. Je suis saoul du verbe qui me possède. Je ne quitte pas la vague. Je la précède presque. Je sors la dernière photographie de mon sac à malices

Je vous amène, pas rat, dans un gourbi que souillon a transformé palace. Rien à voir avec ceux que je visiterai plus t**d, les guindés du luxe et du paraître. C’est une autre histoire. Je la raconterai, peut-être, ultérieurement .

Non là, le raffinement ne concerne que l’âme. Le faste ne s’embourbe pas dans le clinquant et le pimpant. Le simple hisse sa magnificence au niveau bien-être, pas l’artificiel des escrocs, le vital, celui-qui crée osmose entre l’individu et son environnement.

Je retourne, minutes divines, au galetas de Francès, la princesse. Studio, riquiqui héberge la fille à la robe Charleston. Planches branlantes soutenues par des objets hétéroclites, dont briques et cartons, forment une incroyable bibliothèque surréaliste. C’est un don de transformer chiffons en costume. Elle le possède.

J’appareille vers le clair de ses yeux, ma rebelle. Quasimodo est devenu Adonis.
L’affreux chatouille Vénus, arrache des rires inextinguibles à la belle enjôleuse
Mâle désire, mâle piaffe. Elle n’est pas contre, Colombine. La mutine enlève, un par un, lentement, ses effets, exigeant un poème à chaque vêtement qu’elle ôte.

Tous les poètes, ayant inscrit leurs vers au burin dans ma tête, viennent à ma rescousse. Les frères participent à la fête. Il y a du Rimbaud, du Hugo, du Baudelaire, du Cadou, quelques autres et surtout le Robin que je lui fis découvrir, son préféré, puisqu’il la vivait, anar, la vie. Ce dernier devient le sésame de la nudité intégrale. Ah la la, quelle joie spirituelle fut cette concupiscence !

Casanova ne fut pas mon cousin. Il ne fut pas facile de séduire, niveau sexuel, avec bouille ronde, physique quelconque et un bras court attifé d’une courbe disgracieuse.

Je le fis par le truchement de l’acrostiche. Celui-ci ne parle qu’au cœur. Je me plains pas de la rareté des ébats. Abus de chair nie la chair. Tout ce que je vécus, je le jure, je le fis dans la ferveur du Sacré, ça aussi.

Bon, c’est tout ce que j’avais à narrer, aujourd’hui, avant d’envoyer ce que fée déposa sur mon cahier durant les deux dernières semaines, écoulées

****************************

LE CALLIGRAPHE

Le comédien, la trentaine, décorait son deux-pièces d’un peu de couleur sur une paroi, affiche de cinéma, du blanc gris sur les autres où étaient épinglés des poèmes recopiés par ses soins sur du papier vélin Le bohème s’adonnait à la calligraphie.

Parfois, de la tombée du jour à la nuit la plus noire, il me suivait dans mes déambulations bistrotières. Le finaud proposait ses services dès que j’écrivais acrostiches, plus souvent aux demoiselles qu’aux messieurs.

Pour ce, il emportait sous l’aisselle, un vieux carton à dessin où il entreposait des copies de ceux déjà réalisés. J’ai connu calligraphes, plus doués, certes. Mais ces professionnels de l’enluminure n’avaient pas sa simplicité pour séduire l’acheteur.

Les clients venaient chercher chez lui l’ouvrage terminé, s’acquittaient d’une somme forfaitaire pour le travail fourni. L’artiste, bon âme, m’affirmait qu’ils demandaient toujours de mes nouvelles.

Je passais quand je pouvais chez lui pour recevoir la rétribution de mon inspiration. Il gardait dans une boite à chaussures les dix pour cent de ma
contribution.

Quand je quittais le précaire, je m’improvisais mécène. A mes frais, nous allions déjeuner dans un restaurant et faisions les ducs de son quartier. Ces soirs là, je multipliais les acrostiches, mué en machine à créer par l’objectif de venir le retrouver souvent en sa ville du bord de Loire. Le voyage me coûtait plus qu’il me rapportait, pécuniairement parlant, mais ça valait le coup de faire le gosse avec un autre qui l’était resté vraiment.

J’appris sa mort par une connaissance commune. L’enjoué celait sous son jeu fanfaron, une profonde mélancolie. Dans son galetas, pendu, il fut trouvé.

***

CROQUIS

La hanche
au bout du champs :
un peuplier
aux branches courbées

File entre les fourrés
un lièvre que chasseur
a oublié

Zigzague dans le fouillis
d’une végétation dense
le trait ivre
d’un soleil fatigué.

***

PREMIÈRE BARRIÈRE

Se comparer
à l’autre
voilà la barrière
première à ôter
pour accéder
à la délivrance
des secrets
de ce monde.

****

HORS DE PORTÉE

Parce que je n’oublie pas que
l’arabesque exige
présence d’une grâce

Je me mets hors de portée
des sommeils arrangés
par l’hypnose des marchands

Serge Mathurin THÉBAULT

Adresse

Auray
56400ET75006

Téléphone

0618092100

Site Web

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque art-chignaned publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.


Parse error: syntax error, unexpected '}', expecting end of file in /home/multisite/volt/findhealthclinics/%%home%%multisite%%apps%%geosite%%views%%unify01%%partials%%item_sidebar.volt.php on line 287