10/03/2026
C'est un fait : l'usage de médecines alternatives et complémentaires (CAM) augmente la mortalité à 5 ans dans le cancer du sein, même en parallèle d'un traitement classique.
Une étude récente d'une équipe universitaire américaine publiée dans le JAMA (Journal of the American Medical Association), une r***e scientifique et médicale possédant un Impact Factor de 9,7 (c'est-à-dire une crédibilité élevée), a analysé les données portant sur 2,1 millions de femmes atteintes d'un cancer du sein dans le but d'observer l'influence des médecines complémentaires et alternatives (CAM) dans l'évolution de leur maladie.
Les résultats montrent que, comparé aux patientes ayant reçu un traitement conventionnel uniquement (chimiothérapie, hormonothérapie, radiothérapie et chirurgie), le taux de mortalité des patientes ayant suivi des thérapies exclusivement alternatives est 3,67 fois supérieur ! Soit un taux de mortalité similaire à celui des patientes n'ayant reçu... Aucun traitement (3,53 fois supérieur) !
Cela démontre, comme de nombreuses études l'ont déjà fait, que les médecines alternatives sont complètement inefficaces dans le traitement du cancer du sein, et ne peuvent d'aucune façon se substituer aux traitement conventionnels.
Mais plus intéressant : toujours par comparaison aux patientes bénéficiant d'un traitement conventionnel uniquement, les patientes ayant associé thérapies alternatives et traitement conventionnel présentent tout de même un taux de mortalité 1,45 fois supérieur.
Ceci s'explique par le risque cognitif qu'une adhésion aux médecines alternatives induit : en effet, ces patientes sont prises dans un "ecosystème de croyances" qui entraine des phénomènes comportementaux se traduisant par un manque d'observance voire un refus des traitements conventionnels (chimiothérapie, hormonothérapie) ainsi qu'un re**rd dans la prise de décision chirurgicale (quand on sait que chaque semaine passée sans rien faire voit le risque de métastase s'accroitre).
Conclusion : la maxime déculpabilisante "Si ça ne fait pas de bien, au moins, ça ne fait pas de mal" s'avère complètement erronée.
Certes, la conclusion de l’étude reste prudente : elle ne démontre pas que chaque thérapie alternative provoque directement des décès. Mais elle met en évidence que l’usage des médecines alternatives est associé à des parcours de soins moins complets et à une survie plus faible.
"Le danger principal réside dans l’histoire que l’on raconte autour des pratiques de soin, et l’érosion de confiance envers les protocoles scientifiques qui sont proposés parce qu’ils marchent, et pas en raison d’un narratif séduisant qui permet de les faire accepter aux patients. Il se produit une sorte de compétition narrative pour prendre le contrôle du paysage cognitif du patient ; et dans ce genre de course, les balivernes disposent d’avantages considérables, et notamment celui de pouvoir s’adapter constamment, de changer de prétention, d’argument, de décor, d’acteurs ou de vocabulaire jusqu’à plaire, flatter, persuader, et parfois tuer." (Acermendax)
Source : https://menace-theoriste.fr/le-vrai-danger-des-medecines-alternatives/
Lien vers l'étude clinique :
Ayoade, O. F., Caturegli, G., Canavan, M. E., Resio, B. J., Berger, E. R., & Boffa, D. J. (2026). Use of complementary and alternative medicine in the management of breast cancer and association with survival. JAMA Network Open, 9(3), e260337.
https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2845669