A deux voix

A deux voix Parce que l'expérience vécue est une force.

Pair-aidante professionnelle proposant un accompagnement par visioconférence pour personnes vivant avec un traumatisme complexe, des troubles dissociatifs (TDI) et sorties d'emprise sectaire.

Une croyance silencieuse structure l'accueil de la parole des victimes : sans co-victimes pour faire masse, sans vidéos,...
22/05/2026

Une croyance silencieuse structure l'accueil de la parole des victimes : sans co-victimes pour faire masse, sans vidéos, sans preuves matérielles, on ne mérite pas d'être crue.

Première violence : on continue à dire que les victimes mentent, qu'elles cherchent de l'argent, qu'elles règlent des comptes.

Deuxième violence : quand on défend une victime, on lui répond "elle n'est pas seule, elles sont des centaines". Comme si la solitude d'une parole signifiait son invraisemblance.

Cette logique silencie les personnes comme moi.

J'ai porté plainte en 2022 pour les violences sexuelles subies dans la dérive sectaire où je suis née.

Pendant quatre ans, aucune nouvelle.

Durant ces années, j'ai vu défiler des affaires médiatiques avec des dizaines de victimes, des preuves matérielles, des vidéos.

Moi, je suis toujours seule à dénoncer ce que j'ai vécu. Solitude atroce.

Et les personnes avec un Trouble Dissociatif de l'Identité restent les grandes oubliées de et .

Jamais évoquées comme des victimes à part entière. Notre parole est encore assimilée aux faux souvenirs, aux mensonges, à un trouble fantasque. Le TSPT-C est reconnu. Les troubles dissociatifs du continuum commencent à l'être. Le TDI, non.

Alors j'ai travaillé. Des années en thérapie. Faire le deuil de la justice. Faire le deuil de la reconnaissance sociale. Apprendre que c'est ok si je suis la seule à savoir, que je n'ai pas besoin de la reconnaissance des autres pour être réparée. Travail long, traversé de colère, de tristesse, de désespoir.

J'étais arrivée à une forme de paix. Un nouveau départ.

Il y a quelques jours, un coup de fil. L'enquête est en cours. Après 4 ans d'attente et de silence.

Le passé revient au moment précis où on a enfin accepté de poser nos valises et nos gants de boxe.... et c'est vraiment difficile...

Le rétablissement du Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI) existe. La littérature scientifique le documente, et je l'e...
28/04/2026

Le rétablissement du Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI) existe. La littérature scientifique le documente, et je l'expérimente.

Le modèle de traitement en trois phases, théorisé par Van der Hart, Nijenhuis et Steele dans le cadre de la dissociation structurelle, articule un parcours rigoureux : stabilisation et sécurité, traitement des mémoires dissociatives traumatiques, puis intégration et reconnexion. La phase 3 est celle de l'espoir, de la cohabitation, de la coopération entre parties dissociatives, et progressivement de leur intégration les unes aux autres.

J'y suis.

Je suis née et j'ai grandie dans une dérive sectaire où j'ai subi des violences extrêmes et répétées qui ont structuré mon TDI comme système de survie, j'ai commencé une véritable prise en charge en 2014. Le diagnostic a été posé en 2018 par deux psychiatres et une psychologue. Plus de dix ans de travail thérapeutique.

Aujourd'hui, certaines de mes parties dissociatives se sont intégrées les unes aux autres. Pas encore toutes. Mais le chemin est ouvert.

Il m'arrive de me regarder vivre comme une observatrice. Je compare avant et après, mes réactions d'hier et celles d'aujourd'hui. Je mesure des changements significatifs. Une gratitude profonde monte alors, pour ce que mes parties dissociatives et moi avons traversé, pour les souffrances dépassées, pour les combats menés envers et contre tout.

Je souffre encore. Parce qu'une partie dissociative non intégrée, c'est un fil qui me relie à un événement traumatique. Tant que ce fil tient, mon passé rejoue dans mon présent. C'est précisément pour cela que mon objectif de soin reste l'intégration. Je ne veux plus être pilotée par mon passé. Je ne veux plus que mes agresseurs aient prise sur ce que je pense, vis, éprouve aujourd'hui.

Ce chemin, je ne l'ai pas parcouru seule. Mes soignantes ont été des guides. Leur implication, leur formation, leur rigueur clinique ont fait la différence. Grâce à elles, je me suis enfin sentie vue, entendue dans ma souffrance, dans ce que j'avais vécu, dans qui j'étais et dans la logique de mon fonctionnement. Elles se sont battues à mes côtés. Du fond du cœur, merci.

Et merci à tous les soignants qui s'impliquent, qui se forment, qui mènent ces combats pour que les enfants que nous avons été soient enfin entendus, crus, soutenus à la hauteur de leur courage.

À toutes les personnes paires engagées dans ce parcours : une vie en dehors de la survie existe. Une vie de bien-traitance existe. Et vous y avez droit.

Continuez.

Toute mon enfance, le gourou de la dérive sectaire dans laquelle je suis née m'a arrachée aux lieux où je vivais. Jamais...
26/04/2026

Toute mon enfance, le gourou de la dérive sectaire dans laquelle je suis née m'a arrachée aux lieux où je vivais. Jamais par hasard. Pour qu'aucun médecin ne suive mon dossier assez longtemps pour s'interroger. Pour qu'aucun enseignant ne repère d'écart d'une année sur l'autre. Pour qu'aucun lien ne tienne assez pour que je puisse parler.

Je me suis construite avec ça. Avec la conviction que les relations humaines ne durent pas, que la sécurité est dans le mouvement, que l'instabilité est la norme.

Quand j'ai fui en 2011, je suis partie avec deux sacs sous le bras et mes filles avec presque rien. Caravane, froid, faim. Quinze ans de harcèlement et de contrôle coercitif, à me battre pour que nous ayons un toit, à manger, des habits. Des années et des années de fuites et de sentiment d'insécurité.

Se créer un cocon, quand on a été arrachée à chaque endroit où l'on a vécu, n'a rien d'évident. C'est un travail souterrain, lent, qui demande des années. Désapprendre la fuite, apprendre à poser ses affaires sans guetter le moment où il faudra les abandonner. Accepter de s'attacher à un lieu sans préparer mentalement le prochain déchirement.

Ce cocon-ci, je l'ai construit pièce par pièce. Un meuble d'occasion, une plante sur le balcon, une routine installée. Des gestes minuscules pour les autres, des victoires immenses pour moi. Une réponse logique à des décennies où rien ne m'a jamais vraiment appartenu.

Et à la fin du mois, je déménage.

Je dois faire le tri de tout ce que j'ai mis des années à amasser. Un lit, un matelas, un frigo. Des objets auxquels je ne suis pas vraiment attachée. Et pourtant ça me fait bizarre de perdre ces objets dont j'étais si fière d'avoir réussi à les acquérir.

Ce qui me serre le plus, étrangement, ce sont les fleurs de mon balcon.

Avant, chaque déménagement, je ressentais des hurlements intérieurs, du désespoir, l'impression d'un trou béant sous mes pieds. L'impression de sauter dans le vide sans savoir où j'allais atterrir.

Là, je sais où je vais atterrir. Et je ne ressens rien de tout cela. Je me sens en paix. Apaisée. Libre, même.

C'est presque irréel. Après une vie entière, expérimenter un départ qui ne me détruit pas. C'est la première fois que je pars sans qu'on m'arrache véritablement.

Redonner de l'agentivité aux personnes qu'on accompagne, c'est le cœur du soin des traumatismes complexes. J'ai fait bea...
23/04/2026

Redonner de l'agentivité aux personnes qu'on accompagne, c'est le cœur du soin des traumatismes complexes.

J'ai fait beaucoup de prises de parole publiques. Certaines me rendent fière. D'autres, je les regrette. Je ne les révoque pas pour autant : chacune correspond à un moment de mon évolution, à ce que je pouvais comprendre et accepter à l'instant T.

Certaines fois, mes soignantes m'ont mise en garde et je n'étais pas en mesure d'entendre. Je ne mesurais pas encore certaines choses. Aujourd'hui oui, et c'est précisément parce que je suis passée par là. Ces prises de parole m'ont construite, elles sont devenues le savoir expérientiel que je transmets aux personnes paires que j'accompagne.

Mes soignantes n'ont jamais décidé à ma place. Elles sont restées dans leur rôle : m'aider à mesurer les risques et les conséquences, m'éclairer sans me dire quoi faire ni quoi dire. M'aider à réfléchir. Ça a été extrêmement aidant.

Cette posture, je la dois à des professionnelles qui avaient compris l'essentiel : dans mon histoire, comme dans celle des personnes que j'accompagne, il y a des mécanismes d'emprise et de contrôle coercitif. Quand on a grandi là-dedans, on vous a arraché le pouvoir de décider. Le soin consiste à vous le rendre. Un psy qui décide à la place d'une patiente si elle est prête ou non à témoigner reproduit exactement le mécanisme qu'il est censé aider à défaire.

Une autre règle vitale : for interne et for externe ne se mélangent pas. Je ne témoigne JAMAIS aux côtés des professionnelles qui me suivent en thérapie. La psychothérapie doit rester un espace neutre et safe. Témoigner en binôme avec sa soignante, c'est prendre le risque de créer des conflits qui compliquent ou mettent fin au travail thérapeutique.

Une personne concernée qui souhaite témoigner doit le faire avec des professionnels qui ne la prennent pas en charge. Avertir sans prescrire. Accompagner sans se substituer. C'est cette logique qui fait la différence entre réparer une emprise et la rejouer sous un autre visage.

13/04/2026

Écoutez!! "Chers juges du parquet"

Aujourd'hui, je partage avec vous un texte qui m'a profondément touchée. Il a été écrit par une personne que j'accompagn...
10/04/2026

Aujourd'hui, je partage avec vous un texte qui m'a profondément touchée. Il a été écrit par une personne que j'accompagne en pair-aidance, et c'est à sa demande explicite et avec son accord que je le publie ici.

Ce texte lui appartient. Je ne fais que lui offrir un espace de visibilité supplémentaire, parce qu'il mérite d'être lu, largement.

Ce qu'elle a mis en mots, c'est le vécu du Trouble Dissociatif de l'Identité, le TDI (ou DID en anglais).

Pas une définition clinique, pas une description de manuel. Une expérience incarnée, plurielle, traversée de silence, de survie, de stratégies invisibles, et d'une lucidité qui force le respect.

Elle écrit ce que la société dans son ensemble peine encore à reconnaître.

Le TDI reste l'un des troubles les plus mal compris, les plus caricaturés, les plus mal représentés dans les médias et la culture populaire.

On en fait un spectacle, un mythe, un "super-pouvoir", alors que ce que décrit ce texte est tout autre chose : une adaptation extrême à une souffrance extrême, une fragmentation de l'identité née dans la nécessité de survivre, et une solitude profonde.

Ce texte est un acte de courage. Je suis honorée de la confiance qui m'est accordée🙏🏻.

Une première série de fiches sur le contrôle de l'information et l'isolement dans les mécanismes d'emprise et de contrôl...
08/04/2026

Une première série de fiches sur le contrôle de l'information et l'isolement dans les mécanismes d'emprise et de contrôle coercitif

06/04/2026

J'ai conduit une analyse documentaire systématique du livre publié par la Communauté du Pain de Vie : "Pain de vie Pain des pauvres ou l'arbre à pain" (1988). Ce livre se trouve sur internet.

Je suis née dans cette communauté. Dans ce travail, j'ai appliqué seize catégories d'indicateurs d'emprise et de contrôle coercitif à l'ensemble du texte. 342 citations extraites, classifiées, articulées à un corpus théorique multidimensionnel : Lifton, Hassan (modèle BITE), Stark, Dutton & Goodman, Herman, Van der Hart, Nijenhuis & Steele, Fricker, Derocher, Jenkinson, Lalich, Singer, Sauvayre, Perry & Szalavitz, Bowlby & Ainsworth, Goffman, Parquet.

Ce n'est pas une lecture militante d'un texte religieux. C'est une lecture outillée, rigoureuse, méthodique, celle dont j'aurais aimé avoir accès il y a vingt ans, et que je construis aujourd'hui à partir de ce que j'ai vécu, étudié, et intégré comme compétence professionnelle.

Ce que ce document révèle sur des centaines de pages n'est pas anodin :
👉 contrôle de la pensée,
👉 contrôle du comportement,
👉 contrôle de l'information et des émotions ;
👉 subordination explicite du lien parent-enfant à la doctrine ;
👉 sacralisation de la souffrance comme voie de grâce ;
👉 inceste spirituel ;
👉 idéations suicidaires sacralisées et non signalées ;
👉 manipulation de personnes en état de vulnérabilité extrême.

Et une citation qui concentre à elle seule le substrat doctrinal du groupe : « La souffrance est rédemptrice. »

Je partage ce travail parce que la reconnaissance des mécanismes de contrôle coercitif dans les communautés religieuses fermées est encore trop rare dans l'espace public.

Parce que les personnes qui grandissent dans ces environnements, comme je l'ai fait, méritent que leur expérience soit nommée avec précision, pas euphémisée.

Et parce que le savoir expérientiel, lorsqu'il est articulé à des cadres théoriques solides, devient un outil d'analyse à part entière.

Ce document est produit à des fins d'information. Il ne constitue pas un avis juridique. Il est le fruit d'un travail de pair-aidante professionnelle spécialisée.

Dans un livre publié en 1988 par la Communauté du Pain de Vie, "Pain de vie Pain des pauvres ou l'arbre à pain", une pet...
06/04/2026

Dans un livre publié en 1988 par la Communauté du Pain de Vie, "Pain de vie Pain des pauvres ou l'arbre à pain", une petite fille de 3 ans est morte. Elle s'appelait Élizabeth.

Et voici ce que ce livre dit de sa mort :

Sa mort est d'abord euphémisée en « départ » : « le samedi 16 novembre, au petit matin, Élizabeth part pour "un autre pays, pas très loin d'ici" ». En marge de la page, une citation biblique prescrit l'attitude à adopter : « Le Seigneur a donné. Le Seigneur a repris, que le Nom du Seigneur soit béni ».

Puis la révolte légitime de sa mère est aussitôt encadrée : « pour apaiser la révolte qui va la submerger et pour l'aider à accepter que Dieu reprenne le don précieux de la vie qu'Il lui avait fait », cette acceptation s'est faite « dans une Paix inexplicable pour ceux qui ne connaissent pas Jésus », formulation qui classe implicitement quiconque conteste dans la catégorie de ceux qui ne connaissent pas assez Dieu.

Ensuite vient ceci, les derniers jours de cette enfant de 3 ans sont décrits ainsi : « elle ouvrait des yeux immenses et graves à chaque communion, des yeux de désir et d'attente trop longue : elle voulait Jésus, si fort ». Puis : « L'envie de Jésus l'a emportée sur la sienne ». Et pour finir : « Lui l'a trouvée si belle qu'Il a accédé sans résistance à son appel. Il est venu demeurer en elle ; elle est allée habiter en Lui ; ils sont heureux l'un en l'autre... et pour toujours. »

Cette enfant est morte.

Et le texte interprète sa mort comme une union heureuse, un désir comblé, une fusion mystique. Sa mort à 3 ans est le happy ending.

Un autre extrait : « Jésus avait permis que tous ceux qui auraient pu agir soient absents. »

L'absence de secours n'est pas une défaillance. Elle est la volonté de Dieu. Ce cadrage rend toute mise en cause institutionnelle impossible : s'indigner reviendrait à s'opposer à Jésus.

En août 1987, 21 mois après ce décès, ma famille a été envoyée au Cameroun pour remplacer celle d'Élizabeth.

J'avais exactement le même âge qu'elle. 3 ans.

Il n'y a pas eu de retour sur ce qui s'était passé. Pas de mesures de protection renforcées. Pas de questionnement sur les conditions dans lesquelles une enfant de 3 ans venait de mourir. Une autre famille est partie. Avec d'autres enfants. Dont une enfant du même âge que celle qui venait de mourir : moi.

J'ai grandi dans cette communauté. Je mène depuis des mois une analyse documentaire rigoureuse de ses textes fondateurs. Ce que je lis relève du contrôle coercitif au sens de Stark (2007) : la doctrine prime sur la vie des enfants, la souffrance est sacralisée pour neutraliser toute contestation, et la mort d'une enfant devient un argument théologique plutôt qu'une catastrophe à prévenir et à analyser. Derocher (2018, 2022) a documenté ce que vivent les enfants nés dans ce type de groupes. Je suis l'une de ces enfants.

J'aurais pu mourir comme elle.

Nommer, c'est ce qui permet que ça cesse.

En avril 2015, l'évêque Mgr Boulanger signait le décret de suppression de la reconnaissance canonique de la Communauté d...
04/04/2026

En avril 2015, l'évêque Mgr Boulanger signait le décret de suppression de la reconnaissance canonique de la Communauté du Pain de Vie où j'ai grandi.

Ce décret faisait suite au rapport de la Pastorale des Dérives Sectaires de la Conférence des Évêques de France, rédigé en 2014.

Ce rapport documente un culte de la personnalité, une interdiction absolue de tout questionnement, une coupure systématique avec les familles et les soignants, une exploitation financière massive, une surveillance interne par délation, des humiliations répétées et organisées, et au moins quatre suicides entre 1995 et 2012.

Mais il faut nommer comment ce rapport a été produit. On a demandé à une 30aine de personnes concernées d'écrire leur vécu, aucune enquête systématique de tous les sortants n'a été faite.

Sans leur donner à l'avance les grilles de lecture permettant d'identifier les mécanismes d'emprise. Le recueil de la parole s'est fait sans cadre analytique partagé, sans conditions sécurisées, sans accompagnement spécialisé.

Si on nous avait donné ces grilles en amont et si le recueil avait été conduit dans des conditions adaptées, nous aurions pu cocher tous les critères.

Dans ce rapport, je n'ai pas témoigné des violences se@uelles commises au sein même de cette communauté. À l'époque, j'étais dans la survie.

Le silence d'un rapport institutionnel sur des violences n'est pas la preuve de leur absence. C'est la preuve que les conditions du témoignage n'étaient pas réunies.

Et voilà ce qui me révolte profondément. L'Église a retiré sa reconnaissance canonique à la communauté du Pain de Vie, comme si ce geste suffisait à solder l'affaire.

Mais cette même Église avait validé, au fil des années, le Livre de Vie, le livre des règles de vie de la communauté, dans lequel le contrôle coercitif était présent de manière omniprésente, documentée, structurée.

Les évêques qui ont signé les décrets de reconnaissance connaissaient ces règles. Ils les ont cautionnées. Ils ont couvert et institutionnellement validé les maltraitances systématiques infligées aux adultes et aux enfants dans cette communauté.

Puis quand le scandale est devenu trop visible pour être ignoré, ils ont retiré leur reconnaissance et abandonné à leur sort toutes les personnes qui en étaient sorties. Pas de reconnaissance des préjudices. Pas de dispositif de soutien.

Où est la responsabilité institutionnelle ? Où est la justice ?

Aujourd'hui je suis pair-aidante professionnelle. Je verse ce dossier publiquement parce que nommer est un acte de justice. Parce que les personnes qui ont vécu la même chose ont le droit de savoir que ce qu'elles ont subi a été documenté, et que la responsabilité de ceux qui ont su et se sont tus reste entière.

Le recueil de la parole de toute personne sortant d'un système coercitif devrait être fait selon un modèle adapté et standardisé avec des personnes neutres et formées.

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Avignon
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Téléphone

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