21/04/2026
RETOUR SUR EXPÉRIENCE DE SUPERVISION L’erreur la plus fréquente des accompagnants
Il existe deux erreurs très fréquentes dans les accompagnements sensibles :
vouloir “rassurer trop vite”.
C’est humain.
C’est même bienveillant.
Mais dans certains contextes, notamment face à la honte, à la culpabilité, ou encore pire face à un état dépressif, cela peut produire l’effet inverse.
La personne ne se sent pas entendue…Elle se sent corrigée.
Une autre erreur trop fréquente :
vouloir faire parler à tout prix.
La fameuse certitude que "dire c'est déjà se libérer".
Comme si la parole était toujours le premier chemin.
Or certaines expériences ne passent pas d’abord par les mots.
Elles passent par le silence, le geste, la création, le corps...
En Art Thérapie, accompagner, ce n’est pas “faire émerger à tout prix”.
C’est savoir attendre le bon moment… ou, lorsque c’est juste, créer les conditions pour qu’il advienne.
Cela suppose de respecter le rythme de la personne, d’accueillir les temps de latence, et de reconnaître que certains processus ne peuvent être ni accélérés ni forcés.
Prenons l’exemple du body mapping.
Face à une personne invitée à représenter son corps, il peut y avoir d’abord une hésitation, un vide, parfois même un refus. Chercher à “faire parler” trop vite risquerait de court-circuiter ce qui est en train de se construire.
À l’inverse, accompagner consiste à soutenir l’exploration sans l’orienter : proposer un cadre sécurisant, ajuster les consignes, ou simplement être présent. Puis, parfois, un détail apparaît — une zone colorée, une tension dessinée, un symbole discret. Ce n’est pas encore un discours, mais c’est déjà une mise en forme.
C’est à cet endroit précis que l’accompagnement prend tout son sens :
non pas dans l’interprétation immédiate, mais dans la capacité à laisser émerger, à son rythme, ce qui cherche à se dire.
Accompagner en art thérapie, c’est donc tenir cette posture exigeante :
être à la fois garant du cadre et profondément à l’écoute du processus.
Entre patience et ajustement, il s’agit moins de faire émerger que de permettre l’émergence.