17/04/2026
Il y a quelques semaines, je regarde une émission de la RTBF Sport
On y parle de Matthew Brennan, vainqueur de Kuurne-Bruxelles-Kuurne.
Sur le podium, il ne boit pas la bière.
Et là, les réactions sur le plateau me laissent un peu… perplexe.
“Il aurait pu au moins tremper ses lèvres.”
“Son équipe est trop stricte.”
“C’est un manque de respect pour le folklore flamand.”
Rien que ça.
Puis j’apprends la suite. Il y a eu au moins 45 articles de presse des médias belges connus.
Face aux réactions assez virulentes dans la presse et sur les réseaux, le mardi qui suit la course, il finit par donner une explication : il serait intolérant au gluten.
Et là… ça se calme.
Un journaliste conclut même :
“Ah, alors on comprend mieux.”
Cette phrase, elle m’est restée.
Parce qu’en fait, on ne comprenait pas avant.
Pas tant qu’il n’y avait pas une “bonne raison”.
Ce week-end, je tombe sur une photo de Wout van Aert, vainqueur de Paris-Roubaix.
Son pavé dans une main… une coupe de champagne dans l’autre.
Et ça me ramène directement à cette histoire.
Pourquoi, aujourd’hui encore, ne pas boire doit être expliqué ?
Pourquoi un simple “non” ne suffit pas ?
Si tu bois, personne ne te demande pourquoi.
Si tu ne bois pas… il faut se justifier.
Santé. Religion. Médicaments. Performance.
Peu importe. Mais il faut une raison qui rassure.
Sinon, ça dérange.
Alors qu’au fond, la seule chose qui devrait suffire, c’est :
je n’en ai pas envie.
On parle d’un produit toxique.
Et c’est celui qui n’en veut pas qu’on questionne.
Imagine la scène autrement.
On tend une canette de Red Bull sur un podium.
Le gars refuse.
Est-ce qu’on dirait :
“Il aurait pu au moins tremper ses lèvres” ?
Jamais.
On dirait même plutôt 'Waouw, le mec il ose refuser cette m***e'.
Ce qui est accepté ou non n’a rien à voir avec le produit.
Tout est dans la norme.
Et aujourd’hui, refuser de boire… c’est encore sortir de la norme.
Alors forcément, ça interroge.
Mais ça ne devrait pas.