25/02/2026
Mon histoire (un peu improbable) avec les livres.
Dans ce texte tu découvrira une part de moi-même, mais surtout ce que je n'ai jamais osé dire jadis.
J’ai réussi à lire moins de dix livres en entier.
Et attention, on compte uniquement les vrais livres de plus de 50 pages. Exit les BD et les Harlequin. 😅
Et dans ces moins de dix…
trois frôlaient les 300 pages. À vingt pages près hein. On ne va pas chipoter. 😅
Sur ces quelques exploits littéraires :
• Quatre livres sur le même sujet, dont deux biographies (et deux bio faisaient partie des presque 300 pages).
• Un livre génial de Brian Wansink, Conditionner pour trop manger ... un vrai réveil scientifique, qui est devenu une référence sur le neuro marketing alimentaire. (300)
• Un livre psychanalytique de Françoise Dolto, L’histoire du complexe du homard (j’avais 17 ans, ça compte comme circonstance atténuante 😅).
• 2 minutes pour convaincre de Nicholas Boothman, lu en 3h30 grâce à la version audio en parallèle. Sans l’audio, impossible de rester concentrer.... mais un livre qui à changé ma vie et fait passé pour un leader de groupe ... merci la science du mimétisme primitif et les études en neurosciences comportementale.👌🏻
Et puis… il y a un mois, ma neuropsy, pleine d’espoir, me propose :
Le corps n’oublie rien... une référence sur la traumatologie psychiatrique. Un livre qui pourrait modifier ma façon de travailler et ma relation à mon vécu ... j'y reviendrais en clin d'œil en fin....
Presque 600 pages.
Comment dire…
Je veux bien croire qu’il est formidable. Mais 600 pages, c’est un Ironman neuronal pour moi. 😂😂
Et pourtant… porté par l’enthousiasme (nouvel intérêt spécifique enclenché depuis un an et demi sur le TDAH), je viens d’acheter deux nouveaux livres de plus de 200 pages.
En plus de celui recommandé.
Bon.
Vu le nombre de livres qui dorment déjà dans mes multiple ZAB, je ne sais pas encore s’ils rejoindront la liste de mes “succès héroïques” ou celle des “intentions magnifiques”. 😂
..
Voilà ce merveilleux paradoxe qu'est le miens :
Je suis dysorthographique.
J’ai aussi une dysgraphie.
Et je me demande parfois si je n’ai pas compensé une légère dyslexie sans jamais le savoir. Et combien d'autre TSLA je n'ai pas encore découvert 😅
Et pourtant.
100% de bonnes réponses à l’ICV de la WAIS-IV. Paraît-il que ce scoring est "incroyable" ... pfff qu'en sais-je... c'était tristement trop simpliste comme exercice et cela manquais de vocable, selon moi bien sûr.
Je cherche encore comment c’est possible.
Ma “littérature”, c’était la presse, le Quid, les dictionnaires de synonymes… ah oui Encarta avant Wikipedia... mais j'y reviendrais plus loin.
Des fragments. Des morceaux. Des briques de savoir. Pas des romans fleuves.
Je n’ai jamais lu les livres imposés par l’école.
Sauf avec une sorte de technique de lecture rapide instinctive…
Je ne saurais même pas expliquer comment je faisais.
Je scannais. Je captais l’essentiel.
Je reconstruisais.
J'ai garder de très mauvais souvenirs de mes professeurs de Français ... du déchet non valorisable que j'ai eu en 6ème ... de la fanatique de maupassant qui en 2 ans à essayer de nous faire ingurgiter 8 œuvres de l'auteur des nouvelles du même nom...
mais ... il y a eu cette prof de français spéciale ... celle de mon second lycée ... je n'étais pas meilleur en français certe, mais je me souvient encore de son petit chien et de son AX qui peinait parfois à la faire démarrer, moi qui n'y connais toujours rien en mécanique... je lui reconnais une fidélité sans faille pour sa voiture ... j'ai apprécié nos échanges et c'est la seules que j'ai encore dans mes contacts ici.
..
Mon AuDHD et cette relation avec les livres ...
Aujourd’hui, avec le recul, je comprends mieux.
Mon cerveau autistique aime la profondeur.
Il adore creuser un sujet précis, parfois obsessionnellement.
Quand l’intérêt spécifique est activé, je peux avaler des heures de contenu.
Mais mon TDAH, lui, déteste la contrainte.
Il lutte contre la longueur.
Il fuit la monotonie.
Il décroche quand la dopamine baisse.
Chaque facette joue son rôle.
L’autisme me donne l’intensité.
Le TDAH me donne l’impulsivité et la dispersion.
La douance me donne la capacité de relier, synthétiser, comprendre vite.
Les troubles dys me rendent l’effort plus coûteux… mais m’ont peut-être appris à compenser autrement.
Je n’ai pas construit mon savoir par accumulation linéaire.
Je l’ai construit par constellation.
..
Voici une citation plutôt juste d'une partie de moi-même par Peter Vermeulen
« La richesse de leur vocabulaire, leurs excellentes performances dans des domaines bien spécifiques, leur promptitude à engager la conversation, leur fantaisie trompent. Car derrière la façade d'une connaissance quasi encyclopédique et une éloquence charmante, se trouve un individu en souffrance pour qui le monde est un spectacle désordonné et incompréhensible. »
Extrait de son livre : "Comprendre les personnes autistes de haut niveau "
Car on m'appelle parfois ChristopherPedia référence en clin d'œil à la célèbre librairie documentaire en ligne.
...
MOT DE LA FIN :
J’imagine que certain.e.s découvrent peut-être mon goût étrange pour la littérature…
Ou plutôt ma manière très atypique d’y naviguer.
Ou plutôt, la question qui brûle peut-être les lèvres :
Oui.
J’ai un cerveau autistique sans déficience intellectuelle.
Même l’inverse : douance.
Et j’ai un cerveau TDAH qui dysfonctionne.
Oui, j’ai été harcelé plus de dix ans pour cette différence incomprise.
Oui, j’ai un handicap invisible de naissance.
Non ils/elles ne le savais pas, non je ne le savais pas ... pourtant je n'ai jamais fait ce qu'on m'a fait ... alors l'ignorance ne peut être brandit comme l'étendard d'une pathétique excuse, ce qui ne relèverai point de la maladresse que d'être révélatrice finalement d'une plus large paresse intellectuelle etbaun combien impotence.
Mais aujourd’hui, je me connais mieux.
Alors non, je ne pardonne pas.
Je m’autorise à avancer.
Et je souhaite, sincèrement, à ceux qui m’ont harcelé, comme à l’intégralité des professeurs et élèves qui ont voyagé avec moi au Maroc ; que la vie les embrasse par l’épreuve.
Pas pour les briser.
Pour leur offrir un peu d’humilité. 🥰
Si je devais souhaiter un peu de clémence cela serais pour ce prof de philosophie, qui je pense avec le recul avait sans doute plus de point en commun avec moi qu'avec ses congénères et je puis comprendre l'inactivité dont il a fait preuve... je saurais quand même le remercier pour l'éveil à cette esprit critique que je préserve dans le tumulte d'un monde qui en est profondément carencé.
J'ignore si une âme courageuse aura lu mes mots ... si c'est le cas pas besoin de mots si tu n'en a ... juste un cœur en commentaire et je saurais que tu est arrivé jusqu'à là.