09/05/2026
CONSCIENCE..
C’est avec un réel plaisir que je partage avec vous le succès de mon dernier livre « Un corps pour me soigner, une âme pour me guérir ». Nombreux sont ceux, parmi vous qui y ont participé et qui y participent encore tous les jours et je les en remercie. C’est le signe pour moi, au-delà de la fidélité qui est la vôtre, que son contenu est cohérent avec tous mes autres écrits, qu’il vient à la fois enrichir et à la fois mettre en perspective.
De nombreuses questions me sont parvenues à propos de la question de Conscience que j’y évoque. Qu’est-ce que la Conscience, quelle différence faire avec la notion d’âme, quelle est la place de l’Esprit dans tout cela ?
Il est vrai que dans le langage courant ces termes sont souvent employés l’un pour l’autre. Essayons alors d’apporter un peu d’éclairage sur le sujet.
La Conscience, avec un « C » majuscule, c’est l’essence de l’être, ce qui fait sa présence, à soi et au monde, et ce qui fait sa vitalité. Elle est présente en nous et partout, au coeur de la plus infime de nos cellules et s’exprime dans chacun de nos actes et chacune de nos pensées.
L’Esprit, c’est la « source » de la Conscience, son origine « verticale et céleste », à l’instar de la galaxie qui porte toutes les poussières d’étoiles (de conscience) qui y brillent. Son essence est celle du « Un », alors que celle de la Conscience est de tous les « Un » qui en émergent, en font intrinsèquement partie, tout en en étant des « expressions ».
L’âme, c’est le fil ténu qui est le lien entre l’Esprit originel et la Conscience incarnée. C’est elle qui permet et tisse la trame de l’être dont la Conscience a besoin pour jouer son véritable rôle.
On peut faire une analogie très claire pour expliquer tout cela avec simplicité. Il y a un élément naturel, que tout le monde connaît, qui permet d’illustrer ce qu’est la Conscience, c’est l’eau.
A l’instar de la Conscience, l’eau est présente partout, quelle que soit sa forme. Elle est l’humidité qui imprègne tout et partout, que ce soit dans l’air ou dans le sol. Même si dans l’air brûlant d’un été sans nuage nous ne la percevons pas. Elle est infime, mais elle est là. Comme la Conscience par exemple chez certains esprits brillants de lumière mais qui perdent parfois la conscience du réel. Même dans le plus aride des déserts, si on creuse le sable, on trouve de l’eau. Certes parfois loin voire très loin si le désert est très aride, un peu d’ailleurs comme pour la Conscience chez certains êtres chez qui l’aridité est telle qu’il faut aussi creuser très loin pour en trouver une parcelle. Mais elle est là aussi.
Elle est parfois profonde et méconnue comme par exemple l’eau des nappes phréatiques. Cette eau obscure est là et aussi vitale que l’eau de la pluie. Elle est l’eau de la pérennité et de la puissante fécondante de fond tout comme notre Conscience non consciente qui est porteuse de nos archétypes, cette charpente universelle et intemporelle qui nous tient debout. Parfois cette eau stagne, ce qui ne signifie pas qu’elle ne fait rien mais qu’elle attend que l’on aille à sa découverte. Cette expérience magnifique que l’on fait parfois dans certaines grottes, si nous les « mettons en lumière », nous fait découvrir des cathédrales et nous réveille à notre richesse intérieure et à une conscience des profondeurs.
Elle émerge parfois de terre et ces sources qui en jaillissent, créent des ruisseaux puis des rivières qui viennent nourrir toute la nature proche ou lointaine, et permettent la croissance de la vie visible. La Conscience qui s’éveille, qui émerge des profondeurs, nourrit notre être dans toutes les dimensions de son corps et de son esprit (avec un « e » minuscule). Elle le porte et le fait créer, agir, partager. A condition que nous laissions ce flux, parfois d’autant plus tumultueux que nous l’avons retenu longtemps, irriguer à nouveau nos champs (de conscience) intérieurs et extérieurs.
L’eau tombe aussi du ciel lorsque celui-ci s’obscurcit, comme le fait parfois notre esprit avec les nuages des soucis, des contrariétés ou des craintes. Lorsque ces nuages d’eau condensée (de conscience bridée) crèvent, la pluie vient sans doute marquer l’inconfort de la prise de conscience, mais également le fait que l’acceptation de la mise en lumière crée la vie, nourrit l’âme et la réhydrate.
La présence universelle de l’eau est une nécessité inconditionnelle pour l’équilibre de la vie. La présence de la Conscience jusque dans la plus infime de nos cellules et de nos êtres est une nécessité incontournable de l’équilibre. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans nos corps et dans nos esprits. Il est dit en Médecine Traditionnelle Chinoise que « la maladie apparaît dans l’organe, lorsque la conscience qui l’habite, le quitte ». Il en est de même pour l’esprit. Lorsque l’âme, canal de la Conscience, est fripée ou nouée, le lien avec la source universelle de l’Esprit est coupé. L’être souffre dans son essence et sa Conscience s’assèche.
« Un corps pour me soigner, une âme pour me guérir ».
Albin Michel février 2026.