15/04/2026
Les enfants ne parlent pas avec des mots d’adultes.
Ils parlent de monstres dans le placard,
d’ombres qui viennent la nuit,
de présences qui font peur sans que l’on sache vraiment pourquoi.
Ce langage-là n’est pas anodin.
C’est souvent une manière de dire sans pouvoir dire.
Derrière ces images, il y a parfois ce qui n’a pas encore de nom,
ce qui dépasse l’entendement,
ce que l’enfant ne peut ni penser, ni imaginer comme possible.
Parfois, derrière ces métaphores,
il y a l’indicible.
L’inceste.
hélas voici un « cas « très intéressant de métaphore d’une jeune fille qui j’espère rencontrera les bonnes personnes pour l’accompagner vers sa nouvelle vie, sa liberté 🌷.
Un père condamné à 9 ans de pénitencier
La victime utilise une métaphore « percutante » pour illustrer l’inceste
Une fille allergique aux arachides, mais obligée d’en manger chaque jour. C’est par cette métaphore « particulièrement percutante » qu’une adolescente agressée par son père pendant 12 ans a illustré son calvaire. Son bourreau a été condamné à neuf ans de pénitencier mercredi.
« Tu te résignes à manger l’arachide. Ça ne fait pas du bien, c’est dangereux pour toi. La sensation est si désagréable que tu veux disparaître, tu veux t’arracher la tête, tu veux crier, mais tu ne peux pas. Si tu cries, la situation deviendra bien pire. Mais l’envie est si forte et le fait de se sentir si impuissant te met en colère et te donne envie de pleurer. »
« Plus tu consommes des arachides, plus ton cas s’aggrave, et tu souffres à chaque fois. Tu dois manger une arachide par jour environ, parfois même plusieurs par jour, mais tu ne passes jamais une semaine sans devoir en manger une. Tu continues quand même d’endurer, parce que sinon, la personne va être fâchée, et ça te fait très peur. »
Cette lettre coup-de-poing composée par Simone*, 17 ans, a été lue mercredi lors l’imposition de la peine de son père au palais de justice de Montréal. Pour protéger l’identité de la victime, nous devons taire le nom de l’accusé de 42 ans. Il a plaidé coupable l’an dernier à des chefs d’inceste et d’exploitation sexuelle.
« La lettre de [Simone] fait ressortir toute sa douleur. La métaphore de l’arachide est simplement percutante », a insisté le juge Antoine Piché, lors de son jugement.
« C’était insupportable »
De la maternelle à la fin de l’adolescence, Simone a été agressée sexuellement par son père à d’innombrables reprises. Son père se disait « amoureux » de sa propre fille. Ils dormaient ensemble plusieurs fois par semaine, dans le salon ou dans le lit de la fillette. Elle devait obtempérer pour éviter la colère de son père.
« Les mots qui me viennent en tête sont : torture, colère, désagréable, horrible, souffrance, incompréhension, etc. Je peux vous dire que c’était insupportable », raconte Simone dans sa lettre présentée au tribunal.
Le père indigne a eu une pénétration complète, sans protection, avec sa fille. Cette fois-là, il avait placé un meuble devant la porte de la chambre, puis avait démarré un film d’horreur à la télévision pour éviter d’être dérangé par sa plus jeune fille. Les supplications de Simone ne l’ont pas ébranlé.
Le calvaire de Simone a pris fin lorsque le père indigne s’est fait prendre sur le fait par sa conjointe à l’automne 2024.
Pour Simone, le chemin sera long pour se reconstruire. Elle se dit « détruite à l’intérieur et cassée en mille morceaux ». Elle ressent une « colère permanente » et « incontrôlable ». Mais malgré sa souffrance, elle refuse d’abandonner. « Je veux vivre, moi aussi », lance-t-elle.
« J’espère qu’un jour, je pourrai mieux aller, même si cela me semble lointain, voire impossible », conclut-elle.
La Couronne et la défense ont présenté une recommandation commune de peine de neuf ans de détention. La procureure, Me Karine Lagacé-Paquette, a fait état des nombreux facteurs aggravants, dont la fréquence des agressions, la manipulation et l’abus de confiance. Elle a toutefois accordé un « poids important » au plaidoyer de culpabilité.
L’avocate de la défense, Me Camille Winiarz Devault, a souligné la collaboration complète de son client, qui a tout avoué aux policiers et n’a jamais souhaité de procès.
Le juge Piché a entériné cette suggestion commune « raisonnable ».
La tête penchée, le visage triste, le pédophile a présenté ses excuses à sa victime, disant regretter le mal qu’il lui a causé. « Tu as fait le bon choix [de me dénoncer]. Il fallait que mes gestes cessent », a-t-il déclaré.