21/10/2025
Quand tu te dis que tu n’as pas vraiment connu ton père ou ta mère, que leur absence a laissé un creux en toi, tu ne fais pas que parler d’eux, tu réveilles une mémoire qui s’étend bien au-delà de ton histoire personnelle.
C’est la mémoire du lien, celle qui cherche à comprendre pourquoi l’amour semble parfois si lointain, si imparfait, si incomplet.
Tu te dis peut-être, "Si j’avais eu plus de présence, plus d’écoute, plus d’amour, je serais différent."
Mais en vérité, ce n’est pas l’absence qui t’a blessé, c’est la façon dont tu t’es raconté cette absence. L’histoire que tu t’es répétée encore et encore a sculpté ta manière d’aimer, de douter, de te protéger. Tu t’es construit à partir d’un vide comme d’autres se construisent à partir d’un excès.
Et dans ce vide, tu as cherché à verser tout ce que tu pouvais, la réussite, les relations, les projets, parfois même la colère ou la fatigue, pour combler ce manque que rien ne semblait satisfaire.
Ce que tu ne voyais pas, c’est que ce vide n’était pas un trou, c’était un passage. Un passage pour te reconnecter à la source directe de la Vie. Là où le père et la mère cessent d’être des personnes pour devenir deux forces qui t’habitent.
Le père, c’est la lumière verticale, celle qui traverse ton crâne et te relie au ciel. C’est la direction, la clarté, la volonté qui te pousse à te tenir debout même quand tu trembles.
La mère, c’est la lumière horizontale, celle qui s’étend dans ton ventre, nourrit ton souffle, t’enracine dans la terre. C’est la tendresse qui ne juge pas, la douceur qui accepte tout ce que tu es.
Quand ces deux forces s’unissent en toi, quelque chose s’apaise. Tu cesses de courir après des visages extérieurs. Tu reconnais que tu portes déjà en toi le père et la mère que tu cherchais. Tu deviens ton propre abri.
Tu peux encore avoir de la peine, bien sûr. Tu peux ressentir ce tiraillement lorsqu’une parole ou un souvenir te ramène à ce vide. Mais au lieu de te dire, "j’ai manqué d’amour", tu peux commencer à te dire, " je suis en train d’apprendre à aimer de l’intérieur".
Et à ce moment-là, l’énergie que tu perdais à combler le passé se remet à circuler. Elle cesse d’alimenter la nostalgie et commence à nourrir ta création.
Tu découvres alors que tu n’as jamais été amputé de quoi que ce soit. Tu étais simplement en gestation de toi-même. L’absence n’était pas une punition, mais une initiation silencieuse, elle t’a obligé à devenir conscient de ta propre lumière, à chercher la chaleur dans ton propre cœur, à appeler le ciel et la terre à travers ton souffle.
Ce que tu n’as pas reçu t’a enseigné la valeur de donner. Ce que tu n’as pas connu t’a poussé à connaître plus loin que la forme. Et ce que tu croyais être une blessure devient un sceau, celui de ceux qui transforment la douleur en conscience.
Alors quand cette voix revient en toi, celle qui te dit, "tu n’as pas eu ce qu’il fallait", ne la fais pas taire. Regarde-la. Dis-lui, "Peut-être, mais je me donne aujourd’hui ce qu’on ne m’a pas donné hier."
Et dans cette phrase simple, tu rétablis la circulation entre ton passé et ton présent. Tu cesses d’être l’enfant blessé. Tu deviens l’être complet qui, de son propre feu, éclaire son origine.
Acquario Waterman
Via la page amouretconscience.fr