05/04/2026
Le mois d’avril s’ouvre comme une fleur des champs au printemps : discrèt.e, simpl.e et lumineux-se. C’est le temps de l’éclosion : les fleurs poussent, s’ouvrent au soleil et s’épanouissent. Elles SONT, tout simplement.
Ce moment est précieux et nous invite à observer, laisser faire, sans intervenir. Laisser émerger ce qui demande à éclore à l’intérieur de nous. Peut-être est-ce un moment propice pour semer des graines et arroser celles qui sont déjà sur le point de sortir de terre (des idées, des projets, des collaborations, des élans de cœur …) ?
L’épanouissement ne se force pas, il se permet.
Alors essayons de revenir au moment présent avec curiosité et humilité, afin de découvrir ce qui est déjà là. S’intéresser à l’instant présent. Il est toujours là, essayons de nous y plonger lentement, délicatement, joyeusement.
Cette éclosion aura lieu quand ce sera le moment, le véritable épanouissement ne se presse pas, il prend son temps. S’immerger au cœur de soi, est une exploration des paysages et des mouvements intérieurs qui composent la réalité de l’expérience humaine, une immersion qui ouvre un espace de rencontre intérieure lucide et incarnée.
C'est la JOIE qui est présente pour moi.
Alors j’ai eu envie de vous partager ce texte :
" *La joie ancrée, la joie décidée, représente une manière d'habiter ce monde sans renoncer à le changer. Elle ne s'oppose pas à la rage, elle la nourrit d'un horizon* . Elle rappelle que nous ne sommes pas que les enfants de la perte, nous sommes aussi les enfants du désir. Et ce désir-là, celui de beauté, de justice, de liens vrais est plus ancien que toutes les guerres. La joie n'est pas une fuite. Elle n'est pas l'oubli ni le confort qui engendre ce dernier. Elle est le refus du désespoir comme destin, une manière d'habiter notre indignation avec tendresse avec durée, avec engagement. Elle donne un avenir à la révolte, elle en est l'écrin. Par conséquent, si nous apprenions à rester dans cet entre-deux, sans peur de l'instabilité qu'il provoque, à devenir des funambules sur le fil du sensible avec la colère, comme tension motrice et la joie comme balancier. La colère nous fait voir le gouffre, la joie nous rappelle que l'autre rive existe, que quelque chose nous attend de l'autre côté, elle nous pousse à créer, non par ego mais par fidélité à ce que nous présentons de plus grands que nous. Elle nous pousse à transmettre, non pour s'inscrire dans la postérité, mais pour s'assurer que le flambeau ne s'éteint pas, elle est ce qui permet à l'espoir de ne pas mourir de solitude, elle est ce qui rend les luttes habitables, ce qui permet aux militant.e.s de vieillir sans se dessécher, aux artistes de créer sans se briser, au vivant de rester vivant. "
_Pour la joie_ Une ode à la résistance poétique et politique - Kyemis