06/09/2019
Il y trois jours, une nouvelle étude alertait sur l’étendue de l’imprégnation de la population française aux perturbateurs endocriniens. Six perturbateurs endocriniens sont retrouvés dans l’organisme de tous les français, majoritairement chez les enfants (Bisphénols, phtalates, parabens, éthers de glycol, re**rdateurs de flamme bromés, composés perfluorés). Les concentrations mesurées sont similaires à celles retrouvées chez nos voisins canadiens et américains.
Rappelons que les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui agissent à des concentrations minimes, en mimant, modifiant ou empêchant l’action des hormones naturelles de l’organisme. En plus d’être associée à l’émergence de maladies chroniques, tels que cancers hormono-dépendants (testicules, ovaires, seins), diabète, obésité, et troubles de la reproduction, l’exposition aux perturbateurs endocriniens est associée à une altération du fonctionnement cognitif des enfants. La littérature scientifique des dernières années souligne en effet que l’exposition à ces molécules, pendant des périodes critiques pour le développement cérébral (grossesse et premières années de vie), est associée à une augmentation des troubles du neurodéveloppement et une baisse significative du quotient intellectuel des enfants.
Voici quelques pistes à privilégier afin de réduire l’exposition à ces molécules :
-préférer la consommation de fruits et légumes non traités, bio, locaux et de saison, qui contiennent moins de pesticides.
-éviter les emballages plastiques.
-éviter tous les produits cosmétiques contenant la trace de parfums (déodorants, crèmes, lotions, savons, shampoings, lingettes). La présence de phtalates n’est jamais indiquée sur le flacon car pas obligatoire, mais la mention « parfum » ou « fragrance » signe très souvent leur présence.
-dans la cuisine, privilégier l’utilisation de poêle sans PFOA, et d’ustensiles en bois.
-ne pas chauffer ni conserver les aliments dans des contenants en plastique. Privilégier les contenants en verre.
-ne pas laisser les enfants jouer dans les vignes / les champs. Se tenir éloigner et fermer les fenêtres lors des traitements si vous vivez à proximité d’une zone d’épandage de pesticides.
-aérer souvent votre logement car les perturbateurs endocriniens présents dans le mobilier, les produits électroniques et les revêtements de sol restent en suspension dans l’air de nos intérieurs.
-faire le ménage, enlever très régulièrement les poussières de la maison, qui sont une source majeure d’exposition aux perturbateurs endocriniens. Les études scientifiques mesurent d’ailleurs souvent les polluants dans les poussières domestiques afin d’obtenir une mesure de l’exposition des occupants de la maison.
-ne pas refaire la chambre avant l’arrivée de bébé. Les peintures, les sols en vinyle et le mobilier neuf sont une source importante d’émission de perturbateurs endocriniens.
-préférer l’utilisation de savon noir, bicarbonate de soude et vinaigre blanc aux produits ménagers vendus en grandes surfaces. En plus d’être moins agressifs pour l’environnement et la santé, ils ont l’avantage d’être très efficaces.
-si vous exercez une profession en lien avec l’usage de produits contenant ces molécules, vétérinaires, jardiniers, coiffeurs, menuisiers, agriculteurs, viticulteurs (liste non exhaustive), utiliser un maximum de mesure de protection afin de limiter votre exposition. Pensez à changer vos vêtements et vous laver les mains avant de rejoindre votre domicile. L’exposition sur le lieu de travail engendre une plus grande exposition de l’entourage et une plus grande concentration de ces molécules dans la maison.
Pour la première fois, Santé publique France a mesuré la présence de ces polluants dits « du quotidien » dans l’organisme d’un large échantillon représentatif de la population française.