12/01/2026
Il y a d’abord ce soulagement : plus de murs visibles, plus d’horaires imposés, plus de voix pour dire quoi faire. Un espace s’ouvre. Large. Silencieux.
Au début, cela ressemble à de l’air.
Puis le temps passe. Rien n’oblige, rien ne retient, rien ne pousse. Et peu à peu, cet espace demande quelque chose en retour. Il attend d’être habité. Sans choix, sans désir clairement engagé, la liberté cesse d’être légère. Elle devient une question insistante : qu’est-ce que je fais maintenant ?
Ce qui était ouverture devient poids. Non pas parce que quelqu’un contraint, mais parce que personne ne décide à votre place. L’absence de limites n’apaise plus, elle expose. Chaque possibilité non saisie rappelle une responsabilité évitée. Chaque jour vide ressemble à une injonction muette.
Alors on découvre que la liberté n’est pas un repos, mais un travail intérieur. Elle ne soulage que lorsqu’on y inscrit quelque chose de vivant : un engagement, un sens, même fragile. Sans cela, elle n’est qu’un espace nu, et le vide, à la longue, appuie aussi fort qu’une chaîne.
La liberté psychique est un espace à habiter, non un simple retrait des contraintes. Sans élaboration subjective (désir, projet, sens), la liberté peut devenir source de souffrance. Le travail thérapeutique consiste souvent à aider le patient non pas à « être libre », mais à s’autoriser à désirer et à choisir dans cet espace.