05/02/2026
Deux livres, deux époques, deux pays.
Deux écritures singulières mais une même nécessité : écrire après la mort d’un parent.
Dans L’invention de la solitude, Paul Auster écrit après le décès soudain de son père. Une mort opaque, presque absurde, qui laisse derrière elle des silences, des zones blanches et des questions sans réponse. L’écriture devient alors un espace pour tenter de comprendre, relier et donner forme à l’absence.
Dans La Collision, Paul Gagnier s’inscrit dans une autre temporalité, une autre géographie mais rencontre le même point de bascule : la disparition d’un parent vient heurter le fil de la vie. Là aussi, l’écriture surgit comme un mouvement vital, presque contraint, pour apprivoiser l’inacceptable.
Ces deux textes rappellent combien le deuil ne se vit pas seulement dans l’émotion mais aussi dans la transmission. Écrire, c’est parfois tenter de remettre du sens là où le réel a frappé de manière brutale.
En psychogénéalogie, ces récits résonnent fortement :
ils montrent comment une perte peut réveiller des héritages invisibles, des loyautés silencieuses et des non-dits familiaux. L’acte d’écrire devient alors une manière de se réinscrire dans sa lignée tout en s’en différenciant et de transformer un héritage subi en expérience subjectivée.
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