05/05/2026
La vie nous a appris à être fortes et résilientes.
À tenir, à encaisser, à se relever quoi qu’il arrive.
C’est vrai, la résilience est une force précieuse.
Elle nous a permis de traverser, de nous reconstruire, de continuer malgré tout.
Mais à force de l’ériger en modèle parfois elle devient sournoisement une injonction silencieuse.
Et là, quelque chose se brouille...
On gère. On avance. On assure.
Mais on n’écoute plus.
On étouffe la fatigue.
On fait taire le ras-le-bol.
On minimise ce qui nous pèse.
Parce qu’on est fortes.
Parce qu’on est résilientes.
Sauf que cette force-là, quand elle devient automatique, peut aussi se retourner contre nous.
On continue alors que quelque chose en nous voudrait s’arrêter.
On dépasse nos limites simplement parce qu’on en est capables.
Et la limite, justement, elle n’est pas dans la tête, elle est dans le corps.
C’est cette fatigue qui ne passe pas.
Cette irritation inhabituelle.
Cette perte d’élan.
Cette petite voix qui murmure : “j’en ai marre” mais qu’on fait taire systématiquement.
La vérité, c’est que les femmes les plus fortes et les plus résilientes sont souvent celles qui s’oublient beaucoup trop longtemps.
Alors peut-être que la vraie question, ce n’est pas : “Comment être encore plus forte ?” ou
“Comment être encore plus résiliente ?”
Mais plutôt : “Et si j’arrêtais d’utiliser ma force contre moi-même ?”
Parce que la vraie puissance, ce n’est pas de tout supporter.
C’est aussi : savoir dire non, poser et respecter une limite, s’écouter, s’arrêter même quand on pourrait continuer.
C’est une force plus douce.
Moins visible.
Mais infiniment plus juste.
Et peut-être que la liberté commence là.
Quand on n’a plus besoin de prouver qu’on est forte, ni même résiliente à tout prix,
et qu’on commence simplement à se respecter.
Prenez bien soin de vous ❤️
© Céline Alvarez Ordas