06/01/2026
" Quand on perd un enfant, on perd une partie de soi.
Le cœur se brise… mais ce n’est pas tout.
On perd aussi une part de ses repères, parfois même de ses capacités mentales. Ça peut sembler fou, mais après avoir échangé avec plusieurs parents endeuillés, un constat revient souvent : la mémoire, la concentration, le fonctionnement du cerveau changent.
Parfois, on a l’air ailleurs. Et c’est vrai, on l’est.
Pas parce qu’on ne vous aime pas, pas parce qu’on ne se sent pas bien là où on est.
Juste parce que notre cerveau s’est mis en veille, en mode « pause », pour se protéger. Pour encaisser. Pour survivre.
On peut donner l’impression d’être distrait, froid, ou même absent. Mais souvent, on est simplement en train de repenser à un moment, un souvenir, un manque.
Être fort, ce n’est pas ne jamais craquer.
Et il ne faut pas en vouloir à ceux qui, malgré les années, vivent encore des instants de vide, de nostalgie ou de silence.
Si je partage cela aujourd’hui, c’est parce qu’après beaucoup d’échanges entre parents endeuillés, on réalise que beaucoup de proches prennent de la distance, ne comprenant pas certains silences, certaines erreurs, certains replis.
Ne jugez jamais avec des phrases comme :
« Moi, je n’aurais pas réagi comme ça »,
« Il faut tourner la page »,
« Il faut faire son deuil »…
Non.
On ne fait jamais le deuil de son enfant.
On apprend juste à vivre avec ce manque. À survivre avec cette douleur. À sourire malgré tout. "