23/03/2026
Parler de ses problèmes ne les résout pas.
Il y a 14 ans, une participante à un atelier de coaching me recontacte.
Sa fille, 17 ans 1/2, est devenue au fil des ans mutique, apathique, sous traitements lourds.
Dans 6 mois, elle devra sortir de l'institution psychiatrique pour mineurs qui l'accueille.
Mais elle n’est malheureusement pas en état de vivre dehors, et ses parents sont paniqués.
👉 À l’origine : un traumatisme majeur vécu à 12 ans
👉 Le développement d'angoisses invivables qui l'amènent à la prise en charge psychiatrique
👉 Des centaines de consultations et toujours le même schéma :
parler de ce qu'elle a vécu et le revivre toutes les semaines.
Jusqu’à ne plus pouvoir en parler du tout.
Sa maman me demande :
“Est-ce que vous pouvez faire quelque chose ?”
Je réponds :
"Est-ce que l'expérience traumatique a été prise en charge ?"
Elle me dit qu'on lui fait raconter ce qu'elle a vécu toutes les semaines.
Je suis effarée :
“La priorité, c'est de neutraliser le trauma, ensuite on voit. Je ne sais pas dire jusqu'où je peux l'accompagner, mais je sais que je peux l’aider sans qu’elle ait à parler.”
Et la jeune fille accepte de venir.
1ère séance :
Elle n'etablit aucun contact visuel. Son regard est fixe, hagard.
Je rappelle qu'elle n'est à aucun moment obligée de me parler, et je lui explique le déroulement de la séance.
Quelques signes lents de la tête pour répondre “oui” aux questions que je lui pose, pour m'assurer de sa compréhension et de son accord.
C’est tout.
👉 Aucune reviviscence imposée
Je guide la séance hypnotique de neutralisation et elle repart comme elle était venue, avec ses parents.
2ème séance :
Mêmes conditions et même cadre maintenus pour son confort.
Je constate qu'elle me regarde un peu et qu'elle regarde aussi le décor et les objets dans la pièce.
À la 3ème, elle me regarde franchement en entrant, et se met à parler une fois installée dans le fauteuil.
Pas du passé.
D’elle.
De ce qu’elle ressent.
De ce qui revient.
Puis je lui pose une question simple, mais que je sais difficile :
“Et maintenant, tu veux faire quoi de ta vie ?”
Silence.
Parce que depuis longtemps, il n’y avait plus de futur, et à peine un présent.
Les 3 séances suivantes vont être dédiées à retrouver :
✔ De l’élan
✔ Du désir
✔ Une projection
6 séances au total.
👉 Elle reparle
👉 Elle rit
👉 Elle se remet en mouvement
Je la vois même changer physiquement, dans sa façon de s'habiller et de s'apprêter.
Et surtout, elle choisit :
✨ Une formation
✨ Un projet professionnel
✨ De porter plainte contre son agresseur
Chaque jour, dans ma pratique, je vérifie que :
👉 On n’a pas jamais besoin de revivre une expérience traumatique pour en guérir.
👉 Parler n’est pas toujours le point de départ.
👉 Et parfois le respect du silence est déjà une réparation.