Xavier Pommereau

Xavier Pommereau On y apprécie le sens des mots, on y écoute parfois du blues-rock qui a fait ses preuves, et on partage des valeurs simplement humaines...

Souvenirs de mon CM2 d’une autre époque…Une classe de trente garçons.Pas de mixité.Des pupitres en bois, chacun avec son...
17/04/2026

Souvenirs de mon CM2 d’une autre époque…

Une classe de trente garçons.
Pas de mixité.
Des pupitres en bois, chacun avec son encrier en porcelaine qu’il faut remplir chaque semaine.
Nous écrivons au porte-plume.
Une pointe fine qui accroche le papier, s’use, se change.

Le maître trône derrière un large bureau caisson. Massif. Incontournable.

Sur son bureau, une boîte métallique de pastilles Pulmoll. Ronde, pas comme l’illustration graphique que m’offre l’IA.

Pas des bonbons au sens habituel.
De grosses lentilles épaisses, marron ambré, un peu translucides, au goût étrange, entre sucre caramélisé, eucalyptus et anis.
Quelque chose de presque médicinal « pour soigner la gorge ».

Dans cette classe, pas de bons points.

Un bon devoir vaut une pastille.
Un très bon devoir : deux pastilles.
Alors là, c’est la consécration.

Il faut se lever, monter sur l’estrade, et tendre la main. Recevoir… et sentir la classe vibrer d’envie.

Par contre, gare au cahier souillé par une tache d’encre, au bavardage ou au yo-yo sorti en douce.

Convocation… et le geste qui condamne. On doit filer sans broncher sous le bureau du maître, dans l’odeur de vieux cuir de ses gros souliers. Et y rester accroupi, sans bouger, sans chuchoter.

Sinon, les chaussures interviennent. Directement dans les côtes.

Que fait-on, là-dessous, en silence ?

Avec la petite lime du canif, on agrandit lentement un trou dans le bois.

À l’insu du maître.
À l’abri des regards.

Un geste minuscule. Patient. Inutile en apparence.

Mais un acte de résistance...

On plie.
On obéit.
On se tait.

Mais on ne se rend pas tout à fait.

Le temps qui accélère : constat… et pistes pour ne pas en être otage.1. Le constat : une accélération silencieuseBeaucou...
12/04/2026

Le temps qui accélère : constat… et pistes pour ne pas en être otage.
1. Le constat : une accélération silencieuse
Beaucoup d’entre nous se sentent fatigués, stressés, débordés…
avec ce sentiment diffus que le temps passe de plus en plus vite.
Multi-écrans, multi-tâches : nos journées sont pleines,
les sollicitations constantes, les obligations s’accumulent,
tandis que les notifications fragmentent — ou plutôt « ennuagent » — l’attention.
Nous passons d’un repère calendaire à l’autre, souvent teinté de consommation :
galette des rois, Saint-Valentin, œufs en chocolat…
Une succession de moments à "honorer", presque à cocher.
Nos actions s’enchaînent sans transition.
Et plus nos journées se ressemblent, moins elles laissent de traces.
Le temps n’est plus un espace à habiter, mais une suite de cases à remplir.
Dans une société qui valorise la performance, la réactivité, l’instantanéité,
nous avons appris à remplir le temps plutôt qu’à le vivre.
Or, le temps ne se mesure pas seulement en heures, mais en souvenirs.
Moins il y a de repères marquants, plus la mémoire compacte…
et plus le passé semble filer entre les doigts.
Dans ce contexte, le temps n’est plus habité.
Il est traversé.
Parfois même subi.
On ne se pose plus — de peur de s’ennuyer…
et de se retrouver à scroller sans fin.
Les adolescents n’y échappent pas,
même s’ils conservent encore une part de cette "magie" de l’enfance
où le temps se mesure à l’aune des découvertes et des premières fois.
À l’inverse, la routine adulte donne le sentiment que les années glissent sur nous, comme accélérées.

2. Ne pas devenir otage : quelques déplacements possibles.
Il ne s’agit pas de ralentir le monde.
Mais peut-être de modifier notre manière d’y être.
• Réintroduire des temps non remplis
Des moments sans objectif, ouverts à l’improvisation.
Ce sont eux qui redonnent de l’épaisseur au temps.
• Créer des ruptures dans la répétition
Changer un détail, un trajet, une habitude.
Le cerveau enregistre ce qui sort de l’ordinaire.
• Se réengager dans le réel
La nature, le vivant, le corps.
Autant d’expériences qui ralentissent spontanément le rythme intérieur.
• Pratiquer l’attention pleine
Être réellement présent à ce que l’on fait, même brièvement.
Car lorsque l’on est là, le temps cesse de fuir — il se déploie.
• Limiter la fragmentation numérique
Moins de sollicitations = une expérience du temps plus continue.
• Redonner de la valeur aux moments “inutiles”
Beaucoup d’auteurs le disent : la créativité surgit lorsqu’on accepte de ne penser à rien.
C’est aussi là que se construit le souvenir.

Finalement, la question n’est peut-être pas :
« Comment ralentir le temps ? »
Mais plutôt :
« Comment redevenir présent à lui ? »

Le ventre masculin : entre puissance, contrôle et relâchement.Chez les garçons comme chez les jeunes hommes, le ventre e...
11/04/2026

Le ventre masculin : entre puissance, contrôle et relâchement.
Chez les garçons comme chez les jeunes hommes, le ventre est rarement une zone neutre.
Très tôt, il est pris dans des normes que les réseaux sociaux amplifient à l’excès.
À l’adolescence, les modèles dominants sont sans ambiguïté :
corps secs, muscles dessinés, abdominaux saillants.
Les figures héroïques — omniprésentes — imposent un idéal de maîtrise et de puissance.
Les abdominaux formant la fameuse « tablette de chocolat » (ou « six pack ») deviennent alors bien plus qu’un attribut physique :
ils sont associés à la valeur, à la virilité, à la capacité à se mesurer aux autres.
Pour certains, cette quête reste un jeu identitaire.
Mais pour d’autres, elle peut glisser vers une préoccupation envahissante.
La dysmorphie musculaire — parfois appelée bigorexie ou « anorexie inversée » — en est une forme extrême.
Le corps n’est jamais assez musclé, jamais assez sec.
L’insatisfaction devient permanente.
Elle peut conduire à :
• une pratique sportive compulsive,
• des régimes stricts,
• le recours à des compléments, voire à des substances dopantes.

Même sans basculer dans le trouble, cette pression diffuse marque durablement le rapport au corps de nombreux adolescents.

Puis, avec le temps, un autre mouvement s’installe.
Le ventre s’arrondit.
Souvent sans prise de poids spectaculaire, mais avec une redistribution progressive des graisses vers l’abdomen.
Plusieurs facteurs s’entrecroisent :
• ralentissement du métabolisme,
• perte de masse musculaire,
• baisse progressive de la testostérone,
• évolution des modes de vie.
Contrairement aux femmes, les hommes stockent préférentiellement la graisse au niveau abdominal.
« Avoir du bide » — abréviation très familière de « prendre du bidon », avec l'influence de « bedon », donc du ventre, devient alors un marqueur à la fois esthétique et métabolique, avec les conséquences cardiovasculaires que l’on sait.
Certaines données récentes suggèrent même qu’au milieu de la vie, de nouveaux adipocytes pourraient apparaître dans cette région, indépendamment des seuls comportements alimentaires.

Ainsi, le ventre masculin raconte, lui aussi, une histoire.
Celle d’un corps sommé, d’abord, d’être dur, maîtrisé, performant.
Puis celle d’un corps qui, progressivement, échappe à ces exigences.
Entre ces deux pôles, beaucoup d’hommes oscillent :
entre exigence et renoncement,
entre maîtrise et acceptation.
Car, là aussi, le ventre n’est pas qu’une affaire de silhouette.
Il devient un indicateur :
• de la puissance attendue,
• du temps qui passe,
• et du rapport que chacun entretient avec son propre corps.
Peut-être, finalement, que femmes et hommes sont traversés par une même question :
que fait-on de ce corps qui échappe — au regard, au temps et au contrôle ?

Le ventre féminin : entre norme, contrôle et langage du corps.Chez les patientes souffrant de troubles des conduites ali...
05/04/2026

Le ventre féminin : entre norme, contrôle et langage du corps.
Chez les patientes souffrant de troubles des conduites alimentaires, une constante clinique s’impose : la focalisation sur certaines zones du corps.
Le ventre et les cuisses deviennent des territoires de surveillance quasi permanente.
Mais ce phénomène dépasse largement le champ des TCA.
Dans la population générale, dès l’adolescence, une grande majorité de femmes exprime le désir d’un ventre plat.
Les représentations idéales sont éloquentes : des formes sont tolérées — voire valorisées — pour les seins ou les fesses, mais le ventre, lui, devrait rester « plat ».
Certaines femmes vont jusqu’à contracter leur abdomen en public, comme pour corriger en permanence ce qu’elles considèrent comme un « défaut ».
De profil, un ventre perçu comme « gonflé » est souvent considéré comme disgracieux — sauf dans le cas particulier de la grossesse, seule situation où cette rondeur est valorisée.
De face, l’expérience est tout aussi parlante : l’apparition de plis en position assise, pourtant physiologique, est vécue comme une anomalie.
Et nombreuses sont celles qui constatent — avec inquiétude — un ventre plus plat le matin, puis plus distendu le soir. Or cette variation est normale : elle tient à la digestion, aux fluctuations hormonales, à la rétention hydrique, et plus largement aux rythmes circadiens.
Anatomiquement, enfin, le ventre féminin n’a pas vocation à être parfaitement plat.
La présence de l’utérus, de la vessie et des anses digestives induit une légère voussure naturelle.
Exiger sa disparition revient, en réalité, à lutter contre la physiologie elle-même.
Mais au-delà de ces éléments biologiques et esthétiques, une autre lecture s’impose.
Le ventre est une zone singulière du corps féminin.
Un carrefour.
Carrefour de la digestion — lieu de transformation et d’assimilation.
Carrefour de la sexualité — espace d’excitation, de désir, parfois d’angoisse.
Carrefour de la gestation — potentiel de vie, réel ou symbolique.
Cette région est aussi au cœur de l’intéroception, c’est-à-dire de la perception des états internes du corps.
C’est là que se ressentent le stress, l’attente, le trac... ou ces fameux « papillons dans le ventre ».
Dès lors, vouloir un ventre parfaitement plat, immobile, silencieux...
n’est-ce pas aussi, parfois, tenter de neutraliser ce qui, en soi, déborde, transforme, ou échappe au contrôle ?
On peut même faire l’hypothèse que certaines adolescentes, en exposant un ventre plat à travers les codes vestimentaires contemporains, mettent en scène — sans nécessairement en avoir conscience — une forme de distance vis-à-vis du corps maternel et de ce qu’il représente.
Dans cette perspective, le ventre ne serait pas seulement affaire d’esthétique.
Il deviendrait le lieu d’une tension plus profonde :
entre maîtrise et lâcher-prise,
entre visibilité et effacement,
entre corps biologique et corps symbolique.

À quoi jouent ces trois jeunes ?La scène pourrait sembler anodine : une préparation de fête, des ballons à gonfler, quel...
27/03/2026

À quoi jouent ces trois jeunes ?
La scène pourrait sembler anodine : une préparation de fête, des ballons à gonfler, quelques rires…
Et pourtant.
Le protoxyde d’azote — plus connu sous le nom de « gaz hilarant » — s’est installé en quelques années dans les pratiques festives des jeunes. Son usage détourné consiste à inhaler le gaz à l’aide d’un ballon, après avoir « cracké » une cartouche.
En France, près d’un jeune sur 7 (18–24 ans) a déjà expérimenté ce produit. Une minorité non négligeable en fait un usage répété.
L’image reste celle d’un produit « léger », accessible, presque anodin.
Mais les données récentes de vigilance sanitaire racontent une autre histoire.
Le nombre de signalements liés à ce gaz a été multiplié par trois en quelques années, avec une augmentation nette des formes graves.
Les complications sont loin d’être anodines — certaines peuvent être irréversibles :
• troubles neurologiques fréquents (fourmillements, faiblesse, troubles de la marche),
• atteintes médullaires parfois sévères,
• troubles psychiatriques,
• complications hématologiques ou vasculaires,
• et, plus récemment, des atteintes chez des nouveau-nés exposés pendant la grossesse.
Dans plus de 80 % des cas signalés aujourd’hui, il existe une atteinte neurologique.
Le point clé est là : dans certaines trajectoires, l’usage occasionnel et « récréatif » devient répété, voire quotidien, avec des consommations importantes toxiques — bien loin du ballon festif.

Faut-il pour autant interdire totalement sa vente ?
La question est moins simple qu’il n’y paraît.
Ce gaz a des usages légitimes — médicaux et culinaires notamment — et une interdiction totale serait difficile à mettre en œuvre, et probablement contournée.
Mais il devient de plus en plus difficile de soutenir que sa large accessibilité au grand public se justifie encore pleinement.
L’argument de la chantilly ne peut suffire face à la progression des complications observées.
Entre banalisation et prohibition, une voie s’impose sans doute :
réduire l’accessibilité banalisée, mieux encadrer les volumes et les circuits de distribution, et surtout informer — sans dramatiser, mais sans minimiser.
Car derrière ce produit perçu comme sans conséquence se cache une réalité clinique bien différente :
— un effet bref, mais des atteintes parfois durables,
— une expérimentation fréquente, mais des usages qui dérivent,
— une apparente innocuité… jusqu’au moment où le corps parle.
Il est sans doute temps d’aller plus loin :
réserver la vente de protoxyde d’azote à des usages identifiés — professionnels ou médicaux —
et sortir de sa banalisation en grande distribution.

Dans nos villes, les tags prolifèrent.Signatures cryptées, slogans, insultes, messages codés…Ils agacent, dégradent, inq...
22/03/2026

Dans nos villes, les tags prolifèrent.
Signatures cryptées, slogans, insultes, messages codés…
Ils agacent, dégradent, inquiètent parfois.
Beaucoup de ces inscriptions sont le fait de jeunes hommes.
Et si certains garçons écrivaient sur les murs ce que d’autres adolescents inscrivent sur leur peau ?
Chez les adolescentes, l’expression de la souffrance passe souvent par le corps :
scarifications, troubles alimentaires, attaques contre soi.
Chez les garçons, elle trouve plus volontiers des voies où le corps devient vecteur d’actions extériorisées :
passages à l’acte, conduites à risque… ou marquage de l’espace.
Le tag devient alors :
• une trace laissée dans un monde où l’on se sent invisible,
• une tentative d’exister aux yeux des autres,
• une appropriation d’un territoire quand on ne se sent chez soi nulle part,
• une signature identitaire à défaut de parole possible.
C’est une écriture qui dit :
« Je suis là »
« J’existe »
« Je laisse une trace »
Bien sûr, il ne s’agit pas de romantiser la dégradation de l’espace public.
Ni de réduire les différences filles/garçons à des caricatures.
Mais peut-être de rappeler ceci :
Quand les mots manquent,
le corps propre ou le corps social deviennent des surfaces d’inscription.
La peau ou le mur.
Deux lieux pour tenter de déposer ce qui ne peut se dire.
Lorsque le tag est calligraphié, les lettres se tordent, s’imbriquent, explosent, débordent du cadre.
L’écriture bascule vers le dessin — une esthétique du geste, jamais neutre :
rapide, clandestin, sous tension.
On y voit la fulgurance, l’urgence, parfois la précipitation —
comme si la limite elle-même faisait partie de l’œuvre.

Souvent relégué aux marges, sur des friches ou des espaces abandonnés,
comme pour exister là où plus personne ne regarde ou ne vit.
Reste alors une question collective :
que faisons-nous de ces traces ?
Les effacer est nécessaire lorsque l’espace commun est dégradé.
Mais effacer ne suffit pas.
Car derrière ces marques, il y a moins une volonté de nuire
qu’un besoin de s’inscrire.
Peut-être nous faut-il alors penser des lieux, des cadres,
où cette énergie puisse se transformer —
passer de la trace clandestine à une forme d’expression reconnue.
Non pour tout autoriser, mais pour offrir à certains jeunes d’autres surfaces que le mur brut où éprouver leur existence.
social

Chaque année en France, près d’un milliard de repas sont servis dans les cantines scolaires à plus de 12 millions d’élèv...
15/03/2026

Chaque année en France, près d’un milliard de repas sont servis dans les cantines scolaires à plus de 12 millions d’élèves.
Certaines collectivités développent des cuisines locales, en circuits courts, avec des menus co-construits avec les élèves.
Mais le coût réel d’un repas — entre 7 et 10 € — conduit encore de nombreux établissements à déléguer la restauration à de grandes entreprises industrielles.
Résultat : des menus souvent peu attractifs pour les adolescents… et un gaspillage alimentaire estimé entre 20 et 30 % du contenu des plateaux.
Mais le problème est plus profond.
Car la cantine n’est pas seulement un lieu où l’on s’alimente.
Il faut pouvoir y « manger », c’est-à-dire se nourrir en présence des pairs.
À bas bruit, plusieurs dynamiques s’y jouent :
• L’exposition du corps
manger en public signifie être regardé, jugé, comparé. Cela concerne notamment les jeunes complexés par leur corps, anxieux, ou présentant des TCA débutants.
• Le regard du groupe
La cantine révèle souvent une hiérarchie sociale implicite :
tables des populaires, tables des exclus, élèves isolés, adolescents qui mangent très vite pour disparaître.
• Le rapport au contrôle alimentaire
Chez les adolescents souffrant de TCA, la cantine peut devenir un espace de tension extrême :
tri des aliments, évitement des féculents, découpage obsessionnel, lenteur excessive.
• Un moment de relâchement pulsionnel
On parle fort, on se bouscule, on joue avec la nourriture.
La cantine est un espace intermédiaire, situé entre l’école et la récréation.
• Un refuge pour certains jeunes
Pour d’autres adolescents, c’est au contraire un moment structurant :
parfois le seul repas équilibré de la journée, notamment dans les milieux précaires.

Comment mieux articuler trois impératifs :
qualité alimentaire, maîtrise des coûts et fonction éducative ?
Quelques pistes simples :
✔ Relocaliser les cuisines pour réhumaniser ce moment avec des adultes connus des élèves.
✔ Redonner du choix sans augmenter les coûts :
– deux menus simples plutôt qu’un menu imposé
– portions adaptables (petite / moyenne / grande)
– self modulable permettant de refuser un élément.
✔ Adapter les portions à l’âge : les besoins d’un collégien de 11 ans ne sont pas ceux d’un lycéen de 17 ans.
✔ Rendre les menus plus attractifs sans renoncer à l’équilibre nutritionnel : bowls, pâtes, burgers maison, frites (pommes de terre et autres légumes), menus co-construits avec les élèves.
✔ Repenser l’espace social du réfectoire :
zones de tables plus petites, temps de repas moins compressé, espaces réduisant la pollution sonore.
✔ Former les adultes pour repérer les adolescents qui ne mangent pas, comprendre certaines conduites alimentaires et intervenir avec bienveillance.
✔ Lutter contre le gaspillage : pesée des déchets, affichage des résultats, valorisation des excédents.
✔ Faire de la cantine un lieu éducatif : découverte des aliments, éducation au goût, sensibilisation au gaspillage.

La jalousie est un poison naturel dont il faut toujours chercher à se prémunir.On la réduit souvent à la peur de perdre ...
01/02/2026

La jalousie est un poison naturel dont il faut toujours chercher à se prémunir.
On la réduit souvent à la peur de perdre l’autre dans la relation amoureuse, parfois jusqu’au crime passionnel.
Mais sur le plan psychopathologique, elle prend racine bien plus tôt et bien plus profondément.
La jalousie se construit d’abord dans l’intime, au cœur des liens familiaux.
Elle surgit précocement dans la relation au parent et dans la fratrie, autour d’une question centrale :
Qui est le plus aimé ? Qui compte le plus ? Qui a la meilleure place ?
L’enfant découvre que l’amour, l’attention, la reconnaissance ne sont pas illimités.
Voir un frère ou une sœur recevoir ce que l’on désire — regard, tendresse, valorisation, privilèges — provoque une blessure narcissique fondatrice.
C’est là que se noue la rivalité, matrice archaïque de l’envie.
La jalousie naît de cette expérience douloureuse :
l’autre possède ce que je n’ai pas — ou ce que je crains de perdre.
Lorsqu’elle n’est pas symbolisée, élaborée ou contenue, cette envie devient un moteur de destruction :
désir de prendre, d’arracher ou de détruire ce que l’autre possède.
Cette logique ne s’arrête pas à la sphère intime.
À l’échelle collective, peuples, groupes ou nations ne s’affrontent pas seulement pour des ressources matérielles, mais aussi pour :
– la reconnaissance
– la place
– la domination symbolique
– les blessures narcissiques historiques
– les humiliations vécues
La jalousie individuelle se prolonge alors en jalousie collective, qui prend la forme de ressentiment, d’envie sociale, d’idéologies de réparation, et de violences légitimées.

Parents d’adolescent : c’est quoi qui fait mal ? C’est quoi qui met en joie ?Quelle épreuve de vie !  Souvent,  on ne s’...
18/01/2026

Parents d’adolescent : c’est quoi qui fait mal ? C’est quoi qui met en joie ?
Quelle épreuve de vie ! Souvent, on ne s’attend pas à connaître une expérience émotionnelle aussi paradoxale, intense et déroutante, mais toujours engageante.
Ce qui fait mal :
Le deuil de l’enfant d’avant : l’ado n’est plus ce petit qui cherchait la main, dessinait pour ses parents, aimait au coucher qu’on lui lise une histoire.
Le rejet apparent : silences, portes fermées, regards agacés, phrases qui claquent. Même quand on sait que c’est développemental, ça touche l’estime parentale... à l’âge (la quarantaine) où les premiers signes d’usure ou de vieillissement se font cruellement ressentir.
L’impuissance : voir l’ado souffrir, se tromper, chuter… sans pouvoir intervenir comme avant. Apprendre à « être là » sans agir est souvent très douloureux.
La remise en question : l’adolescence met à l’épreuve l’histoire familiale, les failles éducatives, parfois les conflits non résolus.
La peur : peur qu’il aille mal, qu’il se mette en danger, qu’on ne voie pas ce qui se joue, ou qu’on arrive trop t**d.
Ce qui met en joie :
Les moments de grâce imprévus : une confidence t**dive, un fou rire, un trajet en voiture où la parole s’ouvre sans prévenir.
La découverte de l’adulte en devenir : opinions, humour, sens critique, engagements… L’ado devient un sujet singulier, parfois surprenant.
La confiance retrouvée : quand il/elle revient vers vous, non par dépendance, mais par choix.
La fierté de le voir grandir, s’embellir ou capable d’affronter une difficulté, tenir bon, intégrer une limite, faire preuve d’empathie.
Le lien qui se transforme : moins fusionnel, mais souvent plus profond, plus vrai, plus respectueux quand il est préservé.
Comment le vivre au mieux ? Rester souple et disponible, capable de faire des compromis, en sachant que la violence du rejet apparent (et heureusement provisoire) est à la mesure de l’attachement de l’ado. Se souvenir aussi que ce dernier n’appartient à personne et que la seule chose qui compte vraiment est de croire en lui/elle.

On reproche souvent aux adolescents d’« agir sans réfléchir ». Mais l’impulsivité à cet âge n’est ni un simple problème ...
02/01/2026

On reproche souvent aux adolescents d’« agir sans réfléchir ». Mais l’impulsivité à cet âge n’est ni un simple problème d’éducation, ni un fatalisme biologique. Hors trouble neurodéveloppemental, elle résulte d’une rencontre complexe entre un cerveau en pleine réorganisation, des transformations hormonales majeures, une histoire psychique qui se remanie, un environnement parfois instable.
Côté cerveau : un moteur puissant avec des freins encore fragiles. À l’adolescence, les circuits émotionnels (limbiques) deviennent très réactifs, alors que le cortex préfrontal — celui qui aide à planifier, inhiber, anticiper — mûrit plus t**divement. D’où : réactions rapides, attirance pour la nouveauté, difficulté à différer le plaisir, tendance à décider « dans l’instant ».
Côté hormones : à la puberté, les hormones sexuelles modifient la sensibilité des circuits cérébraux. La testostérone augmente l'agressivité, la compétitivité, la sensibilité à la récompense, la prise de risque. Œstrogènes et progestérone influencent la régulation émotionnelle, avec des fluctuations possibles d’irritabilité, d’hypersensibilité, parfois d’impulsivité.
Côté psychique : l’acte court-circuite la pensée. Nombre d’adolescents ont du mal à nommer et symboliser leurs émotions. Quand les émotions débordent, l’acte surgit pour calmer, évacuer, tester, appeler. L’impulsivité fonctionne alors comme une protection contre l’angoisse, une tentative de reprise de contrôle, parfois une adresse implicite à l’autre : « vois-moi, aide-moi à me contenir ».
Quand doit-on s’inquiéter ?
- passages à l’acte répétés (auto- ou hétéro-agressifs),
- conduites addictives, troubles alimentaires, mises en danger inconsidérées,
- anxiété, dépression, isolement, idées suicidaires.
L’impulsivité devient alors le symptôme d’une souffrance indicible, pas un simple trait de caractère.
Comment réagir, concrètement ? Se souvenir d’abord que tout adolescent est « épidermique » par nature : une part d’impulsivité fait partie du développement normal ; ce qui doit inquiéter, c’est la répétition, la souffrance, ou la mise en danger. En cas de tension aiguë, l’objectif n’est pas de prendre le dessus : c’est d’abord de faire redescendre l’intensité. En situation de conflit ouvert, ne jamais chercher l’affrontement « à chaud », éviter de crier et d’adopter une position de combat avec réduction de la distance interpersonnelle à moins d’un bras et demi, surtout dans un endroit dangereux (cuisine, balcon, chantier, etc.). S’asseoir et inviter l’ado à faire de même (on ne se bat pas assis), rester calme et s’exprimer doucement. Ne pas chercher à « faire parler » l'ado comme dans un interrogatoire. À froid, l’aider à mettre des mots sur ce qu’il/elle a ressenti (colère, injustice, jugement, etc.). D’une manière générale, donner un cadre clair et sécurisant : la limite contient, elle ne doit pas humilier.

De nos jours, c’est un phénomène sociétal qui concerne jeunes et vieux, mais les enfants et adolescents s’y livrent avec...
20/12/2025

De nos jours, c’est un phénomène sociétal qui concerne jeunes et vieux, mais les enfants et adolescents s’y livrent avec une insouciance apparente confondante : lorsqu’on les croise sur un trottoir, ils ne dévient pas de leur trajectoire à notre passage.
Comment expliquer cela ? On peut utilement mobiliser les travaux d’Edward T. Hall sur la proxémie, c’est-à-dire la manière dont les individus organisent inconsciemment l’espace autour d’eux.Traditionnellement, marcher sur un trottoir impliquait une négociation implicite de l’espace, une anticipation de l’autre,un léger déplacement corporel réciproque (micro-ajustement). Or, chez beaucoup de jeunes aujourd’hui, on observe une non-négociation de l’espace partagé : « Je suis là, je continue, à l’autre de se pousser. » L’espace public n’est plus vécu comme relationnel, mais comme un couloir individuel. Il ne s’agit pas d’un simple manque de politesse, mais d’une « egocentration » incarnée, plus perceptive que volontaire : l’espace devient une extension du Moi, non un espace commun, l’autre est perçu t**divement, parfois seulement au moment de l’impact potentiel. L’hyper-connexion (smartphone, écouteurs, scroll permanent) contribue à ce phénomène, par réduction drastique de l’attention périphérique,dissolution du champ social immédiat, instauration d’une sorte de bulle perceptive. Le trottoir devient un décor traversé, non un espace partagé. L’autre est une interférence, pas un sujet.
Que faire ? La question éducative n’est pas de « réapprendre la politesse » au sens moral, mais de réintroduire du tiers, du commun et du perceptif dans des corps devenus trop autocentrés. En réintroduisant notamment très tôt des microcodes explicites là où régnait l’implicite, et en encourageant les activités qui exigent une coordination spatiale avec autrui (sports collectifs, danse, théâtre, arts martiaux). Mais ne faudrait-il pas d’abord nous remettre en question lorsque nous transmettons aux jeunes nos propres incivilités ?

Le lien souvent observé entre vomissements provoqués (le plus souvent dans la boulimie nerveuse) et scarifications à l’a...
14/12/2025

Le lien souvent observé entre vomissements provoqués (le plus souvent dans la boulimie nerveuse) et scarifications à l’adolescence est profond, structurant et non fortuit. Il ne s’agit pas d’une simple comorbidité, mais de modalités différentes de régulation par le corps. Celui-ci devient le lieu de décharge quand la pensée fait défaut. Chez l’adolescent(e) concerné(e), on observe souvent une défaillance de la mentalisation, une difficulté à symboliser les affects (honte, colère, vide, angoisse), une pauvreté des représentations internes dans les moments de tension.
Le corps devient alors l’espace d’expression privilégié du conflit psychique.
Vomir = expulser ce qui fait trop, ce qui envahit, ce qui échappe à tout contrôle.
Se couper = faire sortir la douleur psychique et lui donner une forme physique visible, contrôlable.
L’une et l’autre de ces formes d’expression ont une fonction anxiolytique immédiate mais brève, suivie de honte, culpabilité, dégoût de soi, renforçant la répétition du comportement.
On est dans une logique addictive comportementale, centrée sur le corps comme régulateur.
Il s’agit aussi de mettre des limites là où les limites internes sont défaillantes, car ces conduites traduisent souvent : une porosité des limites Moi / non-Moi, une difficulté à sentir ce qui commence et ce qui finit en soi, un besoin de restaurer une frontière « dedans / dehors ».
C’est également une mise en scène de la haine de soi et de la culpabilité. Ces deux conduites s’inscrivent souvent dans un fond dépressif : estime de soi effondrée, sentiment d’être mauvais(e), toxique, indigne.
Vomir punit un corps vécu comme coupable d’avoir mangé.
Se scarifier punit un corps vécu comme défaillant ou haï.
Le corps devient objet de sanction, parfois de sacrifice.
Paradoxalement, ces actes donnent un sentiment de maîtrise, une illusion de toute-puissance corporelle, dans des contextes de vie marqués par l’impuissance, l’intrusion, la dépendance relationnelle.
La scarification peut précéder la boulimie, l’accompagner, ou la remplacer temporairement — et inversement.
Implications cliniques majeures :
La coexistence vomissements / scarifications est un marqueur de gravité.
Elle signe une souffrance psychique intense, souvent silencieuse.
Elle impose :
- une approche intégrative (psychodynamique, TCC, familiale),
- un travail sur la mentalisation,
- la restauration de limites internes,
- et la recherche d’outils alternatifs d’auto-régulation.

Adresse

73 Rue De Ségur
Bordeaux
33000

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Lorsque manger devient un enfer...

L’adolescent souffrant de TCA pique du nez dans son assiette, la tête envahie par mille et une obsessions... Ses parents ne savent plus que faire, ils ont tout essayé : menaces, promesses, souplesse... La table familiale est devenue un champ de bataille et TOUS souffrent non seulement de la situation mais de la culpabilité et de l’incompréhension de leur entourage. TOUS ont besoin d’aide. Mon métier de psy m’a appris l’importance de la sincérité en toutes choses et m’a convaincu que toute personne en détresse peut s’en sortir si on parvient à l’aider à trouver puis à utiliser ses compétences propres, au lieu de penser qu’il faut le stimuler en lui pointant ses insuffisances. Cette conviction est à la base de ma philosophie du soin... C’est le sens que je donne aux prises en charge ambulatoires que je propose en cabinet : 05 57 65 02 61 ainsi qu’à l’hôpital de jour pour les 16-25 ans souffrant de troubles des conduites alimentaires de la clinique Béthanie : contact.hdj-tca@clinique-bethanie.fr

tél 05 56 84 81 76

contact@pommereau.fr

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