06/03/2026
Cher journal pas très intime,
Oui, l’assmat prend presque chaque année son fusil et son appeau à parents pour aller chasser le contrat. C’est vrai. Parce que bon, M6 a beau dire qu’on gagne genre 17000E par mois, faut aller au turbin quand Bambino part à l’école. Alors j’reçois des gens, des jeunes tu sais, le genre qui a pas encore été chercher son ado au commissariat et qui croient en un avenir radieux. J’reçois plein de mails aussi, des contacts qu’on s’fait… Mais le truc agaçant dans ma branche c’est le « Bon et bien nous avons eu notre place en crèche donc voilà nous n’aurons pas besoin de vous, hi hi. » et son p’tit frère, le « Bah on n’a pas eu notre place en crèche alors on se renseigne sur les assmats. » avec l’enthousiasme d’un couple condamné à la médiocrité du salon de cette feignasse de nounou qui fait rien qu’à regarder Amour, gloire et beauté à la téloche…
Oui, c’est vrai, on vous vend, on NOUS vend le miracle de la sociabilisation magique en crèche, le graal pour que Jean-Killian devienne le roi de la récré dès la p’tite section. Et n’importe quel parent, moi le premier, signerait pour ça. Oui, mais… entre bobards et réalités, il y a parfois un monde que Victor Castanet a un peu trop franchi donc j’le citerais pas mais voici quelques arguments qui pourraient peut être vous faire réfléchir sans enfoncer les collègues de la collectivité :
Number 1 : Les pros qui bossent là-bas sont des héros, mais pas des sorciers qui auraient un don d’ubiquité (oui j’avais pour objectif de caser ce mot dans un texte un jour, je suis fier de moi) Avec un ratio de 1 à 5 ou même 1 à 8, on fait difficilement de la pédagogie et du cas par cas. On fait surtout de la gestion de flux. On court entre couches et bibs pendant que la chorale des p’tits ch(i)anteurs à la croix de bois entame un Bohemian Rapshody plutôt fort et assez faux.
Number 2 : Dans une structure de 40 petites têtes blondes, brunes, rousses et tout ce que vous voulez, le doudou de Jean-Killian est un numéro, pas un doudou libre. Chez l’assmat il est aussi connu et important que l’accueilli. L’assmat parle à l’oreille des doudous ! J'exagère un peu ? Bon, peut être, mais j’ai pas dit que j’étais totalement de bonne foi non plus.
Number 3 : On n’est pas tous programmés pour vivre en collectivité à 20, 30 ou 40. Moi par exemple, tu pourrais me coller en crèche, j’te garantie qu’ça m’rendrait pas plus sympathoche ni qu’j’aurais des meilleurs rapports de voisinage. A 6 mois, un an, on a besoin d’exclusivité, de bras. La sécurité se construit dans le calme et l’attention individuelle.
Number 4 : La crèche ne puise pas ses origines dans le désir ni le besoin de faire de JK un petit être sociable en fait… La crèche collective a été inventée pour que vous puissiez aller bo**er avec Jocelyne de la compta. C’est un besoin socio économique, pas un besoin d’enfant, même si la crèche est potentiellement très bien.
(Mambo) Number 5 : Avant 18-24 mois, la vraie sociabilisation, c’est d’avoir un adulte référent qui a le temps de capter chaque micro-signe. C’est ce que je fais chez moi, c’est ce que n’importe quel(le) bon(ne) assmat fait, loin des clichés de la nounou qui prend son café tranquillou. T’a bien compris qu’je blaguais quand je faisais genre que je foutais rien, hein ? t’as compris ? Hein ? Dis ?
Alors, il ne s’agit pas pour moi de c*ier sur mes collègues de la crèche (bon en même temps ils se gênent pas toujours…) mais de dire que nous les assmats, on n’est pas juste un plan de secours, une solution par défaut qu’on accepte parce que Mamie est partie en croisière… Alors réjouissez-vous plutôt de l’abondance de modes de gardes différents et complémentaires qui sont à votre disposition et soyez enthousiastes de savoir que quelque part près de chez vous il y aura forcément une solution qui conviendra à votre enfant et à vous.