Valérie Lévy-Neumand Psychologue Bourgoin

Valérie Lévy-Neumand Psychologue Bourgoin Psychologue clinicienne
Centre Médical La Grive
3 rue des castors
38300 Bourgoin

Formatrice santé

Ne jamais cesser de penser, questionner, elaborer... Jamais... L'espace thérapeutique est un havre pour cela... https://...
23/02/2026

Ne jamais cesser de penser, questionner, elaborer... Jamais... L'espace thérapeutique est un havre pour cela... https://www.facebook.com/share/p/1AxS5vwdTo/

Elle nous avait prévenus il y a 70 ans : le véritable danger n’est pas de faire croire des mensonges aux gens — c’est de leur faire abandonner totalement la vérité. Hannah Arendt était une philosophe politique née en Allemagne, qui a survécu à la montée du n**isme, a fui l’Europe et a consacré le reste de sa vie à comprendre comment des sociétés civilisées peuvent sombrer dans des cauchemars totalitaires. En 1951, elle publia Les Origines du totalitarisme, une œuvre qui reste aujourd’hui d’une troublante actualité.

L’idée centrale d’Arendt était la suivante : les systèmes totalitaires ne réussissent pas en convainquant les gens de leur idéologie. Ils réussissent en détruisant la capacité des individus à penser tout court.

Dans l’une de ses observations les plus célèbres, elle écrit :
« Le sujet idéal du régime totalitaire n’est pas le n**i convaincu ni le communiste convaincu, mais des personnes pour lesquelles la distinction entre fait et fiction (et entre vrai et faux) n’existe plus. »

Relisez cela.
Le but n’est pas la croyance — c’est la confusion.
C’est l’épuisement.
C’est rendre les gens tellement submergés par des affirmations contradictoires, tellement ensevelis sous les mensonges et les contre-mensonges, qu’ils abandonnent simplement l’effort de savoir ce qui est réel.

Quand on ne peut plus distinguer la vérité du mensonge, on ne peut plus distinguer le bien du mal. Et quand cela arrive, on devient facile à contrôler — non pas parce qu’on a été convaincu, mais parce qu’on a cessé de penser par soi-même.

Arendt avait compris quelque chose d’essentiel : l’éducation totalitaire ne consiste pas à endoctriner — elle consiste à détruire la capacité même de former des convictions. Si les gens ne croient plus en rien, ne questionnent plus rien et ne font plus confiance à rien, ils ne résisteront à rien. Ils dériveront, engourdis et passifs, pendant que le monde autour d’eux s’assombrit.

Dans son essai ultérieur Vérité et politique (1967), Arendt a exploré la manière dont les mensonges fonctionnent dans les systèmes politiques. Elle observait que le mensonge constant et omniprésent ne se contente pas de diffuser des faussetés — il érode le concept même de vérité. Quand tout est contesté, quand chaque fait est rejeté comme partisan, quand la réalité elle-même devient une question d’opinion, alors la vérité perd totalement son pouvoir.

Et quand la vérité n’a plus de pouvoir, ni la justice, ni la morale, ni la dignité humaine n’en ont non plus.

Arendt a vu cela se produire en temps réel dans l’Allemagne des années 1930. Elle a observé comment les n**is ne se contentaient pas de mentir — ils créaient un environnement où le mensonge devenait si constant, si écrasant, que les gens ordinaires cessaient de se soucier de ce qui était vrai. Ils devenaient engourdis. Cyniques. Détachés. Et dans cet engourdissement, les atrocités devenaient possibles.

Elle n’a pas écrit cela pour attribuer des fautes, mais pour lancer un avertissement :
Cela peut arriver n’importe où.
Cela peut arriver à n’importe qui.

Tout commence non par la violence, mais par la destruction progressive de notre capacité à distinguer la réalité de la fiction.

Alors que faire ?

Arendt pensait que la réponse résidait dans ce qu’elle appelait « penser ». Pas seulement absorber des informations, mais s’y engager activement. Questionner. Réfléchir. Considérer plusieurs perspectives. Refuser les réponses faciles ou les explications simplistes.

Elle écrivait :
« Le révolutionnaire le plus radical deviendra conservateur le lendemain de la révolution. »

Autrement dit : dès que nous cessons de penser de manière critique, dès que nous acceptons un récit sans le questionner — même un récit avec lequel nous sommes d’accord — nous avons déjà perdu.

Le totalitarisme ne s’annonce pas avec des bottes militaires et des chars. Il commence silencieusement, dans l’érosion progressive de notre capacité à savoir ce qui est réel. Il prospère dans le cynisme, l’épuisement et l’idée que « tous les politiciens mentent », ou « on ne peut faire confiance à personne », ou « qui sait ce qui est vraiment vrai, de toute façon ? »

Cette résignation — cet épuisement — est exactement ce contre quoi Arendt nous mettait en garde.

Hannah Arendt est morte en 1975, mais son avertissement résonne encore :
Protégez votre capacité à penser.
Exigez des preuves.
Distinguez les faits des opinions.
Ne laissez pas le flot de mensonges vous faire abandonner la vérité elle-même.

Parce que dès que vous cessez de vous soucier de ce qui est vrai, vous avez déjà perdu tout ce qui compte.

Le combat ne consiste pas seulement à croire aux bonnes choses.
Il consiste à refuser de cesser de penser.

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16/02/2026

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La procrastination peut parfois être comprise comme une réponse psychique liée au trauma. Lorsqu’une personne a vécu des expériences marquées par l’insécurité, l’échec, la honte ou l’impuissance, certaines tâches peuvent inconsciemment réactiver ces affects anciens.

Remettre à plus t**d devient alors une manière de se protéger d’une tension interne trop forte : peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur, ou de revivre une sensation de débordement.

Ce n’est pas seulement un manque de volonté, mais souvent une stratégie d’évitement face à une charge émotionnelle enfouie.

Le corps et le psychisme ralentissent, figent ou détournent l’action pour éviter une souffrance déjà connue.

Ainsi, derrière la procrastination, on retrouve parfois l’empreinte d’un passé où agir n’était ni sûr, ni soutenu, ni reconnu.

Dans une société technocratique voir néolibérale comme la notre.actuellement qui est centrée sur la performance, la rapidité et l’optimisation permanente, la procrastination liée au trauma devient encore plus difficile à comprendre et à accueillir. Elle est souvent perçue comme un défaut, un manque de discipline ou d’efficacité, alors qu’elle peut être l’expression d’un système nerveux saturé qui tente de se protéger.

L’injonction constante à produire, décider et avancer laisse peu de place aux temps de latence psychique pourtant nécessaires pour intégrer, réparer ou se sécuriser intérieurement.

Le décalage se creuse alors car plus la société exige de maîtrise et de rendement, plus la personne traumatisée peut se sentir en échec, ce qui renforce la honte, l’évitement et donc la procrastination.

Ce qui relève d’un mécanisme de survie est ainsi mal interprété dans un environnement qui valorise la performance plutôt que la compréhension des fragilités humaines

Karine Henriquet Psychologue Clinicienne Psychanalyste Psychothérapeute

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