17/02/2026
Monsieur le Ministre,
Je viens de lire votre lettre aux parents.
Et je dois vous poser une question simple, directe, un peu brutale et sans détour :
De qui vous moquez-vous ?
Vous écrivez que l’État ne peut pas tout.
Vous écrivez que l’émotion ne doit pas dicter la réponse publique. Vous stigmatiser les parents. .
Mais pendant ce temps, les enfants et leurs parents, eux, vivent les conséquences de vos inactions.
Dans nos boîtes aux lettres Papillons, les enfants écrivent les violences qu’ils subissent à l’école. Ils écrivent le harcèlement scolaire. Souvent, ils ont déjà parlé. Mais rien n’a changé. Depuis le début de l’année, quatre adolescentes se sont données la mort. Quatre. Et elles avaient parlé !
Nous recevons chaque jour des mails, des messages sur nos réseaux sociaux de parents épuisés, de parents qui ne savent plus vers qui se tourner, qui ont alerté l’école, la direction, l’inspection. Mais qui se heurtent au silence, à la minimisation, à la lenteur d’une machine trop lourde pour protéger vite. Ce ne sont pas des parents démissionnaires.
Monsieur le Ministre, quand l’institution ne répond plus, quand les signalements restent lettre morte, ce n’est plus seulement un dysfonctionnement. C’est un échec systémique. Et pendant que vous expliquez que l’État ne peut pas tout, votre ministère refuse l’agrément à l’association Les Papillons....
Alors oui, de qui vous moquez-vous ?
Des enfants qui VOUS disent qu’ils n’en peuvent plus ? En vain.. Des parents qui VOUS demandent de l'aide ? En vain.. De nous ? Les enfants victimes sont broyés. Les parents qui veulent les aider sont broyés. Et la machine continue.
La protection de l’enfance n’est pas une option budgétaire. Ce n’est pas un paragraphe dans une lettre aux parents. C’est une urgence nationale. Nous n’avons pas besoin de phrases prudentes. Nous avons besoin d’actes courageux. Nous avons besoin que l’institution cesse de se protéger elle-même et commence enfin à protéger les enfants.
Alors je vous repose la question : De qui vous moquez-vous, Monsieur le Ministre ?
Parce que pendant que vous écrivez votre jolie lettre, des enfants souffrent dans vos écoles.
Et eux, ils n’ont pas le luxe d’attendre