03/04/2026
THÈSE DE DOCTORAT DE FIN D’ÉTUDES DE PHARMACIE:
« La gemmothérapie à l’officine », Agathe PATOU
« LA PRODUCTION DES MACÉRATS »
Bonjour,
Voici un des éléments intéressants de la thèse d’Agathe PATOU (ne le sont-ils pas tous?), qui a été demandé par sa maître de thèse : un tableau comparateur de quelques producteurs de macérats, du gros laboratoire, comme Herbalgem, au petit producteur, comme Plantarrée.
C’est l’un des critères qui a motivé nos choix, mais aussi les informations mentionnées sur les sites internet concernant la formulation des macérats, notamment celles correspondant à la question numéro 2: la présence d’un solvant à la place de la glycérine était un critère éliminatoire.
Je ne vais pas me faire des amis, ou je vais perdre quelques membres, mais tant p*s, j’ai connu pire: inutile de polémiquer ici sur le miel, encore moins chauffé (mais pourquoi???), ou du sirop d’agave, qui remplace parfois la glycérine, et serait irritante pour le système digestif, ou que tel ou tel auteur encourage à le faire.
La gemmothérapie, ce n’est pas un concours de pâtisserie, mais une branche de la phytothérapie complexe qui ne tolère aucune fantaisie dans la formulation des solvants, le poids des bourgeons (secs et frais, entiers), le temps de macération (21 jours) et le degré d’alcool à 96˚ (à moins de suivre la table de Gay-Lussac).
Et je ne parle même pas des « producteurs » qui utilisent des excipients comme du jus de citron…!!! Si, si, vous avez bien lu!
C’est en élargissant la lecture d’ouvrages sur la gemmothérapie que l’on se rend compte que cette « préconisation » est marginale et sans véritable fondement, et que modifier un solvant peut porter atteinte à la santé du malade qui utilisera ces macérats.
Et, étonnamment, aucun des producteurs utilisant du miel ou du sirop d’agave n’a analysé ses macérats pour vérifier que les principes actifs étaient bien représentés dans leurs préparations, ou si d’autres, connus ou non, apparaissent dans l’extrait obtenu, et à quel dosage…oui, c’est cher, mais si on veut changer un solvant, on s’assure que ses produits présentent les mêmes qualités qu’un macérat glycériné.
À défaut, on suit les règles: quand il s’agit de santé, il est préférable d’éviter de prendre des libertés sans garanties.
Et il est tout à fait possible d’avoir la traçabilité de la glycérine si on s’adresse à des vendeurs sérieux.
La santé du malade/consommateur est LA priorité avant toute conviction personnelle: les producteurs doivent assumer la responsabilité de leur choix si le malade ne va pas mieux, ou pire, s’il va moins bien. Il est temps d’arrêter de jouer avec la formulation des macérats, comme si c’était une « recette » (comme comme j’ai pu le lire sur des groupes Facebook sur le sujet), et de la modifier au gré des envies du producteur.
Le fait que les macérats soient classifiés comme compléments alimentaires ou en vente libre ne veut pas dire qu’ils sont dépourvus d’effets secondaires ou à l’origine de problèmes de santé s’ils sont mal utilisés, particulièrement les macérats ayant une action hormonale, comme je l’ai déjà expliqué dans plusieurs posts publiés sur ma page (il suffit de descendre mon fil de posts).
Et surtout, les données et les résultats des études cliniques sont obtenus avec cette formule: de nombreux éléments servent de base au conseil, et celui-ci est l’un des plus importants,
Il est déjà assez difficile de connaître (et reconnaître en cours de cure) les effets secondaires de certains macérats, car il y a peu de données issues de la pratique dans les ouvrages, alors si on saute dans l’inconnu, c’est mission impossible.
Comme pour les traitements allopathiques, le changement d’un excipient peut être plus ou moins bien toléré: il en va de même avec les macérats.
Je privilégie toujours la sécurité des personnes que je conseille: j’essaie de sélectionner des producteurs mettant en avant les données scientifiques, chimiques, biologiques et médicales, ou se référant à des auteurs ayant la même approche.
On peut identifier deux grandes écoles de gemmothérapie:
- « l’école franco-belge »: on peut y regrouper des auteurs comme Philippe Andrianne, Franck Ledoux, Gérard Guéniot, Stéphane Boitsard… dont l’approche est plus portée sur l’aspect émotionnel ou la phytosociologie
- « l’école italienne »: on peut citer Marcello Nicoletti, Fernando Piterà Di Clima, Enrica Campanini, Bruno Brigo…qui accordent une plus grande partie de leur travail aux études cliniques, analyses biologiques des macérats et des composés actifs.
Il y a des auteurs en Roumanie et en Allemagne: l’auteure roumaine, Lauren Hubele, se rapproche plus de l’école franco-belge (elle a collaboré avec S. Boist**d), et une autre située en Allemagne, Cornelia Stern, qui est plus proche de l’école italienne, même si les émotions sont bien présentes dans ses conseils.
Personnellement, je suis bien plus en accord avec l’école italienne, qui met en avant les bases scientifiques et la compréhension physiologique des macérats, et cela influence forcément mon choix des macérats et des producteurs.
J’ai beaucoup de respect pour les auteurs du « Précis de gemmothérapie, fondements scientifiques de la méristémothérapie », qui est l’ouvrage le plus sérieux et documenté disponible. Ils ont réalisé un travail colossal pour permettre de connaître tous les éléments biologiques à prendre en compte lors du conseil des macérats.
Et j’apprécie également Enrica CAMPANINI qui, tout en recensant de nombreux résultats d’études cliniques récentes, reste compréhensible par tout le monde…si on parle italien ou si on est à l’aise avec GoogleTranslate ou avec une IA (qui n’existait pas quand je l’ai traduit).
Elle a également un certain esprit d’indépendance vis-à-vis de ses confrères qui me plaît bien…
Pour rappel, les règles de production d’un macérat mère glycériné concentré, tel que le Dr Pol HENRY les a élaborées, sont les suivantes (vous trouverez toutes les informations complémentaires en cliquant sur le lien en fin de post):
- préparation des solvants de macération: l’eau, l’alcool (96°) et la glycérine à parts égales, soit 1/3 chacun. Si l’alcool est à un degré moindre, il faudra modifier le temps de macération selon la table de Gay-Lussac (c’est plus complexe qu’il n’y paraît)
- le macérat mère est réalisé au 1/20e: c’est-à-dire 1 part de bourgeons (ou autre tissu embryonnaire), frais et entiers, pour 19 parts du mélange des trois solvants. Cela veut dire concrètement que: 1 g de bourgeons nécessite 19 g du mélange eau/alcool/glycérine. Il y a une étape à respecter avant la macération, car la dilution à 1/20e dépend du poids des bourgeons « secs »: je vous invite à vous référer aux informations présentes dans la thèse d’Agathe PATOU (lien ci-dessous)
- la macération dure 20/21 jours: au-delà, le taux de tanins, entre autres, peut créer des irritations digestives importantes, et il est difficile de quantifier l’augmentation de certains principes actifs, ou d’autres, non répertoriés
- le contenu est filtré « par gravité », avec une LÉGÈRE pression: donc, pas la peine de tasser le contenu du macérat, ce n’est pas recommandé.
Petite astuce: si le macérat est trouble et très foncé, amer ou âpre, c’est probablement le signe que les bourgeons ont été trop pressés et/ou que la durée de macération a été trop longue. Dans ce cas, il est préférable de ne pas en consommer: ça, c’est bien plus dommageable pour les intestins que ce que pourrait éventuellement faire la glycérine, à moins d’y être tout simplement intolérant ou allergique.
En l’écrivant, je me demande même si le sirop d’agave ou le miel ne sont pas utilisés pour masquer le goût des macérats, dont la production n’était pas conforme aux règles mentionnées ci-dessus.
Mais j’imagine aussi que certains producteurs pensent bien faire et ne se rendent pas compte de l’impact de leur choix sur la santé des personnes qui les utilisent.
Évitez les délais indiquant « minimum X semaines/jours »: il est difficile de faire confiance à un macérat dont la composition est trop floue, surtout si le producteur ne justifie pas son parti pris. À la limite, je préfère « 30 jours » (qui peut se justifier par un degré d’alcool moins important): cela donne un minimum d’informations et de visibilité lors du conseil.
À force de « boycotter » les producteurs ou laboratoires ne respectant pas ces règles, ils devront s’y plier, et il sera plus facile de trouver des macérats « sûrs », en attendant, comme je le souhaite, que la production de M.G. soit légalement encadrée.
Les principes actifs extraits par:
- l’eau: principes actifs hydrosolubles, vitamines hydrosolubles, flavonoïdes hydrosolubles, sels minéraux, tanins, acides hydrosolubles…
- l’alcool: vitamines, alcaloïdes, hétérosides, acides…
- la glycérine: composés aromatiques, phénols, flavonoïdes, cires, gommes, résine…
Il existe, ou plutôt « existait », car elle est très peu utilisée aujourd’hui, une formulation différente, mise au point par Max TÉTAU, connue sous le nom de « macérat 1DH » (ou 1D) dans laquelle il n’y que de l’alcool et de la glycérine, et considérée comme un médicament. En effet, le macérat 1 DH est reconnu par la Pharmacopée française.
Aujourd’hui, c’est la formule dite « M.G. », pour macérat glycériné concentré, considéré comme un complément alimentaire, qui représente la plus grande part du marché des macérats.
Il est également nécessaire de « dynamiser » les macérats tout au long de la macération.
Alors…une fois de plus, il y a un élément auquel je n’adhère pas (la fille pénible!): c’est l’interprétation que certains producteurs, ou des auteurs, ont de cette dynamisation.
En effet, elle serait une « récupération de l’énergie vibratoire », permettant de « transférer l’information électromagnétique »…certains sont même encore plus précis: il faudrait frapper 100 fois le flacon et/ou agiter les bocaux dans le sens des aiguilles d’une montre. Et un flacon simplement posé à côté d’une personne malade agirait quand même (effet placebo?)…
Je sais qu’on découvre tous les jours de nouvelles informations sur les pouvoirs des arbres ou des plantes, et, clairement, être entouré d’arbres fait du bien, ressource, apaise…ils ont des capacités de survie, de communication avec leur environnement ou de proprioception incroyables, c’est indéniable. La phytosocialisation, et même l’historique des croyances ancestrales prônant un lien entre un arbre et des propriétés médicales, peuvent être étudiés afin d’affiner le choix d’un macérat, tout en gardant un certain recul.
Par contre, pour moi, la dynamisation a surtout pour rôle de « décoller » des principes actifs contenus dans les parties les moins accessibles des bourgeons (ils sont quasiment fermés lors de la récolte), et…c’est tout. Je reviendrais volontiers sur mes convictions si des études cliniques prouvent cet aspect vibratoire de la macération. Jusque là, je continue à faire partie de la « team » italienne.
Bref…
Quand nous avons reçu cette demande, nous étions à quelques semaines de la clôture de la thèse: nous avons donc mené cette mission dans l’urgence, et nous n’avons pas malheureusement pas pu envoyer ce questionnaire à tous les producteurs répondant à nos exigences.
Certains interlocuteurs ont été coopératifs et transparents, quand d’autres n’ont pas souhaité nous répondre, nous ont adressé des réponses qui nous ont laissées perplexes ou bien encore se sont rétractés dès qu’on leur posait une question sur un procédé de macération ne respectant pas les règles définies par Pol HENRY.
En tant que consommateur, vous avez le droit de poser des questions sur la fabrication du macérat que vous souhaitez acheter. Si un producteur refuse de répondre et qu’il est incapable de justifier ses choix, passez votre chemin: il en existe qui produisent leurs macérats en ayant conscience de leurs effets sur l’organisme et qui sont soucieux de la santé des consommateurs, ainsi que du respect des principes fondamentaux de la production de leurs macérats.
Ils sont toujours heureux de partager leur métier: un producteur honnête et consciencieux n’a jamais peur des questions qu’on lui pose.
Autre surprise: un petit producteur n’est pas forcément plus responsable et respectueux des principes de fabrication qu’un gros laboratoire. J’ai eu de très bons échanges avec l’un d’eux, et nous avons pu constater, Agathe et moi-même, qu’ils se souciaient de proposer des macérats à des prix abordables, sans rogner sur la qualité.
J’utilise et je conseille leurs macérats sans appréhension.
Je n’ai droit à aucun traitement de faveur ou de réduction ou encore de commission: je tiens à mon indépendance vis-à-vis des laboratoires et des producteurs.
Si, un jour, je constate que leurs macérats ne répondent plus à mes attentes, j’en changerai sans hésitation.
Je publierai des extraits de ces mails, puisque les producteurs savaient que leurs réponses seraient mentionnées dans un document public, et vous vous ferez votre propre avis: si vous avez des questions, je vous invite à contacter directement le/la producteur/ice ou le laboratoire (les liens internet ou mails sont mentionnés dans les tableaux).
Depuis la fin de la rédaction de la thèse, j’ai envoyé ce questionnaire à quelques laboratoires afin d’étoffer le tableau.
Encore une fois, il est impossible de citer tous les laboratoires et/ou producteurs, donc je limite cette annexe à ceux respectant l’usage de la glycérine et des préceptes de Pol HENRY, qui ont été transparents et clairs sur leur méthode de production, et s’appuyant généralement sur les auteurs de l’école italienne.
Je ne pénalise pas ceux qui sont restés un peu vagues sur la localisation précise des lieux de cueillette ou toute autre raison qui font partie de la confidentialité, comme certaines informations commerciales. L’essentiel, par exemple, c’est de savoir que l’origine des matières premières étaient bien indiquées (France ou pays d’origine du producteur européen), qu’elles étaient mises à macérer entre une demi-heure et une heure (approximativement), sur le lieu de cueillette, fraîches et entières, et qu’elles étaient certifiées d’origine biologique.
Par contre, si trop de critères sont modifiés ou si je n’ai pas obtenu de réponse à une question essentielle, notamment sur la durée de macération (le problème le plus fréquent avec le remplacement de la glycérine), je préfère ne pas les conseiller aux personnes que je prends en charge.
De plus, j’ai ajouté:
- le prix des flacons, car cela peut être un critère non négligeable pour les consommateurs, même s’il faut distinguer les taux de matières premières ou l’aspect artisanal de production pouvant justifier un prix plus élevé. Il faudra donc vous référer au tableau ou contacter directement les producteurs pour obtenir plus d’informations et vérifier que les prix n’ont pas augmenté. Je mentionne le prix moyen, en indiquant à quel volume de macérat il correspond
- le lien vers les sites des producteurs/laboratoires en cas de demande d’informations complémentaires.
Comme il est impossible d’utiliser le tableau de la thèse sur Facebook, qui est illisible dans un post, je l’ai divisé en autant de tableaux que de producteurs: un producteur par post.
Nous avons envoyé le même questionnaire aux différents laboratoires mentionnés ci-dessous.
Voici les questions posées :
1/ Quelle est la durée de macération ?
2/ Le macérat est-il bien constitué de : 1/3 d’alcool, 1/3 d’eau et 1/3 de glycérine ?
3/ Quel est le degré d’alcool utilisé ?
4/ Quelle proportion de bourgeons utilisez-vous ?
5/ Utilisez-vous des bourgeons frais, entiers ou hachés ?
6/ Vos matières premières sont-elles « bio » ?
7/ Combien de temps s’écoule-t-il entre la cueillette et la macération ?
8/ Vos fournisseurs se trouvent-ils en France et/ou dans d’autres pays européens ?
9/ Quel est le taux de principes actifs de vos macérats ?
10/ Faites-vous des analyses régulièrement, afin d’assurer ce taux de principes actifs et de leur présence dans vos macérats ?
11/ Avez-vous des ruptures de stock ou des difficultés à produire certains macérats à cause de la raréfaction de certains arbres ou arbustes ?
Post sur la thèse « La gemmothérapie à l’officine », d’Agathe PATOU:
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Bibliographie:
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P.S: il y a eu des bugs lors de la publication: désolée si certaines corrections ou options de présentation n’ont pas été mises à jour lors des enregistrements du post