24/01/2026
Chers patients,
Je partage avec vous aujourd'hui une jolie carte qui ne sert à rien...et la lettre que j'ai adressée au Ministère de la Santé Madame la Ministre Stéphanie RIST concernant l'accès des ostéopathes au Dossier Médical Partagé (DMP). Ce dossier est essentiel pour une meilleure coordination des soins et la sécurité de votre prise en charge.
Malgré notre rôle clé dans les parcours de soins, l'accès au DMP nous est toujours refusé, même lorsque vous, patients, en donnez explicitement le consentement. J'ai donc pris l'initiative de contacter :
Madame la Ministre de la Santé
La Direction Générale de l'Offre de Soins (DGOS)
Les syndicats professionnels (notamment Syndicat Français Des Ostéopathes - SFDO, Registre des Ostéopathes de France, Ostéopathes de France ...)
Le Défenseur des droits, en déposant une plainte pour défendre l'accès des ostéopathes à ce droit fondamental.
À ce jour, Mme Daudé, Directrice Générale de la DGOS, m'a répondu en m'informant que le dossier a été transmis aux services concernés par la gestion du DMP. Parmi les syndicats informés, le ROF (Registre des Ostéopathes de France) ainsi qu'Ostéopathes de France ont répondu et envisagent une action, que j'espère commune, pour faire avancer cette question.
Je vous invite à lire la lettre complète ci-dessous et à la partager. Je vous tiendrai bien entendu informés des suites de cette démarche que j’espère collective.
"Madame la Ministre,
Ostéopathe exerçant en libéral depuis 2007 et élu municipal, impliqué dans les questions de santé et d’organisation territoriale des soins, je souhaite attirer votre attention sur une incohérence persistante entre les objectifs affichés de coordination des parcours de soins et la réalité réglementaire de l’accès au Dossier Médical Partagé (DMP / Mon Espace Santé).
Dans ma pratique quotidienne, je travaille en lien étroit avec des médecins généralistes, pédiatres, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes et autres professionnels de santé. Les patients eux-mêmes expriment fréquemment le souhait que les informations médicales pertinentes (antécédents, imagerie, comptes rendus, traitements en cours) puissent être partagées avec l’ensemble des intervenants de leur parcours, y compris leur ostéopathe, lorsqu’ils estiment que cela est utile à leur prise en charge.
Or, malgré le fait que les ostéopathes soient des professionnels réglementés, intégrés à de nombreux dispositifs territoriaux de coordination (CPTS, plateformes numériques régionales, réseaux ville-hôpital), l’accès au DMP leur est aujourd’hui totalement interdit, y compris lorsque le patient en donne explicitement l’autorisation.
Cette situation n’est pas sans rappeler les difficultés rencontrées par le passé concernant l’accès des ostéopathes aux messageries sécurisées de santé. À l’époque, les mêmes arguments réglementaires avaient été opposés, avant qu’une solution pragmatique et sécurisée ne soit finalement mise en œuvre. Aujourd’hui, l’usage des boîtes mails cryptées est pleinement intégré aux pratiques et contribue efficacement à la coordination des soins, sans que cela n’ait posé de difficultés particulières en matière de sécurité ou de responsabilité.
À titre personnel, nous sommes trois ostéopathes à travailler au cabinet. Nous disposons d’un serveur sécurisé et chiffré sur lequel sont archivés plus de 15 000 documents médicaux, comprenant notamment des examens complémentaires (imagerie, comptes rendus spécialisés, bilans biologiques, courriers médicaux). Ces documents sont systématiquement numérisés à la demande ou avec l’accord du patient, lorsqu’il m’apporte ses examens, dans un objectif unique : améliorer la qualité, la pertinence et la sécurité de sa prise en charge.
Cette réalité de terrain interroge, dans la mesure où Mon Espace Santé repose sur un principe fondamental :le patient est propriétaire de ses données de santé et choisit les professionnels avec lesquels il souhaite les partager.
En tant qu’élu local, je constate également que cette exclusion nuit aux objectifs de décloisonnement des soins, de fluidité des parcours et de sécurité des prises en charge, notamment pour les publics les plus vulnérables (femmes enceintes, nourrissons, patients douloureux chroniques).
Il ne s’agit pas de revendiquer un statut de professionnel de santé au sens du Code de la santé publique, ni un accès équivalent à celui des médecins, mais d’ouvrir une réflexion sur un accès strictement encadré au DMP, par exemple :
• un accès en lecture seule,
• conditionné à un consentement explicite, spécifique et traçable du patient,
• avec réversibilité immédiate,
• et journalisation complète des accès.
Une telle évolution serait cohérente avec les ambitions actuelles du numérique en santé, renforcerait la sécurité des soins et permettrait de mieux aligner le cadre réglementaire avec les pratiques réelles et responsables déjà mises en œuvre par de nombreux professionnels.
Je me tiens naturellement à disposition pour contribuer à toute réflexion, groupe de travail ou expérimentation territoriale qui pourrait être engagée sur ce sujet.
Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma considération respectueuse.
Adrien Ezine
Ostéopathe D.O.
RPPS : 10010300969
Conseiller municipal de JOSSIGNY"
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