15/04/2026
On m'a souvent demandé si mon trouble de stress post-traumatique viens de la violence, des abus,, de la séquestration, des épreuves de la vie, du travail, d avoir trop vu de personnes mourir, souffrir. La réponse est : tout à la fois. Pas d'un seul événement que je pourrais dater mais d'une série continue d'exploitation, de captivité, de violences répétée sur plusieurs années .
Ce que je porte s'appelle un trouble de stress post-traumatique complexe. Il ne vient pas d'un coup de feu unique. Il vient d'une succession de coups dont je ne pouvais pas m'extraire.
J'ai reçu mon diagnostic de TSPT-C à 45 ans. Plus celui de tsa , tdah a spectre autiste asperges. Des annees que avec un trouble de personnalité limite et une anxiété sociale.
Le trouble de stress post-traumatique classique — celui des vétérans, des survivants d'accidents — découle d'un événement circonscrit. Un moment précis où le monde s'est fracturé. Le TSPT-C émerge de traumatismes prolongés, répétés, où la fuite était impossible. Exploitation sexuelle continue. Captivité. Traite de mineurs. Quand le danger ne vient pas une fois, mais qu'il structure l'environnement entier pendant des semaines ou des mois. Quand le système nerveux apprend que la menace n'est pas une exception — c'est la norme.
La différence ne réside pas dans l'intensité. Elle réside dans ce que le trauma a détruit. Le TSPT classique brise le sentiment de sécurité. Le TSPT-C empêche sa construction. Il s'attaque au développement de la personnalité elle-même. C'est pourquoi on reconnaît maintenant qu'il ne suffit pas de traiter les symptômes centraux — les reviviscences, l'évitement, l'hypervigilance. Il faut aussi adresser trois blessures profondes qui touchent à la capacité même de fonctionner comme personne.
La première : je ne régule pas mes émotions, je les subis. Elles ne montent pas graduellement — elles déferlent. Elles ne redescendent pas — elles implosent. Une colère qui explose sans préavis. Une tristesse qui devient un gouffre où je disparais pendant des jours. Un vide chronique qui me donne l'impression de ne pas exister. Des pensées suicidaires qui reviennent par vagues, pas comme appel à l'aide, mais comme conclusi