Roxana Mihalache Psychanalyste

Roxana Mihalache Psychanalyste J’accompagne toutes celles et ceux qui sont sur un chemin de découverte de soi et de libération

CE N'ETAIT PAS TA FAUTELa culpabilité et la honte ressenties par l’enfant abusé et traumatisé plongent leurs racines dan...
10/02/2026

CE N'ETAIT PAS TA FAUTE

La culpabilité et la honte ressenties par l’enfant abusé et traumatisé plongent leurs racines dans la pensée magique propre à l’enfance. Dans cet univers psychique encore peu différencié, l’enfant est convaincu que ses désirs peuvent se réaliser « comme par magie », sans médiation ni limite. Penser ou désirer quelque chose suffit, à ses yeux, à le rendre réel. Lorsque le traumatisme survient, cette pensée magique se retourne contre lui... il en vient à croire qu’il en est l’instigateur, que ses propres désirs ont provoqué ce qui lui est arrivé.

Au moment où se déploie sa vie pulsionnelle, lorsque sa libido commence à s’organiser, si un adulte l’abuse sexuellement ou psychologiquement, l’enfant se persuade qu’il a « déclenché » cet événement par le seul pouvoir de ses pensées.

Les désirs qu’il éprouve en lui semblent se matérialiser à l’extérieur, comme si l’adulte venait répondre à ces désirs naissants. Cette apparente coïncidence crée une confusion vertigineuse... l’enfant se dit que l’adulte ne peut pas se tromper, puisqu’il semble s’adresser à quelque chose de « vrai » en lui. Mais à ce stade, l’enfant ne connaît pas encore l’altérité.

Pour lui, il n’existe pas encore de frontière stable entre lui et le monde, tout demeure dans une forme de fusion.
Il ne sait pas encore que ses désirs, aussi intenses et aussi vivants soient-ils, n’ont pas vocation à se réaliser dans la réalité concrète. Pourtant, l’expérience imposée par l’adulte vient comme sceller et « confirmer » cette pseudo-vérité intérieure, au point de la rendre inattaquable. L’enfant ne peut pas encore penser que ce qu’il subit ne vient pas de lui, mais de l’autre, de l’adulte.

Cette impossibilité à distinguer ses propres mouvements pulsionnels de l’action de l’autre l’empêche de se protéger, de poser un non, de rejeter ce qui lui est imposé.

Pour tenter de survivre psychiquement, l’enfant met alors en place une honte et une culpabilité massives. Ces affects semblent, en surface, introduire une séparation entre lui et l’adulte – comme si, en se jugeant, il pouvait se distinguer. En réalité, ils se referment sur lui comme un piège. L’enfant se dit : « Comment ai-je pu faire cela ? Ce n’est pas moi. » Il renie ses désirs, qu’il vivait au départ comme beaux, innocents, porteurs de vie, parce qu’ils sont désormais contaminés par la douleur et la souffrance. Il se sent trahi par son propre corps, par ses propres élans.

Cette trahison supposée fracture son unité psychique. La dissociation apparaît : pour continuer d’exister, l’enfant rejette ces désirs qu’il considère comme immondes, et se coupe ainsi de lui-même.

Les abuseurs savent, consciemment ou non, exploiter ces mécanismes psychiques. Ils s’appuient sur la culpabilité de l’enfant pour le maintenir sous emprise, le manipuler, le faire taire, le menacer ou le séduire. La culpabilité devient alors un faux allié - au lieu de l’aider à se protéger, elle le retourne contre lui-même.

En grandissant, il devient son propre bourreau intérieur, incapable de se faire confiance. Sa sexualité, autrefois espace de curiosité, de jeu et de plaisir, se transforme en territoire miné, dangereux, saturé de peur et de suspicion.

L’enfant, lui, ne peut pas se protéger seul. Il ne dispose ni des outils psychiques, ni des repères symboliques, ni même des mots pour comprendre et dire ce qu’il vit. Il est prisonnier de son corps, avec la sensation diffuse qu’« une vérité dérangeante » existe, mais qu’elle lui échappe. La vérité de ses désirs et le mensonge de l’adulte s’enchevêtrent dans un duo pervers qu’il ne peut pas décoder. Il se retrouve, intérieurement, comme devant un tribunal imaginaire... accusé, jugé, sans avocat, sans défense.

Comprendre que « ce n’était pas ta faute » constitue l’un des axes majeurs du travail thérapeutique. Cette élaboration ne se réduit pas à une simple correction cognitive de la culpabilité ; elle engage une transformation profonde du rapport du sujet à ses désirs. Il s’agit de défaire l’amalgame entre vie pulsionnelle et scène traumatique, entre désir et intrusion de l’autre. Les désirs, loin d’avoir été la cause de l’abus, apparaissent alors pour ce qu’ils sont… des mouvements psychiques naturels, légitimes, porteurs de vie.

Le travail analytique vise à restaurer la continuité de l’histoire interne là où le traumatisme a produit rupture et clivage. L’image de « l’ami arraché » peut servir de métaphore de ce processus, une part intime du sujet – sa capacité à désirer, à j***r, à se sentir vivant – a été discréditée par le discours de l’abuseur, puis internalisée sous forme de honte et de méfiance de soi.

En thérapie, cette part refoulée, déniée ou dissociée est progressivement accueillie, nommée, mise en mots. L’espace thérapeutique devient le lieu où cet « ami intérieur » peut être réintroduit dans le champ du pensable et du dicible. La honte, la culpabilité et la terreur peuvent maintenant se déposer, se déplacer, se transformer… Ce mouvement permet au sujet de passer d’une position d’accusé – devant ce tribunal imaginaire qui le condamne sans cesse – à une position de témoin de sa propre histoire.

Reprendre le pouvoir sur ses désirs, dans ce contexte, signifie dénouer l’emprise de l’autre sur la vie pulsionnelle. Ce n’est pas réhabiliter le traumatisme, mais réhabiliter le sujet là où le traumatisme l’a dépossédé de lui-même. À mesure que le processus thérapeutique avance, les désirs cessent d’apparaître comme dangereux ou contaminés et retrouvent leur statut de force vitale.

Roxana Mihalache Psychanalyste

photo : pinterest

La guérison du Soi est un fantasme — le fantasme du Soi lui-même, qui rêve de se retrouver dans sa forme originelle, cel...
13/01/2026

La guérison du Soi est un fantasme — le fantasme du Soi lui-même, qui rêve de se retrouver dans sa forme originelle, celle d'avant le bouleversement, la scission, la séparation. L'homme tel qu'il se connaissait, se reconnaissait, avant sa chute du paradis. Mais s'il guérissait vraiment, comme il le fantasme, retrouverait-il cette part de lui-même qu'il chérissait et qui semble s'être envolée ?
C'est un peu comme vouloir réparer le miroir dans lequel il se regarde chaque jour, désormais brisé en mille éclats. Il s'observe, mais l'image est déformée. À certains moments de la journée, lorsque la lumière change, il ne se reconnaît même plus. Il se dit alors : « Je ne me reconnais plus dans le miroir, comme si je regardais un étranger. » Et il se contemple avec amertume, avec souffrance, habité par le sentiment lancinant d'une perte irréversible.

Rien ne brûle avec plus d'insistance, de façon plus punitive, que cette impitoyable irréversibilité devenue projection maudite. S'il était juge, il l'interdirait sans hésiter… il la remplacerait par une transition douce, rosâtre, où l'homme s'éloignerait de lui-même sans le savoir, sans le sentir, sans s'en apercevoir — tel un secret qu'il se cache à lui-même, qui l'enveloppe et l'endort comme un bébé ignorant, emmailloté dans l'innocence.

Et s'il fallait absolument qu'il connaisse ce secret, qu'il le découvre ? Peut-être que quelqu'un, quelque part, pourrait encore lui dire à quoi il ressemble vraiment. Peut-être que quelqu'un lui tendrait un miroir intact dans lequel il pourrait enfin se regarder à nouveau. Qui sait… Peut-être se retrouvera-t-il alors, transporté vers ces temps où il rêvait les yeux ouverts, où la rêverie lui murmurait des fleurs de toutes les couleurs, où ses gestes devenaient une sorte de musique intérieure que lui seul connaissait…
Comment écoutait-il, alors ?

Roxana Mihalache Psychanalyste

photo : pinterest

🤓🫠🤭
13/01/2026

🤓🫠🤭

Chaque année, une pensée de plus s'approfondit, d'autres questions se dissipent, qui me paraissent nouvelles mais qui, e...
31/12/2025

Chaque année, une pensée de plus s'approfondit, d'autres questions se dissipent, qui me paraissent nouvelles mais qui, en réalité, ne le sont pas tant que ça. Elles aiment se déguiser et rire aux éclats, émerveillées par leurs propres devinettes éphémères. Le passé s'éloigne encore plus, me disant qu'à partir de maintenant, il rêvera tout seul et qu'il n'aura plus besoin de moi. Je me concentre de plus en plus sur ce qui me semble important, mais plus j'examine l’« important » à la loupe, plus il me pèse, et donc je fais semblant de ne rien voir, de peur qu'il ne perçoit mes perplexités. Je feins un instant de ne pas m’y intéresser, je contourne ces perplexités une fois de plus, et puis j'attends qu’elles me posent, elles aussi des questions sur moi, et non pas que l'inverse.

Bonne année avec (presque tout 🐉 🍒 ) ce que vous souhaitez 🥂 🍰🎂

« Il faut aimer sa propre compagnie pour bien s’entendre avec les autres », ou encore « on ne peut pas vraiment aimer le...
26/12/2025

« Il faut aimer sa propre compagnie pour bien s’entendre avec les autres », ou encore « on ne peut pas vraiment aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même ».

Ah, noble lecteur, laissez-moi vous conter la grande épopée de l’amour de soi, ce personnage fantasque qui se pavane dans les couloirs de notre esprit, coiffé d’un chapeau à plumes et chaussé de souliers rieurs. On dit qu’il faut apprécier sa propre compagnie pour pouvoir apprécier la présence des autres ! Mais il est des êtres qui savourent très bien leur propre compagnie, jusqu’à ce qu’une blague surgisse, telle une pirouette inattendue, et voilà que l’envie de partager explose comme un feu d’artifice dans la nuit. Si, par bonheur, un complice ajoute sa touche, le rire devient contagieux, et le moment, se transforme en trésor inestimable. Quant à l’idée que l’on ne peut aimer les autres sans s’aimer soi-même… quelle farce ! Bien souvent, nous projetons sur autrui des qualités qui sommeillent en nous, mais que notre œil, un brin myope, n’ose apercevoir. Nous les chérissons chez les autres parce qu’elles s’exhibent sans pudeur, tandis qu’en nous, elles jouent à cache-cache. L’amour de soi, parfois, se fait l’illusionniste…il existe, mais nous sommes aveugles à sa magie, comme un hibou en plein jour. Alors parfois, nous avons juste l’impression que nous nous aimons pas, parce que, de même que je me fais une idée de ce que c’est que de « s’aimer soi-même », je me fais aussi une idée de ce à quoi ressemble le « manque d’amour-propre », et parfois ce n’est que cela… une idée. Et derrière elle… la vérité qui n’attend qu’une occasion pour faire son show !

Roxana Mihalache
Psychanalyste

photo : pinterest

Joyeux Noel en famille 🌲🥂🍰
25/12/2025

Joyeux Noel en famille 🌲🥂🍰

😬🐋🦈
23/12/2025

😬🐋🦈

Les toc et les non-dits familiaux Nous sommes là, nous demandant d’où viennent ces TOC qui la poussent à se laver les ma...
21/12/2025

Les toc et les non-dits familiaux

Nous sommes là, nous demandant d’où viennent ces TOC qui la poussent à se laver les mains, presque jusqu’à la brûlure de la peau « regardez comme elles sont rouges, mes pauvres mains, bientôt il ne me restera plus de peau ! » Elle raconte tous les rituels en détail, des détails grands, petits, des détails infimes, les détails qu’on ne peut ignorer, les détails qu’il faut dire car cela semble important, des détails dont elle a honte mais qu’elle doit dire, les détails qui la font rougir, détourner le regard, trembler la voix. Tout est important, mais tout semble embarrassant et accablant à ses yeux, au point de l’exaspérer au maximum.

Sa mère l’a rendue responsable très tôt (aujourd’hui elle a 24 ans), lui confiant beaucoup de tâches. Elle s’est efforcée de les accomplir sans trop se plaindre, « tout le monde me croit forte et capable de gérer beaucoup de choses. Personne dans ma famille ne se doute de ma sensibilité et de mes faiblesses, car je donne toujours l’impression d’être forte. » Sous la do**he, la première chose qu’elle lave, c’est son visage. Elle commence toujours par le visage, puis le reste du corps, chaque partie ayant son propre « nombre de fois ». Sa famille est exaspérée par ses TOC dont elle est aujourd’hui envahie, par la facture d’eau qui ne cesse d’augmenter, et les troubles obsessionnels s’aggravent à mesure que les non-dits s’accumulent.

La fusion maternelle est intrusive, le discours est anxiogène, et la fille doit être « présente » aux rendez-vous médicaux et sociaux de sa mère. La mère a besoin d’être accompagnée, car « c’est leur relation, fusionnelle mais ambivalente », dit-elle. La vie de la mère, et surtout celle du couple, est partagée avec la fille dans de nombreux détails, mais la famille, exaspérée par les TOC, prend la situation à la légère : « Ohhhh, ça te passera un jour. » Et la jeune femme se lave encore plus souvent, et les situations où elle doit changer quelque chose chez elle, comme une petite réparation chez le dentiste, l’effraient, puisqu’elle « ne sera plus comme avant ». 🦋

Depuis sa plus tendre enfance, sa mère lui confie des tâches familiales, des grandes, des petites, des tâches que la jeune femme aurait pu négliger, des tâches dont il faudrait parler mais qu’on n’aborde pas, des tâches qui l’accablent et dont elle doit maintenant se nettoyer, des tâches qui pèsent sur sa vie comme ces TOC, des tâches qui l’ont exaspérée et épuisée, à l’image de sa famille aujourd’hui, épuisée et exaspérée par ses rituels, mais sourde. 🙈🙉🙊

— Et comment auriez-vous aimé que votre mère soit ?

Elle baisse les yeux, le menton tremblant, les larmes coulant à flots :
— Plus responsable…

Roxana Mihalache
Psychanalyste

photo : Pinterest

🐧🐦
21/12/2025

🐧🐦

« L’une des difficultés de la rupture amoureuse n'est pas tant, au final, de quitter la personne elle-même – car, à ce m...
14/12/2025

« L’une des difficultés de la rupture amoureuse n'est pas tant, au final, de quitter la personne elle-même – car, à ce moment-là, on est prêt à partir – mais plutôt de se séparer des rêves partagés.

Et l'on sait que, d'une manière ou d'une autre – peu importe qui l'on rencontrera plus t**d, et quel que soit le bonheur que l'on partagera avec cette personne – on ne partagera plus jamais ces rêves-là, avec cette tonalité et cette couleur si particulières. Il y a donc là une forme de deuil à la fois belle et puissante, qui représente l'ultime renoncement, mais aussi l'ouverture à une nouvelle forme d'imagination. »

- David Whyte

Art : William Bougouereau, « The abduction of Psyche »

🫥🫣😬
11/12/2025

🫥🫣😬

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La terr-en-l’airpeute

Ecrire sur soi-même n'est pas évident, surtout dans l'espace où tu prépares un espace pour les autres. L'espace de la dé-nommination prendra donc la forme de la nomination, et moi j'étais nommée par la famille, énumérée par la société, je me suis verbalisée par l'éducation afin de pouvoir me ré-nommer après, m'énumérer et me re-définir par tous ceux à qui je vais créer un espace où ils vont pouvoir se miroiter et se redéfinir pour pouvoir être-avec le monde. Avec leur monde, de là d'où commence la semence qui ne peut être définie que par un nom "propre".