08/05/2026
Une très jolie illustration de la peur qui parlera aux cavaliers mais aussi une leçon à comprendre pour tous
LA PEUR
Rapellons que l'equitation consiste a grimper volontairement sur un animal de 600 kilos, conçu à l’origine pour fuir les dangers… y compris ceux sorties tout droit de son imagination.
Et malgré ça, certains arrivent encore à dire , d'un air nonchalant : “Non mais moi ça va, je suis juste un peu stressé.” comme un passager du Titanic dirait : “c'est légèrement humide dans le couloir.”
La peur à cheval est un concept tout a fait fascinant mais son problème c’est qu’elle est profondément vexante. D'abord parce qu'elle n'a rien à voir avec le niveau de passion et rien a voir non plus avec la volonté.
On aimerait tous être cette cavalière majestueuse des réseaux sociaux.
Vous savez , celle qui galope au coucher du soleil avec les cheveux au vent , connecté à son cheval en bluetooth.
Alors qu’en réalité, la plupart d’entre nous ressemblent davantage à un macaque accroché à un arbre un jour de tempête , crispé des genoux jusqu’aux omoplates, en train d’analyser la première rotation suspecte d'une oreille , qui annoncerait une potentielle catastrophe à venir.
On peut sortir seule en balade dans une forêt infestée de sangliers sans broncher ( ma phobie )
et faire une attaque de panique parce que kiki a regardé une bâche avec “un air douteux ”.
Le cerveau du cavalier anxieux est une machine extraordinaire. Ne cherchez aucune logique la dedans! Il n'y en a pas.
un écart de 12 centimètres se transforme instantanément en une tentative de meurtre.
et un cheval qui accélère légèrement , en reconstitution complète d'une charge napoléonienne.
Car le plus ironique dans l’histoire, c’est que la peur n’est pas forcément liée au risque.
Sinon les jeunes cavaliers de 11 ans ne sauteraient pas 1m20 sur des poneys sous caféine en soufflant des pom'potes entre deux tours.
La peur c'est le cerveau qui a enregistré un vieux dossier intitulé : “⚠️ ON A FAILLI MOURIR UNE FOIS ⚠️” … alors qu’en vérité, on est tombé à l’arrêt dans du sable mou en faisant un demi-tour raté devant trois retraités et un labrador.
Le cerveau adore archiver les humiliations et les émotions. C’est son petit délire à lui.
Alors comment on soigne ça ?
Sûrement pas avec des phrases du genre " allez vas y , tu vas voir , ça va bien se passer" ni en se culpabilisant.
La peur n’est pas un signe de faiblesse.
C’est juste un système d’alarme biologique parfois réglé avec la finesse d’un détecteur de fumée branché au dessus d'une poêle à frire.
la confiance à cheval ne se construit pas dans les grandes victoires héroïques parceque cette victoire conquise dans la peur consolide le sentiment de crainte assorti à l'acte en question ( vous me suivez ? ...). A la fin on est content de soi mais le cerveau confirme ses peurs ( c'est malin ! ).
La confiance se construit dans les mini trucs qui paraissent dérisoires mais qui ne le sont pas.
Faire une balade de 20 minutes sans descendre.
Passer DEVANT le sac poubelle démoniaque.
Réussir à trotter sans contracter simultanément : les fesses, les mains, la mâchoire et les doigts de pied.
Chaque petite victoire remet une pièce dans la cagnotte du courage... les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Et puis il faut aussi accepter cette vérité terrible : même les cavaliers expérimentés ont peur.
Simplement, avec les années, ils développent une technique très élaborée consistant à : faire semblant.
Le fameux : “non non ça va 😌” dit avec un sourire élégant pendant que l’âme quitte discrètement le corps au premier envol de pigeon.
Monter à cheval, ce n’est pas apprendre à ne plus avoir peur.
C’est apprendre à continuer malgré elle... A son rythme. De petites victoires en petites victoires , sur des défis acceptés.
C’est accepter qu’on pratique un sport sur un animal capable de considérer qu’une feuille morte est probablement un agent infiltré venu mettre fin à la civilisation.
Et malgré ça…on remonte encore.
Parce qu’entre deux crises existentielles, deux écarts et trois moments de solitude… il y a aussi cette sensation étrange et magnifique.
Celle où, pendant quelques secondes, tout devient fluide.Le cheval souffle , le cavalier respire et le cerveau ferme sa grande ....bouche.
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