22/01/2026
Décision concernant les élections municipales de 2026 à Canet-en-Roussillon
Après réflexion, j’ai souhaité expliquer publiquement la décision que j’ai prise concernant les prochaines élections municipales.
Par respect pour les habitants, pour celles et ceux qui nous ont fait confiance, et pour l’équipe de Mieux vivre à Canet, voici ce message, sincère et assumé.
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Ma décision concernant les élections municipales de Canet-en-Roussillon
Il y a six ans, j’ai choisi de m’engager pour Canet-en-Roussillon en conduisant une liste citoyenne, sans étiquette politique.
Autour de moi, il y avait des commerçants, des artisans, des jeunes actifs, des retraités, des femmes et des hommes très différents, mais avec une même envie : faire entendre une autre voix et proposer une autre vision pour notre commune.
Avec très peu de moyens, sans subvention, uniquement grâce à notre engagement personnel, nous avons obtenu un résultat qui a montré une chose essentielle : de nombreux Canétoises et Canétois nous faisaient confiance et attendaient autre chose pour Canet, même dans une période compliquée, marquée par le Covid.
Cette vision, je ne l’ai jamais cachée. Je voyais Canet comme une station balnéaire où il fait bon vivre, reconnue pour son cadre de vie, son équilibre, son attractivité et son standing. Une ville qui respecte son identité, ses commerces, ses artisans et son économie locale.
Je n’ai jamais défendu l’idée d’une ville bétonnée à outrance, densifiée sans limite, au détriment de la qualité de vie et de l’âme de Canet. Beaucoup d’habitants partageaient cette vision, et c’est aussi pour cela qu’ils nous ont soutenus.
Je pense aussi aux nombreux retraités qui vivent à l’année à Canet-en-Roussillon et qui représentent une part importante de notre population. Beaucoup ont choisi notre commune pour sa douceur de vivre, sa tranquillité, son cadre apaisant et son identité de station balnéaire à taille humaine.
Leur attente n’était pas de voir Canet se transformer progressivement en une ville toujours plus dense et bétonnée, mais bien de préserver un équilibre, un rythme de vie, un environnement propice au bien-être, au lien social et à la sérénité du quotidien.
Depuis quelque temps, beaucoup de Canétoises et de Canétois me demandent si je compte me présenter aux prochaines élections municipales.
J’ai pris le temps de la réflexion, et la décision que j’ai prise n’est ni simple, ni prise à la légère.
Être dans l’opposition à Canet-en-Roussillon est une expérience exigeante. Ceux qui l’ont vécue le savent. L’engagement politique local demande du temps, de l’énergie, et expose parfois à des situations humaines et professionnelles délicates, qui pèsent sur soi et sur ses proches.
Sur le plan professionnel, mon entreprise n’est aujourd’hui plus sollicitée par la mairie de Canet-en-Roussillon. Je n’en tire aucune conclusion hâtive, mais ce constat fait naturellement réfléchir lorsqu’on est chef d’entreprise et que l’on connaît la réalité économique du terrain.
Gérer une commune comme Canet-en-Roussillon ne devrait jamais être déconnecté de la réalité vécue par les artisans, commerçants et entrepreneurs. Beaucoup de décisions sont aujourd’hui prises par des personnes issues de la fonction publique, par évolution de carrière. Elles n’ont pas toujours connu ce que signifie gérer une entreprise : payer ses charges, régler son URSSAF, absorber les aléas, se serrer la ceinture quand un client ne paie pas. Ce décalage de vécu existe, et il se ressent.
Ce que j’ai vécu n’est pas un cas isolé. Les différentes listes d’opposition qui se sont succédé à Canet-en-Roussillon ont, chacune à leur manière, rencontré des difficultés comparables dans l’exercice de leur engagement.
Il existe encore une autre liste d’opposition, qui se présente régulièrement. Son score limité montre qu’elle ne constitue pas une alternative susceptible d’inquiéter la majorité en place. Pour autant, ses représentants ont eux aussi évoqué les mêmes obstacles et les mêmes difficultés à exercer pleinement leur rôle.
Des observations formulées par la Chambre régionale des comptes ont souligné la nécessité de renforcer la transparence et la lisibilité de certaines structures et circuits de décision liés à la commune, rejoignant un ressenti partagé par plusieurs élus d’opposition et acteurs locaux quant à la difficulté d’avoir une vision claire et complète des comptes et des choix budgétaires. Ce fonctionnement, fondé sur des habitudes installées et des réseaux déjà en place, fragilise la confiance entre la collectivité, les citoyens et les entreprises locales.
Un autre constat interpelle : depuis de nombreuses années, très peu d’élus ou de têtes de liste d’opposition choisissent de se représenter. Peu de nouvelles listes émergent. Et à l’approche de ces élections municipales, pour la deuxième commune du département, aucune alternative forte ne semble réellement se dessiner.
Canet-en-Roussillon est dirigée depuis près de quarante ans par la même majorité. Les équipes se renouvellent peu, certains élus sont en place depuis plusieurs décennies. L’alternance et la contradiction, pourtant essentielles à toute démocratie vivante, peinent à trouver leur place.
Dans ce contexte, toute voix différente est parfois perçue comme une gêne plutôt que comme une richesse. Chacun se fera son opinion.
Pour ma part, après réflexion, par respect pour mes proches, pour mon entourage professionnel et pour celles et ceux qui se sont engagés à mes côtés, j’ai fait le choix de ne pas être candidat à ces prochaines élections, malgré les nombreuses sollicitations.
Je tiens enfin à remercier sincèrement toute l’équipe de Mieux vivre à Canet. Des femmes et des hommes engagés, courageux, issus de tous horizons, qui ont donné de leur temps, de leur énergie et de leurs convictions pour défendre une autre vision de notre commune.
Le travail accompli ensemble, dans un contexte parfois difficile, restera une expérience humaine forte et une fierté. Quoi qu’il arrive, cet engagement collectif aura permis d’ouvrir le débat et de porter une voix différente, respectueuse et sincère.
Cela ne signifie ni un désintérêt pour Canet-en-Roussillon, ni un renoncement à toute forme d’engagement citoyen. Mais aujourd’hui, les conditions ne me semblent pas réunies pour s’engager sereinement dans un nouveau combat électoral.
Je remercie enfin toutes celles et ceux qui nous ont soutenus hier et qui continuent à nous témoigner leur confiance. Elle restera toujours précieuse.
Sébastien Regnier