07/02/2026
Je te vois.
Il y a un endroit en nous
qui sait encore s’émerveiller sans raison.
Un endroit simple.
Vivant.
Silencieux.
Mais pour beaucoup,
cet endroit a été mis de côté tôt.
Trop tôt.
Parce qu’il a fallu être fort.
Comprendre.
Tenir.
Grandir avant l’heure.
Alors l’émerveillement est devenu secondaire.
Pas interdit.
Juste… repoussé.
La peur s’est installée doucement.
Pas une peur spectaculaire.
Une peur discrète.
Celle qui empêche de vivre pleinement.
Celle qui retient le souffle.
Celle qui fait croire que le présent est dangereux.
Et pourtant…
L’enfant intérieur n’a jamais disparu.
Il attend.
Sans reproche.
Sans urgence.
Mais il est là.
Je te vois.
Tel que tu es resté.
Même quand il a fallu te taire.
Même quand il a fallu tenir.
Il se réveille dans une lumière après la pluie.
Dans un détail.
Un silence.
Un regard posé autrement.
S’émerveiller n’est pas fuir la réalité.
C’est y revenir.
Ici.
Maintenant.
Avec tout ce qui est là.
La douceur et l’ombre.
La joie et la peur.
Redevenir vivant ne demande pas de changer.
Juste d’oser ressentir à nouveau.
De laisser le corps se poser.
De laisser le cœur respirer.
Sans se forcer.
Sans se presser.
Sans avoir peur de ce que ça ouvre.
Parce que vivre vraiment
commence souvent là où l’on accepte
d’être vu sans se cacher.
Et de regarder,
comme si c’était la première fois.