09/11/2021
« Je n'ai pas confiance en moi » : Nombreuses sont les personnes que j’accompagne qui évoquent un problème parfois majeur de confiance en eux. Pour démarrer, il faut d'abord comprendre de quoi l'on parle, et lorsque nous rentrons un peu plus dans le détail, je constate presque systématiquement une confusion entre deux notions :
- La confiance en soi, qui est intrinsèquement liée à l’action, c'est même l'un des carburants de nos actions. On peut donc la définir comme une évaluation que l’on fait de nos ressources avant d’engager une action « je connais mes capacités » « je me fie à moi » « j’ai déjà réussi ce genre de chose et je peux le renouveler » …
- L’estime de soi qu’on peut définir comme la représentation ou la perception que l’on a de sa valeur « je suis quelqu’un de bien » « je suis digne d’être aimé » ou à l’inverse « de toute façon je ne vaux pas grand chose » « je ne sert à rien » …
Les deux notions peuvent être liées mais elle ne doivent pas être confondues. Il est bien entendu plus facile d'engager des actions si l’on s’estime aussi valable que capable. Mais elles peuvent aussi être totalement déconnectées. « Je réussi ma vie professionnelle, j’ai même une vie sociale et familiale satisfaisante mais au fond de moi je me trouve toujours aussi nulle et inutile » me dit cette patiente. Avec elle il n’était pas question de confiance en soi mais bien d’estime de soi.
Cette distinction me parrait fondamentale car pour résoudre un problème il faut commencer par le comprendre précisément. Je lis ou vois trop souvent de belles envolées de mots et phrases toute faites qui alimentent ainsi cette confusion.
Penser améliorer sa confiance en soi en travaillant sur les causes, les schémas profonds, les ancrages parentaux... relève donc pour partie d'une erreur d'appréciation et de délimitation du problème. Pour faire simple et en exagérant, aller fouiller son passé pour comprendre pourquoi on manque de confiance en soi ne règle pas le problème la question n’est donc pas « pourquoi ? » mais « comment ? »
La confiance en soi est donc contextuelle, factuelle et très liée à l’action. Si je lâche un objet, il tombe. Les lois de la gravité se répètent à chaque fois, j'ai donc confiance dans le fait que si je reproduis cette action, la conséquence sera la même.
Pour gagner confiance en soi on peut donc appliquer une méthode assez simple (ce qui ne veux pas dire facile) : se connaitre, s'entrainer, agir et reproduire.
- Connaitre ses ressources : Avoir conscience de ses capacités, de ses expériences que ce soit sur le plan professionnel ou personnel, regarder avec le même niveau de détail ses réussites que ses échecs, sa compétence, son potentiel d'action. "quelles sont mes expériences ? qu'en ai je retiré ? Qu'ai je appris ?"
- Agir : La confiance en soi se développe donc par l’action et l’action peut être préparée par l’entrainement, par la répétition d'une action que l'on analyse ensuite.
- Reproduire : s’appuyer sur une première réussite pour reproduire la mécanique dans un autre domaine. "J'ai réussi à communiquer avec mes amis je peux peut être aussi réussir à communiquer avec mon compagnon (ou ma compagne), "J'ai compris comment j'ai réussi à modifier ma communication je peux peut être désormais reproduire cette démarche dans un autre domaine de ma vie".
La démarche est très synthétique ici, mais l'expérience me prouve que c'est ainsi que l'on agit concrètement et que l'on obtiens des résultats.
Petit à petit la confiance en soi peut ainsi se créer ou se recréer.
Pour résumer ce fonctionnement Je terminerai par l'une de mes citations favorites : « Si tu veux changer, apprends à agir ». Paul Watzlawick.
https://www.facebook.com/christopheboulvinpsychologu
Psychologue et formateur - Consultations et accompagnement en cabinet à Montpellier / Castelnau Le L*z ou à distance.