11/12/2025
💠 Un diagnostic d'autisme tardif n'est pas synonyme d'absence de handicap ou de handicap "light" 💠
🔹On a tendance à minimiser les manifestations de l'autisme des personnes ayant reçu un diagnostic tardif.
On suppose que, si ce diagnostic est intervenu tardivement, c'est nécessairement que la personne n'a pas connu trop de difficultés ou qu'elles n'étaient pas réellement handicapantes. On qualifie donc souvent l'autisme de "léger", quand on ne le remet pas carrément en question.
Certains professionnels refusent même de poser un diagnostic, alors même que tous les critères sont remplis et que tous les bilans reviennent en faveur d'un TSA, sous prétexte que la personne est adulte et qu'elle a (plus ou moins) survécu jusque là...
🔹Or, il faut cesser de croire qu'un diagnostic tardif est synonyme d'handicap "light".
Le caractère tardif du diagnostic n'a souvent rien à voir avec la gravité des problèmes rencontrés.
En voici les causes principales :
-Mauvaise formation voire franchement carence/absence de formation des professionnels
-Déni des difficultés par l'entourage, mises sur le compte d'autres choses
-Errance diagnostique et/ou diagnostics erronés
-Capacités de camouflage dans certains contextes et/ou retrait/isolement social
-Sur-médicalisation et/ou hospitalisation en psychiatrie pour d'autres motifs
-Situation de dépendance tardive
Et tant d'autres facteurs encore...
🔹Ce que l'on oublie trop souvent, c'est que les personnes diagnostiquées tardivement ont souvent eu des parcours de vie très chaotiques voire parfois même assez terribles. Beaucoup sont parvenus à l'âge adulte abîmés voire fracassés.
Il ne faut pas s'en tenir aux apparences pour juger de la présence et de la gravité des difficultés.
Par exemple, ce n'est pas parce qu'une personne autiste est en couple et parent et/ou qu'elle a un emploi qu'elle va bien et qu'elle n'a pas connu de réelles difficultés.
🔹Une personne diagnostiquée autiste à 30, 40, 60 ans n'est pas pour autant moins autiste ou moins en difficultés.
Nier la condition de handicap, c'est mettre la personne en souffrance, sachant qu'elle a déjà passé une grande partie de sa vie à subir sans comprendre.
D'ailleurs, beaucoup de personnes autistes sont prématurément usées, ce pourquoi un certain nombre de diagnostics interviennent postérieurement à un burn-out, quand on parvient enfin à tomber sur un professionnel qui creuse vraiment l'origine des difficultés (ce qui n'est malheureusement pas fréquent)...