22/12/2025
Héloïse ferma les yeux. Elle avait 52 ans et en cette veille de Noël, elle sentit un souffle sur son visage. Comme une caresse sur sa joue.
Elle redevint la petite fille de 9 ans en ce 24 décembre 1982. Quel était ce murmure dans ces cheveux qui lui disait qu'elle était une merveilleuse enfant? Et ces grandes mains qui coiffaient ses cheveux châtains clairs fins mi long?
Il était 19 heures ce soir là dans une maison au bord de l'étang de Thau. Le mistral des Cévennes soufflait fort sur l'eau noire éclairée par les étoiles.
Papi lui montra l étoile du Berger à travers la vitre de la fenêtre. Il faisait froid mais point de neige cette année sur les vignes de Maguelonne.
L'après-midi midi se souvint Héloïse, ils étaient allés se promener à St Guihlem du désert.
Elle fut littéralement captivée par le village et la puissance de l'église. Elle se sentait forte du haut de ses 9 ans.
Parrain lui tenait la main .... Elles étaient chaudes et grandes et il était son guide. Il ressemblait au Christ comme la peinture dans l'église. Un grand homme aux cheveux blond vénitien une peau blanche et tachetée et ces yeux d'une humanité puissante.
Maman et papa s'occupaient de Petit Frère qui du haut de ses 4 ans courait partout.
Héloïse, elle resta avec son parrain dans cette éternelle journée qui restera gravée dans sa mémoire.
Si elle avait su que c était son dernier Noël avec son parrain tant aimé qui l aimait tant telle qu'elle était du haut de ses 9 ans. Il la quitta le 31 mars 1984 emporté par un cancer de la peau et des poumons parce qu'à 28 ans on oublie de prendre soin de soi parfois même quand on est kinésithérapeute..... En 1984 le cancer emportait tant de jeunes.....
Héloïse sėcha ses larmes. Son parrain était vivant même mort. Il était avec elle depuis sa mort physique.... D'ailleurs là, c'est lui qu'elle avait senti.... ce souffle sur sa joue...
Un Noël 2025 où, il serait discret, la main posée sur ses cheveux tel un elfe invisible.
Ah! ce Noël de 1982...!!
Elle sentait le parfum des langoustes à l'Armoricaine dans la casserole en cuivre. Le riz cuisait et mettait de la vapeur dans la cuisine. Les femmes parlaient, riaient et mettaient la table avec les beaux couverts en argent et les assiettes de porcelaine.
La cheminée flambait. Petit frère jouait au pied du sapin où tous avaient mis les chaussures cirées et brillantes.
Le sapin était fait en eucalyptus et non en sapin. C'était original mais c'était tellement cela avec Parrain. Etre dans la norme sans y être. Mettre de la magie hors des sentiers connus. Il brillait de ces anges, de ces boules rouges et or et de ces breloques en bois naturel.
On mit de la musique du jazz, se souvint elle. Elle fila dans la chambre avec la mezzanine en bois construite par ce parrain merveilleux qui était ébéniste, kinésithérapeute et peintre et surtout si doué dans la vie pour faire sourire sa famille.
Le diner fût prêt. Maman appela les enfants. La soirée fut douce, aimante et heureuse. Tous ces gens réunis 2 jours en ayant traversé la France de la Bretagne au sud toujours décrit comme chaud mais qui gelait en décembre.
On se coucha avant minuit en ayant laissé le verre de lait et les biscuits du Papa Noël de Trenet. Il viendrait c'est sûr. Héloïse et son frère Tristan avaient été des enfants sages comme papa et maman le demandaient.
La nuit se fit longue et rêveuse.
Matin parut...
Et les souliers vernis et cirés étaient heureux.... A leurs pieds des milliers de cadeaux étaient déposés.
Restaient à les ouvrir après le petit-déjeuner. Quelles surprises seraient découvertes ?
Parrain les regardaient avec amour. Il était le guide, il etait amour et il était éternel désormais.
A 52 ans Heloise attendait Noël apaisée sereine et savait que la mort est moins forte que la vie car parrain venait de la caresser de son souffle sur sa joie encore sans ride....
Elle but son café lovée dans son sofa et sourit.
Elle restera la petite-fille de 1982 encore très longtemps.