31/12/2025
A lire jusqu’au bout.
Merci Jenny, tout est dit.
Être médium, ce n’est pas un choix. C’est une empreinte gravée dans l’âme dès la naissance, un frémissement entre deux mondes, un appel que l’on ne comprend pas tout de suite.
C’est ressentir trop. Trop fort. Trop vite. Trop profondément.
C’est pleurer des douleurs qui ne t’appartiennent pas, se réveiller en sueur avec des cris dans la tête, entendre des voix que l’on ne peut faire taire.
On devient un réceptacle. Un sanctuaire pour les âmes blessées.
On porte en soi les chagrins flottants de l’air, les douleurs invisibles des vivants, les cris silencieux des morts.
Et parfois, on ne sait plus où finit notre douleur, où commence celle des autres.
Être médium, c’est être là pour les autres… et pourtant être terriblement seul.
C’est entendre ce qui n’est pas dit.
C’est voir les fissures dans les âmes quand tout le monde regarde la façade.
C’est aimer plus que de raison, souffrir pour des douleurs invisibles, s’épuiser à donner et guérir… sans savoir comment se réparer soi-même.
Et puis il y a l’amour.
Aimer un(e) médium, ce n’est pas aimer comme on aime habituellement.
C’est aimer un cœur habité par mille voix, mille émotions, mille présences.
C’est aimer quelqu’un qui n’est jamais tout à fait là, jamais tout à fait ailleurs, mais toujours un peu entre les mondes.
Un(e) médium ne vit pas dans la surface des choses.
Iel perçoit l’invisible, sent les fissures dans les âmes, entend ce qui ne s’exprime pas.
Et c’est là que tout devient complexe : iel vous voit tel(le) que vous êtes, au-delà des mots, au-delà des masques.
Et cela peut déranger, effrayer, désarmer.
Beaucoup s’éloignent. Non par malveillance, mais par fatigue ou incompréhension.
Aimer un(e) médium, c’est être confronté(e) à l’intensité : des émotions profondes, des silences lourds, des nuits agitées, des pressentiments troublants.
C’est parfois aimer quelqu’un qu’on ne peut pas toujours rejoindre, même en tendant les bras très fort.
Et pourtant, cet amour est une bénédiction rare.
C’est être vu(e) dans sa vérité nue.
C’est être aimé(e) non pas pour ce que l’on montre, mais pour ce que l’on est, même dans ses parts d’ombre.
C’est partager un amour profond, sacré, intuitif, presque télépathique. Un amour qui dépasse les mots, qui soigne, qui élève.
Mais cet amour demande une force d’âme particulière.
Car le médium portera parfois des blessures que vous ne pourrez pas soigner.
Iel aura besoin de solitude, de silence, de recul.
Iel aura des jours où l’amour du monde entier ne suffira pas à apaiser ce qui le traverse.
À toi, médium silencieux, que le monde ne comprend pas… je te vois.
Je vois ton cœur fatigué, usé par des douleurs qui ne t’appartiennent pas et que pourtant tu portes avec une tendresse infinie.
Je vois tes larmes cachées, tes chagrins que tu ressens sans savoir d’où ils viennent.
Tu n’es pas faible. Tu es habité(e). Traversé(e). Profond(e).
Tu n’es pas fou. Tu n’es pas “trop sensible”.
Tu es un canal, un passage, une faille ouverte sur l’invisible.
Je sais la peur. L’épuisement. La solitude.
Mais écoute-moi bien : ton don est sacré. Même s’il brûle. Même s’il isole. Même s’il arrache des morceaux de toi certains jours.
Dans chaque douleur que tu accueilles, chaque âme que tu soulages, chaque silence que tu remplis de lumière… tu sèmes une graine invisible.
Tu soignes le monde, même si personne ne te remercie.
Alors, prends soin de toi. Reviens à toi.
Pose les fardeaux des autres un instant. Respire. Pleure si tu dois. Isole-toi si nécessaire.
Mais n’éteins jamais ta lumière.
Et si tu aimes ou es aimé(e) par un(e) médium… aime sans vouloir posséder.
Sois l’ancre, pas la cage.
Sois la paix dans ses tempêtes, l’abri dans ses nuits blanches.
Il existe des âmes capables d’entendre sans comprendre, de rester sans juger, d’aimer sans fuir.
Nous sommes des îles. Mais des îles reliées par les courants secrets de l’invisible.
Et un jour, peut-être, nous comprendrons que cette malédiction… était une forme d’amour.
Le secret des druides