13/01/2026
"Douze hôpitaux de notre région sont en tension en ce moment", alerte Mathilde Marmier, la directrice régionale de l'ARS
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illustration agrandir l'image Mathilde Marmier est la Directrice Générale de l'Agence Régionale de Santé (ARS) en Bourgogne Franche Comté © Radio France - Anne Oger
Annelaure Labalette
Diffusé le mardi 13 janvier 2026 à 7:47
Publié le mardi 13 janvier 2026 à 7:47
Mis à jour le mardi 13 janvier 2026 à 10:28
La situation des hôpitaux de notre région est très tendue en ce moment. L'Agence Régionale de Santé le reconnaît. La grève des médecins libéraux n'est pas la seule explication. On reçoit ce matin la directrice générale de l'agence régionale de santé, en Bourgogne-Franche-Comté.
ICI Bourgogne - En fin de semaine dernière, l'ARS nous disait qu'une quinzaine d'hôpitaux dans notre région étaient en tension. Quelle est ce matin la situation ? Est-ce que d'autres hôpitaux ont déclenché le Plan blanc ?
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Mathilde Marmier - Alors nous sommes aujourd'hui à 12 établissements en tension dans la région, dont 5 qui ont déclenché le plan blanc. Les cin, on avait déjà Macon, on avait Sens , nous avons également l'hôpital Nord-Franche-Comté, l'hôpital du Jura, et donc l'hôpital de Nevers également.
Un service ou un hôpital "en tension" qu'est-ce que ça veut dire ?
Un hôpital en tension, ça signifie un hôpital qui a des difficultés à faire face à l'afflux de nouveaux patients et qui doit s'organiser et prendre des mesures pour ajuster la prise en compte de ces nouveaux patients. Donc deux niveaux de mobilisation, le premier qu'on appelle le "plan de mobilisation interne", où l'établissement va s'ajuster en interne pour peut-être réorganiser les plannings de professionnels par exemple, et le deuxième niveau d'action, c'est là "le plan blanc" quand effectivement l'établissement a besoin de faire appel peut-être à davantage de mesures, pour faire face à cette difficulté et ces tensions-là, c'est concrètement le rappel de professionnels autres, ça peut être la déprogrammation d'activités programmées pour libérer des lits et permettre l'accueil de ces nouveaux patients qui en ont besoin.
Parce qu'on le sait en ce moment, les urgences sont surchargées, le 15 aussi fait face à une augmentation des appels, c'est très compliqué. Qu'est-ce qu'on fait concrètement pour faire un appel d'air, pour les aider ces soignants?
Alors concrètement, on a une situation de tension qui est nationale sur les établissements de santé, qui est principalement due aussi à un contexte de circulation de virus, donc des épidémies hivernales. La grippe, la bronchiolite. Plus le contexte hivernal, les chutes, les accidents, et dans une moindre mesure la grève des médecins. Chacun peut être acteur de tout ça, notamment en respectant des gestes barrières, quand on est malade, mettre un masque, ne pas mettre son enfant malade à l'école.
En gros, essayer de faire en sorte qu'on n'arrive pas au point de devoir aller à l'hôpital pour engorger encore plus les services.
Tout à fait, de freiner la circulation de ces virus, la vaccination reste toujours d'actualité, elle reste toujours possible pour la grippe, pour le covid. Effectivement, chacun peut être acteur de ça pour freiner la circulation des virus dans ce contexte-là, effectivement.
"On est toujours à un niveau élevé de circulation du virus"
On en est où là en ce moment sur ces différentes épidémies ? Est-ce que ça se calme un peu ou est-ce qu'on est toujours à un niveau assez élevé ?
Alors on est toujours à un niveau élevé de circulation du virus, on attend les dernières données de Santé publique France pour pouvoir identifier si cela redescend ou si nous sommes toujours sur un plateau, mais en tout cas les virus continuent de fortement circuler, donc les mesures de prévention que j'ai mentionnées tout à l'heure restent vraiment d'actualité, et là encore j'en appelle aux auditeurs, chacun peut être acteur en ce sens pour prévenir la circulation de ces virus.
Depuis samedi aux Urgences de Chalon-sur-Saône, la CGT dénonce un manque d'anticipation, le syndicat vous avez envoyé une lettre il y a quelques mois pour vous dire "attention, ça va mal", est-ce que vous avez l'intention d'aller les rencontrer sur place ?
Alors la grève de Chalon renvoie avant tout à un sujet de dialogue social aux côtés de l'établissement, nous sommes bien sûr en appui de l'établissement, là encore, pour garantir l'accès aux soins de tous dans ce contexte-là et nous sommes à l'écoute des soignants.