13/04/2026
Pourquoi ceux qui soignent n'auraient pa le droit d'être malade ?
C’est une question qui dérange nos attentes profondes. Nous avons appris, souvent inconsciemment, que celui qui aide devrait être solide, stable, presque invulnérable.
Comme si accompagner la souffrance immunisait contre elle. Pourtant, être thérapeute, médecin, infirmier ou aide-soignant, c’est avant tout être humain.
Aider n’efface pas la vulnérabilité. Au contraire, cela peut parfois l’amplifier. Être en contact régulier avec la douleur, la peur, la fatigue des autres ouvre des espaces intérieurs sensibles.
Le corps et l’esprit ne sont pas des machines séparées : ils absorbent, transforment, et parfois saturent.
Il y a aussi cette illusion silencieuse : “je dois aller bien pour les autres”. Elle pousse à taire ses propres limites, à ignorer les signaux du corps, à repousser la fatigue.
Mais le corps, lui, n’oublie pas. Il parle autrement, par la maladie parfois, comme un rappel que l’équilibre ne peut pas être unilatéral.
Si l’on regarde les choses sous un angle plus large qu’on l’appelle mémoire émotionnelle, histoire personnelle ou même, pour certains, mémoire karmique, chacun porte un chemin singulier.
Aider les autres ne signifie pas être libéré de ses propres apprentissages. Cela peut même en faire partie. Soigner peut être une voie, mais aussi une épreuve, un miroir, un terrain d’évolution.
Il n’y a pas d’incohérence à ce qu’un soignant tombe malade. Il y a, peut-être, une humanité qui se rappelle à lui. Une invitation à recevoir autant qu’à donner.
À se soigner lui-même, non pas pour redevenir “parfait”, mais pour rester vivant, sensible, et juste.
Finalement, personne ne sait tout parfaitement, personne ne fait tout parfaitement.
Chacun fait au mieux, avec ce qu’il est, ce qu’il a vécu, et ce qu’il comprend à un moment donné de sa vie.
Et cela inclut aussi ceux qui prennent soin des autres.
Peut-être que la véritable sagesse n’est pas d’aller toujours bien, mais de reconnaître quand on ne va pas bien et d’accepter, à son tour, d’être accompagné.
Cela n’enlève rien à notre capacité d’accompagner avec justesse, bienveillance et profondeur
La maladie, même chez ceux qui soigne