26/01/2026
Gisèle Pelicot pensait avoir un bon mariage.
Cinquante ans avec Dominique. Trois enfants. Des petits-enfants. Une maison de retraite en Provence. Des amis qui les appelaient « le couple parfait ».
Elle n’avait aucune idée de ce qui lui arrivait.
Pendant des années, Gisèle a ressenti des symptômes qu’elle ne pouvait pas expliquer :
fatigue extrême, trous de mémoire, chute de cheveux, problèmes médicaux que les médecins ne comprenaient pas.
Un jour, elle a demandé à son mari s’il la droguait.
Il s’est dit blessé. Il a nié.
Elle l’a cru. Elle l’a toujours cru.
Puis, en novembre 2020, la police l’a convoquée. Son mari avait été surpris en train de filmer sous les jupes de femmes dans un supermarché. En saisissant son ordinateur, ils ont découvert bien pire.
Des milliers de photos et de vidéos.
D’elle.
Inconsciente.
En train d’être violée.
Par son mari.
Par des inconnus.
Dans son propre lit.
Pendant près de dix ans, Dominique écrasait des somnifères dans sa nourriture et ses boissons. Une fois qu’elle perdait connaissance, il l’agressait. Puis il a commencé à inviter d’autres hommes.
Il les recrutait en ligne, sur un forum littéralement appelé « sans son consentement ». En neuf ans, il a fait venir environ 50 hommes dans leur maison tranquille de Mazan.
Pompier. Journaliste. Infirmier. Soldat. Surveillant de prison.
Des hommes de tous les milieux. Beaucoup étaient mariés. Certains avaient des enfants.
Ils venaient.
Ils violaient une femme inconsciente pendant que son mari filmait.
Puis ils repartaient.
Gisèle n’en savait rien. Elle se réveillait confuse, épuisée, faisant confiance à l’homme à ses côtés lorsqu’il mettait tout sur le compte du stress, de l’âge, de la ménopause.
Quand la police lui a montré les preuves, son monde s’est effondré.
Cinquante-et-un hommes ont finalement été poursuivis.
En tant que victime, Gisèle avait le droit légal de rester anonyme. Le procès pouvait se tenir à huis clos. Elle aurait pu se cacher.
Elle a refusé.
À 72 ans, elle est entrée dans ce tribunal à Avignon, a dit son nom publiquement et a exigé que le procès soit ouvert.
Elle voulait que le monde voie ce qu’on lui avait fait.
« La honte doit changer de camp », a-t-elle déclaré.
Pendant près de quatre mois, elle est restée assise dans la salle d’audience.
Elle a regardé les vidéos de son corps inconscient violé.
Elle a écouté les hommes prétendre qu’ils pensaient qu’elle faisait semblant de dormir.
Elle les a entendus dire que l’accord de son mari suffisait.
Elle n’a jamais détourné le regard.
Elle n’a jamais reculé.
Le 19 décembre 2024, les 51 hommes ont été reconnus coupables.
Dominique a reçu la peine maximale : 20 ans de prison.
À 72 ans, il mourra probablement en détention.
Après le verdict, Gisèle a parlé aux journalistes devant le tribunal :
« J’ai voulu ouvrir les portes de ce procès pour que la société voie ce qui se passait. Je n’ai jamais regretté cette décision. »
Puis elle s’est adressée directement aux autres survivantes :
« Nous menons le même combat. »
L’impact a été immense. La France a ouvert un débat national sur le consentement et la soumission chimique. Des femmes du monde entier ont vu son courage et trouvé leur propre voix.
Elle a été nommée dans la liste BBC 100 Women, honorée par TIME, qualifiée par le Financial Times comme l’une des femmes les plus influentes de 2024.
Dans un sondage français, elle a été élue personnalité de l’année.
Le 14 juillet 2025, la France lui a décerné sa plus haute distinction : chevalier de la Légion d’honneur.
Le président Macron l’a saluée comme une pionnière dont « la dignité et le courage ont ému et inspiré la France et le monde ».
Aujourd’hui, Gisèle prépare la publication de ses mémoires, « Un hymne à la vie », qui paraîtront dans plus de 20 langues.
Son message aux survivantes du monde entier :
« Qu’elles ne ressentent jamais de honte. Et qu’avec le temps, elles puissent à nouveau savourer la vie et retrouver la paix. »
Sa fille Caroline a écrit son propre livre et créé une association appelée M’endors pas, pour sensibiliser à la soumission chimique.
Réfléchissez à ce que Gisèle Pelicot a fait.
Elle a pris la honte que la société impose aux victimes — le silence, le stigmate, la culpabilité — et l’a rendue à ceux qui ont commis les crimes.
Pendant neuf ans, elle n’avait ni voix, ni savoir, ni contrôle.
Mais lorsqu’elle a découvert la vérité, elle a utilisé sa voix pour changer la vie de millions de personnes.
Les violences sexuelles prospèrent dans le silence.
Elles s’appuient sur la honte.
Gisèle Pelicot a brisé ce silence.
À 72 ans, après l’impensable, elle s’est tenue debout devant un tribunal ouvert et a dit :
Regardez ce qu’ils ont fait. Voyez les preuves. Entendez la vérité.
La honte est la leur. Pas la mienne.
Il n’est jamais trop t**d pour reprendre son histoire.