29/02/2024
💥 𝗔𝗟𝗭𝗛𝗘𝗜𝗠𝗘𝗥 : 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗘𝗦 𝗣𝗥𝗢𝗙𝗢𝗡𝗗𝗘𝗨𝗥𝗦 𝗗𝗘 𝗟'𝗢𝗨𝗕𝗟𝗜...
🧠 𝗔𝗽𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹é𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗲𝗻 𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗼𝗽𝗮𝘁𝗵𝗶𝗲
Lorsque je me suis décidé à écrire un article sur l’Alzheimer, je me suis demandé quel angle je devais prendre pour vous intéresser. Après réflexion, j’ai décidé de garder le même angle dramatique et personnel que j’avais déjà pris en 2021 à l'occasion d'une présentation.
Pourquoi dramatique ? Celles et ceux qui ont eu un proche atteint de cette terrible maladie savent à quel point c’est dramatique. Le déclin propre à l’Alzheimer est souvent vécu comme un deuil à répétition à chaque visite de la personne atteinte. Comme naturopathe, nous devons exercer une écoute active et aider autant la personne atteinte que les proches.
C’est également dramatique que l’industrie pharmaceutique soit prise dans un carcan unifactoriel (une maladie = un médicament), alors que L’Alzheimer est une problématique multifactorielle.
Heureusement, depuis 2010, les connaissances ont beaucoup évolué et plusieurs médecins se préoccupent des différents facteurs promoteurs de cette maladie. Je ne prétends pas tout savoir sur le sujet, je veux simplement vous partager le fruit de mes recherches.
🧠 𝗘𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗯𝗶𝗲𝗻 𝗹’𝗔𝗹𝘇𝗵𝗲𝗶𝗺𝗲𝗿 ?
Il n’existe pas une démence, mais différents types de démences dont :
▪️ la démence vasculaire cérébrale,
▪️ la démence à corps de Lewy,
▪️ la démence fronto-temporale,
▪️ la déficience cognitive subjective (SCI),
▪️ la déficience cognitive légère,
▪️ la démence de Korsakoff
▪️ l’Alzheimer.
Ce qu’elles ont en commun : un lent déclin cognitif entraînant une perte d’autonomie significative chez la personne atteinte. Différentes fonctions cognitives peuvent être affectées dont :
▪️ la mémoire,
▪️ les capacités de langage,
▪️ d’écriture et de lecture,
▪️ la capacité de suivre une conversation,
▪️ de raisonner,
▪️ ou encore de calculer.
La démence est un trouble, et ne fait pas partie du vieillissement normal.
Concernant l’Alzheimer, voici quelques statistiques pour mieux comprendre l’ampleur de cette maladie:
▪️ 1 à 2% de la population en est atteint
▪️ 20% des personnes de 85 à 89 ans et 40% des personnes de plus de 90 ans
▪️ 50% des enfants dont un parent est atteint développent la maladie
▪️ 65% des gens atteints d’Alzheimer sont des femmes
▪️ 40 à 75% des aidants naturels développent des troubles psychologiques
Dans un contexte de population vieillissante, on comprend que sa prévalence dans nos sociétés ne fera qu’augmenter.
🧠 𝗗𝗲𝘀𝗰𝗿𝗶𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝗹𝘇𝗵𝗲𝗶𝗺𝗲𝗿
La maladie d’Alzheimer est la plus courante des démences. Elle serait à l’origine de 60 à 70 % des cas. La maladie d’Alzheimer se caractérise à ses débuts, par la perte de la mémoire à court terme :
▪️ oubli de ce qui vient d’être dit, entendu, vu,
▪️ perte de reconnaissance faciale,
▪️ de noms, de lieux, etc…
Par la suite, les fonctions cognitives se dégradent :
▪️ le raisonnement de la personne devient déficient,
▪️ elle se désintéresse de ses activités habituelles comme la lecture,
▪️ elle a du mal à suivre les conversations complexes,
▪️ ou à suivre un film comportant une intrigue compliquée,
▪️ son vocabulaire baisse,
▪️ certaines tâches du quotidien deviennent difficiles à effectuer, ce qui peut générer de l’anxiété,
▪️ son sommeil se dérègle,
▪️ et finalement la personne atteinte ne peut plus prendre soin d’elle-même (s’habiller, se laver, manger, etc…).
🧠 𝗤𝘂𝗲𝗹𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗮𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝗱é𝘃𝗲𝗹𝗼𝗽𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝗹𝘇𝗵𝗲𝗶𝗺𝗲𝗿 ?
Ces facteurs sont nombreux, en commençant par le facteur génétique. Il existe plusieurs variantes du gène APOE qui sont en lien avec des probabilités d’Alzheimer. Les autres facteurs promoteurs sont pratiquement tous liés à nos habitudes ou à notre hygiène de vie.
🔸𝙏𝙖𝙗𝙖𝙜𝙞𝙨𝙢𝙚 𝙚𝙩 𝙖𝙡𝙘𝙤𝙤𝙡
Si vous êtes fumeur, vous avez 45% plus de risques de développer l’Alzheimer. Encore plus si vous consommez de l’alcool (incluant le vin) plusieurs fois par semaine. La modération a bien meilleur goût.
🔸𝘼𝙘𝙩𝙞𝙫𝙞𝙩é 𝙥𝙝𝙮𝙨𝙞𝙦𝙪𝙚
La plupart des gens dans notre société sont plutôt sédentaires. Le manque d’exercice est en lien avec la résistance à l’insuline (diabète), les problèmes cardiaques, le déclin cognitif, l’hypertension artérielle, etc...
Les études montrent que les personnes dont l’activité physique est régulière et soutenue, présentent un risque moindre d’être atteintes de maladies neuro-cognitives. De plus, en cas de maladie, l’activité physique régulière pourrait ralentir son évolution par rapport aux personnes sédentaires souffrants eux aussi d’Alzheimer.
Si vous êtes inactif depuis longtemps, commencez doucement. Une marche de 20 à 30 minutes trois à quatre fois par semaine fait déjà une différence. Augmentez la durée et la vitesse graduellement, mettez-vous au défi en téléchargeant une application pour suivre vos données (distance, temps, vitesse/km), et pourquoi pas, invitez des amis, votre entourage ou vos voisins à vous accompagner!
🔸𝘼𝙡𝙞𝙢𝙚𝙣𝙩𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣
Des études suggèrent que la diète de type méditerranéenne pourrait diminuer le risque de développer un trouble des fonctions cognitives. Celle-ci est basée sur une abondance de végétaux, de grains céréaliers entiers, de bons gras (provenant des produits de la mer, des noix et des graines ainsi que de l’huile d’olive), de protéines de sources variées dont les poissons, la volaille, les œufs et les légumineuses, de peu de viande rouge et encore moins de sucreries.
Inversement, il a été démontré que vous êtes plus à risque de développer l’Alzheimer :
▪️ si vous mangez de la viande presque tous les jours,
▪️ si les légumes ne vous attirent pas,
▪️ si vous mangez peu de petits fruits comme les bleuets, les framboises, et les mûres,
▪️ et si votre alimentation est trop riche en glucides: le trio Pain-Pâtes-Patates plus les sucres en tout genre, favorise l’inflammation.
🔸𝙇’𝙞𝙣𝙛𝙡𝙖𝙢𝙢𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣
Dans ma pratique quotidienne, je vois tant de personnes vivant avec de l’inflammation chronique dans leur corps en la prenant comme une fatalité. Mais celle-ci est néfaste pour l’ensemble de la santé cardio-métabolique. Or, au niveau de notre cerveau, elle favorise la formation de plaques sur les neurones, ainsi que leur destruction.
Nos habitudes de vie influencent directement notre niveau d’inflammation. Par exemple, la résistance à l’insuline alimente l’inflammation partout dans le corps,et aussi dans le cerveau. Une saine hygiène de vie permet d’améliorer sa sensibilité à l’insuline.
Dans les produits naturels, il existe une panoplie de choix pour aider à équilibrer l’inflammation. Pensons au curcuma, au collagène, au boswellia, au gingembre, et une combinaison de plusieurs de ces substances, sans oublier le NEM, certains mélanges de terpènes, l’extrait d’avocat, et j’en passe.
ATTENTION ! Si vous prenez des médicaments, lisez bien les contre-indications sur l’étiquette du produit naturel ou consultez un(e) naturopathe et parlez-en aussi à votre médecin traitant.
🔸𝙇𝙚𝙨 𝙛𝙖𝙢𝙚𝙪𝙭 𝙤𝙢é𝙜𝙖𝙨 3
Les omégas 3 peuvent contribuer à réduire les réactions inflammatoires. La DHA est un des Omega 3 ayant un effet thérapeutique indéniable sur le cerveau. Elle permet la transmission plus efficace des signaux entre les neurones. De plus, elle réduirait la norépinéphrine, une substance de la famille de l’adrénaline qui fait que votre cerveau vous bombarde de toutes sortes d’idées qui vous empêchent de dormir.
Une méta-analyse récente a conclu à son efficacité pour diminuer les risques de développer l’Alzheimer, à un dosage de 1 gramme par jour. Bien sûr, vous pouvez manger du poisson ou des aliments végétaux comme l’huile de lin, de chia ou de chanvre, mais pour avoir une quantité significative d’Omega 3, il existe maintenant sur le marché des suppléments d’Omega 3 sous forme de monoglycérides, facilement absorbables.
🔸𝙇’𝙞𝙢𝙥𝙤𝙧𝙩𝙖𝙣𝙘𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙫𝙞𝙩𝙖𝙢𝙞𝙣𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙢𝙞𝙣é𝙧𝙖𝙪𝙭
On devrait s’assurer de manger suffisamment de bonnes sources de vitamines B, particulièrement l’acide folique et la B12, plus difficile à absorber pour certaines personnes. Ces deux vitamines ainsi que la choline, sont présentes dans les œufs. Les avocats sont aussi une bonne source de choline.
La vitamine C n’est pas seulement dans les oranges, elle est aussi dans les poivrons rouges.
La vitamine E présente dans les huiles végétales comme l’huile d’olive et le magnésium dans les légumes verts, surtout à feuilles.
La vitamine D est intéressante du fait qu’elle se comporte comme une hormone dans notre corps. Une hormone qui régule plusieurs réactions rapides comme les contractions musculaires ou la libération d’adrénaline, entre autres, mais ce qui m’intéresse ici, c’est qu’elle interfère avec l’expression d’un gène de l’inflammation.
Tous ces nutriments participent à la santé en général, dont celle du cerveau. Vous trouverez facilement sur internet les sources alimentaires de ces nutriments. Une supplémentation peut être indiquée dans certains cas.
🧠 𝗔𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗺𝗼𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀
🔸𝘽𝙖𝙘𝙩é𝙧𝙞𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙡𝙚𝙫𝙪𝙧𝙚𝙨
Les infections bactériennes ou à levures non soignées, comme Herpès simplex -1, Borrelia (maladie de Lyme), P. gingivalis , candida albicans alimentent aussi l’inflammation. Et ajoutons les moisissures qui, en générant des mycotoxines, favorisent un état inflammatoire.
🔸𝙁𝙖𝙘𝙩𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙚𝙣𝙫𝙞𝙧𝙤𝙣𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩𝙖𝙪𝙭
Les métaux lourds peuvent avoir un impact sur la santé cognitive : mercure, aluminium, plomb, cadmium, arsenic, titane.
▪️ Le mercure détruit les neurones.
▪️ L’aluminium est un minéral neurotoxique. Le papier d’aluminium comme les poêles en fonte d’aluminium libèrent de l’aluminium lorsqu’elles sont en présence d’un liquide acide. Une sauce au vin blanc, par exemple. Les feuilles d’aluminium en libèrent encore plus.
▪️ Le fluor augmente la biodisponibilité de l’aluminium.
🔸𝙁𝙖𝙘𝙩𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙢é𝙩𝙖𝙗𝙤𝙡𝙞𝙦𝙪𝙚𝙨
Hormones thyroïdiennes (rT3, T3), prégnénolone, testostérone, estradiol bas. Il est important de demander à votre praticien de santé de faire doser ces hormones. En effet, il a été remarqué que les personnes de 65 ans et plus, atteintes d’hypothyroïdie, ou les hommes avec un taux de testostérone bas, sont plus de risque de développer une démence, en comparaison aux personnes du même âge ayant des taux d’hormones normaux.
🧠 𝗖𝗼𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻
Maintenant que vous avez lu cet article, vous vous demandez peut-être par où commencer.
Reprenez depuis le début et regardez ce que vous pouvez contrôler comme facteurs promoteurs. Pour vos repas, mettez-vous au défi de manger de trois à cinq légumes de différentes couleurs durant deux repas dans votre journée. Jouez à Sherlock Holmes pour débusquer les métaux toxiques de votre environnement immédiat. Combattez les infections et l’inflammation, etc...
🧠 𝗨𝗻 𝗰𝗮𝗱𝗲𝗮𝘂 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗶𝗻𝗲𝗿
Les avancées de la neuroscience nous ont fait comprendre que lorsqu’un neurone meurt, c’est terminé pour lui. Cependant, notre cerveau met en branle un mécanisme appelé "Nerve Growth Factor" (facteur de croissance du neurone). Certains exercices ont été mis au point pour favoriser la création de nouvelles connections neuronales, prenant la relève de celles qui ont été détruites. Pour effectuer ces exercices, rendez-vous sur le site qui s’appelle BrainHQ : https://urlz.fr/pJnF
Prenez soin de votre cerveau !
Bruno 😉
👉 Références :
Il existe des tests génétiques pour savoir si vous êtes porteur d’un gène relié à l’Alzheimer. Le plus connu est : https://www.23andme.com/en-ca/?gad_source=1
Hamer M., Chida Y. (2009). Physical activity and risk of neurodegenerative disease: a systematic review of prospective evidence. Psychol Med. 39(1): 3-11.
Guure C. B., Ibrahim N. A., Adam M. B. et al. (2017). Impact of Physical Activity on Cognitive Decline, Dementia, and Its Subtypes: Meta-Analysis of Prospective Studies. Biomed Res Int. 2017
Singh B et coll., Association of Mediterranean diet with mild cognitive impairment and Alzheimer’s disease: A systematic review and meta-analysis. J Alzheimers Dis
Hamazaki, T. et al. Le DHA diminue significativement la concentration de Norépinéphrine, Anti-stress of DHA, Biofactors 2000
Wei, B. et al. (2023), The relationship of omega-3 fatty acids with dementia and cognitive decline: evidence from perspective cohort studies of supplementation, dietary intake, and blood markers”, The American Journal of Clinical Nutrition.
Thvilum M, Brandt F, Lillevang-Johansen M, Folkestad L, Brix TH, Hegedüs L. Increased risk of dementia in hypothyroidism: A Danish nationwide register-based study. Clin Endocrinol (Oxf). 2021 Jun;
Lv W and al. Low Testosterone Level and Risk of Alzheimer’s Disease in the Elderly Men: a Systematic Review and Meta-Analysis. Mol Neurobiol. 2016 May