13/04/2026
Biodanza : Oser aimer, du réflexe de protection à la joie de la rencontre
La peur d'aimer ou d'être aimer
Il y a quelque chose de profondément paradoxal dans l'amour : on le désire, on le cherche, et pourtant quelque chose en nous résiste. Une contraction. Une hésitation. Parfois même une fuite.
Peur de s'exposer, peur de ne pas être assez, peur d'être blessé, envahi, ou abandonné.
Ce que j'ai appris en Biodanza, et dans ma propre vie c'est que ces peurs ne sont pas des défauts. Elles sont des signaux. Une forme d'intelligence très ancienne, inscrite dans notre biologie.
Le corps qui se défend
Les neurosciences nous éclairent ici. Notre cerveau est équipé d'un système de vigilance , l'amygdale en particulier qui scanne en permanence l'environnement à la recherche de menaces. Lorsqu'une relation évoque une expérience douloureuse passée, ce système s'active avant même qu'on en soit conscient. La respiration se retient. Les épaules montent. La distance s'installe.
Ce n'est pas de la lâcheté.
C'est de la neurobiologie.
Ces mécanismes ont une fonction : protéger l'intégrité du système. Le problème, c'est qu'ils ne distinguent pas toujours une vraie menace d'une occasion de rencontre. Le corps, fidèle à ses apprentissages passés, se referme là où il pourrait s'ouvrir.
La protection n'est pas l'ennemi
Je tiens à le dire clairement : il ne s'agit pas d'éliminer ces protections.
Se protéger, c'est préserver son équilibre, éviter une surcharge émotionnelle, maintenir ce que la biologie appelle l'homéostasie, l'équilibre interne du vivant.
Le travail n'est pas de se forcer à s'ouvrir.
C'est de créer les conditions dans lesquelles l'ouverture devient possible. Naturelle. Choisie.
C'est une nuance essentielle.
Ce que le corps sait faire
La relation ne se joue pas dans la tête.
Elle se vit d'abord dans le corps.
La recherche sur le système nerveux autonome (notamment les travaux de Stephen Porges sur la théorie polyvagale) montre que lorsque le corps perçoit un environnement sécurisant, il bascule vers un état de disponibilité sociale : la respiration s'approfondit, les muscles du visage s'assouplissent, la voix change, et le contact devient possible.
En Biodanza, on travaille exactement ce basculement.
Pas par la pensée.
Par l'expérience vécue.
Le mouvement,
le regard,
la présence partagée
Tout cela envoie au système nerveux des signaux concrets : ici, c'est sûr. Ici, tu peux être là.
Un chemin progressif
Oser aimer ne signifie pas se dévoiler d'un coup. C'est un processus lent, respectueux, fait de petits pas.
Dans notre groupe de Biodanza, rien n'est forcé. Un regard peut s'offrir ou se retirer librement. Un mouvement peut se partager sans attente. La rencontre se construit au rythme de chacun. Et c'est précisément cette progressivité qui permet au système nerveux de réapprendre : que l'autre n'est pas forcément un danger, que le contact peut nourrir plutôt qu'épuiser, que la vulnérabilité peut coexister avec la sécurité.
Ce qui émerge quand la peur se pose
Quelque chose de beau se passe lorsque la vigilance diminue. Une qualité apparaît, que j'aime appeler la générosité vivante — pas la générosité sacrificielle de celui qui se donne sans compter, mais l'élan naturel vers l'autre quand on se sent assez en sécurité pour le faire.
Donner sans se perdre, recevoir sans se fermer, circuler.
C'est cette circulation qui est au cœur du vivant. Et c'est elle que nous cultivons ensemble, chaque semaine.
Le groupe comme milieu thérapeutique
Il y a dans le groupe quelque chose qu'aucun travail solitaire ne peut remplacer. Être vu sans être jugé, expérimenter des formes de lien variées, sentir que l'on n'est pas seul avec ses peurs. Le groupe, lorsqu'il est bien tenu, devient ce que les psychologues humanistes appelleraient un milieu de croissance , un espace où l'on peut risquer d'être soi, et découvrir que ça tient.
Aimer n'est pas une performance. Ce n'est pas non plus une prise de risque héroïque.
C'est un mouvement du vivant, qui demande simplement les bonnes conditions pour se remettre en route.
Lundi soir, c'est ce que nous explorons ensemble.
Tu es le·la bienvenu·e à 20h au centre de loisirs Rachety à Cugnaux route de Plaisance