06/04/2026
En cette période Pascal, une question s’est posée à moi : « Et si les crises que nous subissons révélaient surtout notre incapacité à renoncer ? »
Après la crise sanitaire de la Covid nous pensions changer ! À l’heure où les tensions internationales s’exacerbent, où les décisions imprévisibles de Donald Trump viennent bousculer les équilibres mondiaux, et où le stratégique détroit d'Ormuz redevient un point de fragilité majeur pour nos approvisionnements énergétiques, je me pose une question dérangeante.
Sommes-nous encore capables de lucidité collective ?
Car derrière toutes ces crises, il y a surtout une réalité que nous refusons de regarder en face :
notre dépendance, notre confort, et notre difficulté chronique à changer.
1 - La Sécurité sociale : un héritage en péril, une responsabilité oubliée
Cette année, la Sécurité sociale fête ses 80 ans. 80 ans d’un modèle unique, né des combats de nos aînés, un modèle d’économie sociale avant-gardiste, basé sur un principe simple et puissant : la solidarité.
Mais aujourd’hui, osons le dire : ce modèle vacille.
Non seulement sous le poids des évolutions démographiques (vieillissement/ALD) et des progrès médicaux, mais aussi sous celui de nos propres comportements.
• Une consommation médicamenteuse banalisée, parfois détournée
• Des arrêts de travail abusifs éloignés de leur finalité
• Une perception des prestations sociales devenue un dû plus qu’un bien commun à préserver
La solidarité ne peut survivre sans responsabilité.
Préserver la Sécurité sociale, ce n’est pas seulement exiger des réformes.
C’est aussi accepter, individuellement, de :
• Travailler lorsque nous le pouvons,
• Consommer les soins avec discernement,
• Refuser les abus, même lorsqu’ils semblent “sans conséquence”.
Car à l’échelle collective, chaque écart devient un déficit.
2 - Notre dépendance au pétrole : une incohérence assumée
Le blocage du détroit d’Ormuz nous rappelle brutalement une vérité que nous connaissons déjà :
nos modes de vie reposent sur une énergie que nous ne maîtrisons pas.
Et pourtant… Nous continuons à :
• Privilégier la voiture individuelle pour des trajets évitables
• Banaliser les voyages en avion
• Consommer des produits importés à bas coût, au prix d’un transport massif
Nous savons. Mais nous ne changeons pas.
Pourquoi ? Parce que changer implique de renoncer. Et que nous avons collectivement perdu l’habitude du renoncement.
3 - Consommer autrement : une évidence que nous repoussons
Les solutions sont connues, accessibles, parfois même simples :
• Manger local et de saison
• Privilégier les circuits courts
• Porter des vêtements fabriqués en France, de seconde main.
• Réduire drastiquement notre usage du plastique
• Voyager autrement : train, vélo, marche
Ces choix ne sont pas anecdotiques. Ils sont politiques. Ils traduisent une vision du monde :
• Plus résiliente,
• Moins dépendante,
• Plus solidaire.
Et pourtant, nous continuons souvent à faire l’inverse. Par habitude. Par facilité. Par renoncement.
Et si nous adoptions la méthode "BISOU"
• BESOIN : À quel besoin cet achat répond-il chez moi ?
• IMMÉDIATETÉ : ai-je besoin de cet objet tout de suite ?
• SEMBLABLE : ai-je un objet semblable qui pourrait faire l'affaire ?
• ORIGINE : quelle est l'origine (et pas seulement géographique) de ce produit ?
• UTILE : cet objet va-t-il m'être utile ?
Ce que révèlent les crises : notre responsabilité individuelle
Il est tentant de désigner des responsables : les dirigeants politiques, les multinationales, les crises géopolitiques.
Mais la vérité est plus inconfortable :
NOUS SOMMES AUSSI UNE PARTIE DU PROBLEME.
Nos choix quotidiens, répétés des millions de fois, façonnent :
• La faillite de notre système de santé
• Notre dépendance énergétique
• Notre impact environnemental
Et donc… notre avenir et celui de nos enfants. Aussi, retrouvons le sens du collectif.
Nos grands-parents ont construit un modèle social remarquable dans un contexte infiniment plus contraint que le nôtre.
Ils ont su :
• Faire des efforts,
• Penser collectif,
• Accepter des contraintes pour un bien commun.
Sommes-nous encore capables d’en faire autant ? Nous ne changerons rien tant que nous n’accepterons pas de changer nous-mêmes.
Car au fond, la véritable transition sanitaire, sociale, écologique ne viendra pas uniquement des politiques publiques.
ELLE VIENDRA DE NOUS.