05/04/2026
eh oui…
Aujourd’hui, mon plein me coûte 95.46€.
95.46€…
C’est 13 injections.
Ou 10 prises de sang.
Ou 7 pansements.
En gros… mon réservoir mange du soin. Direct.
On pensait signer pour des soins, des pansements, des glycémies, des accompagnements de fin de vie.
En réalité… on a aussi signé pour un abonnement premium chez Total.
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Depuis quelques temps, le carburant est devenu un personnage de la tournée.
Un collègue invisible.
Un collègue cher.
Très cher.
Le genre de collègue qui ne fait aucun soin… mais qui prend sa part sur chaque patient.
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— “Tu passes chez Mme Dupont ?”
— “Oui… mais elle est à 18 km.”
— “Ah…”
— “Donc en fait… j’y vais à perte.”
Bienvenue dans la médecine version 2026 :
Soigner… en calculant si ton plein est compatible avec ton humanité.
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Parce qu’on va être très clairs.
Nous, infirmiers libéraux, on ne téléporte pas. On ne fait pas de visio pour un pansement. On ne fait pas de télé-soin pour une toilette.
Nous, on roule.
Matin.
Midi.
Soir.
Week-end.
Jours fériés.
À pâques, à pentecôte, le 14 juillet, le 15 août, le 25 décembre, le 1er janvier
Pendant la fête des mères, des pères, des grands parents
Quand il pleut.
Quand il neige.
Quand la vie des gens ne peut pas attendre.
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Et pendant ce temps-là, le carburant, lui… il grimpe tranquille.
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Résultat ?
Des cabinets qui réfléchissent avant d’accepter un patient. Pas par manque d'envie. Pas par manque d’éthique.
Mais parce qu’à un moment…
tu ne peux pas payer pour travailler.
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Et ça, il faut l’entendre.
Parce que derrière les chiffres…
il y a une réalité toute simple :
👉 Moins de déplacements possibles
👉 Moins de prises en charge
👉 Moins de soins à domicile
Et donc…
👉 Des patients qui restent seuls.
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On en est là.
À se dire :
“Est-ce que je peux me permettre d’aller soigner quelqu’un aujourd’hui ?”
Tu te rends compte du niveau d’absurdité ?
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Alors oui, on continue parce qu’on ne laisse pas tomber les gens.
Mais à force de tirer sur la corde, c’est la corde qui finit par lâcher. Et ce jour-là, ce ne sera pas juste un problème de carburant. Ce sera un problème de santé publique.
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On a alerté.
Les syndicats en parlent.
Les collègues s’épuisent.
Mais pour l'instant le compteur tourne plus vite que les décisions.
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Alors aujourd’hui, je le dis simplement. Pas avec des tableaux Excel. Pas avec des grandes phrases politiques.
Juste avec la réalité du terrain :
👉 Aidez-nous à continuer à rouler.
👉 Aidez-nous à continuer à soigner.
Parce que si nous on s'arrête, ce n’est pas juste une tournée qui disparaît.
C’est un lien.
Une présence.
Un soin.
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Si ce message vous parle, si vous comprenez ce qu’on vit sur le terrain…
partagez-le un maximum.
Parce que plus on sera visibles…
plus on aura peut-être une chance d’être entendus.
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Allez… j’y retourne.
J’ai un patient qui m’attend.
Et une pompe à essence qui m’attend aussi… mais elle, elle est beaucoup moins sympa. 🚗💸
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Et vous, vous en êtes où avec le carburant dans vos tournées… ça commence à devenir compliqué aussi ou ça tient encore ?
🚗💸