10/01/2026
J’ai dormi sans « bonne nuit », je me suis réveillée sans « bonjour », et j’ai appris à vivre sans « je suis fier de toi ». Pas parce que je n’en avais pas besoin, mais parce que la vie m’y a forcée. Parce qu’à force d’attendre des mots qui ne venaient pas, j’ai compris une vérité dure, mais libératrice : au final… on n’a vraiment que nous-mêmes.
Il y a des silences qui font plus de bruit que des cris. Le silence d’un message qui n’arrive pas. Le silence d’une attention absente. Le silence d’une reconnaissance qu’on espère, surtout quand on fait de son mieux. Ces silences-là blessent parce qu’ils touchent à quelque chose de profond : le besoin d’être vu, entendu, reconnu.
Dormir sans « bonne nuit », ce n’est pas seulement manquer d’un mot. C’est s’endormir avec ses pensées, ses doutes, ses peurs, sans cette petite présence qui rassure. C’est apprendre à calmer soi-même son esprit, à se parler intérieurement pour ne pas sombrer dans la solitude. C’est difficile, mais ça rend plus fort.
Se réveiller sans « bonjour », c’est commencer la journée sans repère affectif. Sans ce signe qui dit « je pense à toi ». Alors tu te lèves seule, tu affrontes la journée seule, tu construis ton courage sans témoin. Et un jour, tu réalises que tu n’as plus besoin de ce message pour avancer. Tu te souhaites ton propre bonjour.
Vivre sans « je suis fier de toi », c’est peut-être le plus dur. Parce que ce sont des mots que l’on attend souvent de ceux qui comptent le plus. Des mots qui valident les efforts, les sacrifices, les combats invisibles. Ne pas les entendre fait douter. On se demande si ce que l’on fait a de la valeur. Si on est assez. Si quelqu’un voit vraiment tout ce qu’on porte.
Et puis, à force de ne pas les entendre, quelque chose change. Tu arrêtes d’attendre. Tu regardes ton parcours. Tu vois ce que tu as traversé. Tu reconnais toi-même ta force. Tu te dis enfin, sans avoir besoin de personne : « je suis fier de moi ». Et ce jour-là, quelque chose se répare.
Cette réalité ne rend pas insensible. Elle rend lucide. Elle t’apprend que dépendre émotionnellement des autres te fragilise. Que chercher constamment la validation te met en position de manque. Et que construire ta valeur à l’intérieur te rend libre.
On n’a vraiment que nous-mêmes… mais ce nous-mêmes est plus fort qu’on ne le croit. C’est la personne qui se relève quand personne n’applaudit. Celle qui continue quand personne n’encourage. Celle qui se console quand il n’y a personne pour le faire. Et cette version de toi mérite du respect.
Cela ne veut pas dire que l’amour, l’amitié ou la reconnaissance n’ont aucune importance. Ils comptent. Ils font du bien. Mais ils ne doivent plus être des conditions à ta survie émotionnelle. Ils deviennent des bonus, pas des fondations.
Quand tu comprends que tu peux vivre sans ces mots, tu ne deviens pas froide. Tu deviens stable. Tu apprécies davantage quand ils existent, mais tu ne t’effondres plus quand ils manquent. Tu avances avec une solidité nouvelle, construite dans le silence, dans l’absence, dans l’apprentissage.
Au final, on n’a vraiment que nous-mêmes.
Et ce n’est pas une condamnation.
C’est une force.
Parce que quand tu apprends à être là pour toi, à te parler avec douceur, à reconnaître ta valeur sans témoin… plus rien ne peut vraiment t’enlever ta paix.