Cabinet Sagita - Sonia Bahouth

Cabinet Sagita - Sonia Bahouth Docteur en psychologie clinique et psychopathologie
Psychologue Clinicienne
Psychothérapeute Sexologi

16/01/2026

photo de joseph koudelka
Quand le corps réclame sa couveuse

Clinique d’un besoin archaïque de protection face à l’excès d’adaptation

Hier, en séance, une patiente que je travaille depuis quelque temps arrive fébrile, anxieuse.
Elle attribue cet état à sa nouvelle activité professionnelle : rythme soutenu, exigences accrues, téléphone constamment à la main, hyperconnexion, vigilance permanente. Elle dit « tenir », mais son corps, lui, ne tient plus tout à fait.

Cette fébrilité dure. Elle s’installe.
Et surtout, elle a déjà provoqué une chute récente. Une chute corporelle réelle, qui m’alerte. Quand le corps tombe, ce n’est jamais anodin. Il parle là où le sujet continue de s’adapter.

Je l’interroge alors sur ses sensations corporelles. Elle évoque un épisode précis : en sortant d’un bain très chaud, elle est saisie par un froid glacial. Le contraste est brutal. Elle décrit une sidération corporelle, suivie de fortes contractures. Le chaud, le froid. L’absence de transition. Le corps pris de court.

Quelque chose, là, insiste.

Quand le corps parle de déséquilibre

Ce n’est pas seulement de stress qu’il s’agit.
C’est d’un déséquilibre plus profond, d’un corps qui ne parvient plus à réguler seul les passages, les transitions, les changements d’état.

Je lui propose alors un déplacement :
et si ce que son corps réclame aujourd’hui n’était pas un repos ordinaire, mais une enveloppe ?

Le mot fait immédiatement résonance. Elle se tait. Puis elle associe.

La naissance : une entrée dans le monde sans transition

Elle raconte alors son histoire de naissance.

Césarienne.
Naissance prématurée.
Mise en couveuse.
Séparation brutale d’avec la mère, hospitalisée dans le même temps pour des épisodes hallucinatoires.

Le récit est sobre, presque factuel. Mais il est chargé.

L’entrée dans le monde s’est faite :

sans passage progressif,

sans continuité sensorielle,

sans enveloppe maternelle suffisamment stable.

Le chaud, le froid.
Le dedans, le dehors.
La coupure.

Le corps du nourrisson a dû, très tôt, se débrouiller seul pour survivre.

La couveuse comme premier cocon de survie

La couveuse a été, à ce moment-là, le seul contenant possible.
Un contenant artificiel, mais vital. Une enveloppe de substitution.

Ce que le corps a appris très tôt, c’est ceci :

pour survivre, il faut recréer seul une enveloppe.

Aujourd’hui encore, face à l’excès de stimulation, à la précipitation, à l’hyperadaptation exigée par le monde contemporain, ce corps réclame la même chose :
un milieu protégé, une zone tampon, un espace de transition.

Hyperconnexion et noyade psychique

Le téléphone toujours à la main, la connexion permanente, la vigilance constante ne sont pas ici de simples habitudes modernes.
Elles fonctionnent comme des prothèses de contenance.

Mais ces prothèses sont paradoxales :
elles stimulent plus qu’elles ne contiennent.
Elles excitent plus qu’elles n’enveloppent.

Le corps, saturé, perd ses repères.
Il n’a plus de dedans suffisamment distinct du dehors.

Alors il chute.
Ou il se contracte.
Ou il somatise.

L’enveloppe psychique en défaut

Ce que cette clinique met en lumière, c’est une fragilité de l’enveloppe psychique, au sens où l’entend Didier Anzieu :
une difficulté à maintenir une peau psychique suffisamment protectrice face aux intrusions du réel.

Là où l’adulte continue de « faire face », le corps, lui, réclame une autre temporalité :
celle du soin archaïque, du ralentissement, de la protection.

Ondes alpha et rêverie : une nécessité vitale

Je pense ici à Wilfred Bion et à sa notion de fonction alpha.
Lorsque l’environnement ne permet pas de transformer les excitations brutes en éléments pensables, le corps prend le relais.

Cette patiente n’a pas toujours eu, dans son histoire, un objet primaire capable de contenir, de transformer, de rêver pour elle.
Aujourd’hui, elle apprend peu à peu à devenir cet objet pour elle-même.

À reconnaître ses besoins archaïques.
À s’autoriser des temps de retrait.
À créer sa propre couveuse psychique.

C’est en cela qu’elle devient, progressivement, une « bonne mère » pour elle-même.

Retrouver l’imaginaire comme espace de survie

Lorsque l’enveloppe se restaure, l’imaginaire peut à nouveau circuler.
Non pas comme fuite, mais comme réservoir de rêverie, indispensable pour ne pas être écrasé par un réel trop exigeant.

Il ne s’agit pas de se désadapter du monde, mais de cesser de s’y noyer.

Conclusion clinique

Cette vignette rappelle avec force que certains corps portent encore, à l’âge adulte, la mémoire de traumatismes très précoces.
Des traumatismes où la question centrale n’était pas le sens, mais la survie.

Quand le monde contemporain exige toujours plus de rapidité, de disponibilité, d’adaptabilité, ces corps-là réclament autre chose :
des transitions douces, des enveloppes, des couveuses psychiques.

Les entendre, ce n’est pas régresser.
C’est prendre soin de la part la plus vivante du sujet.

16/01/2026

EMPRISE TRANSGÉNÉRATIONNELLE :
Quand une famille parle à la place du sujet**
Joëlle Lanteri – Psychanalyste
**I. L’emprise n’est pas d’abord un rapport de force.
C’est un héritage.**
On croit souvent que l’emprise est un phénomène “entre deux personnes” — l’un domine, l’autre subit.
En clinique, c’est plus subtil, plus profond, plus ancien.
L’emprise naît bien avant le couple, dans la famille d’origine,
souvent deux ou trois générations plus haut,
dans ces transmissions silencieuses où :
les places sont distribuées,
les loyautés imposées,
les dettes héritées,
les rôles figés.
La personne prise dans l’emprise est rarement “faible”.
Elle est prise dans une chaîne psychique qu’elle n’a pas choisie.
Et celui qui exerce l’emprise n’est pas toujours un tyran.
Parfois, il est simplement l’enfant fabriqué pour porter les attentes d’avant lui.
II. L’origine : une dette qui ne dit pas son nom
Dans beaucoup de familles, un enfant naît pour :
réparer une souffrance parentale,
restaurer une image ternie,
accomplir un rêve brisé,
succéder à un parent défaillant,
donner une place à une femme qui n’en a pas reçu.
C’est la dette narcissique.
Elle ne s’énonce jamais, mais se transmet :
par l’admiration excessive,
par les sacrifices maternels,
par les injonctions de réussite,
par la glorification de l’enfant,
par l’effacement de ses failles.
L’enfant grandit dans un message implicite :
“Tu es tout pour moi.”
Cette phrase, en apparence tendre, est une chaîne invisible.
L’enfant devient un tuteur narcissique pour les générations précédentes.
**III. Le rôle du père fantôme :
Quand la limite n’a jamais été transmise**
Dans de nombreuses histoires d’emprise, on retrouve la même architecture :
un père absent, démissionnaire, inconsistant, silencieux, défaillant.
une mère ou une grand-mère en surinvestissement, qui fabrique l’enfant comme une œuvre personnelle.
Sans père tiers, l’enfant ne rencontre ni limite, ni séparation, ni contradiction constructive.
Il devient :
trop puissant,
trop nécessaire,
trop identitaire pour les femmes qui l’entourent.
Il n’apprend pas à se confronter.
Il apprend à régner, ou à servir.
Et plus t**d dans le couple,
il reproduira ce qu’il a reçu.
**IV. La grand-mère toute-puissante :
la matrice de l’emprise**
C’est presque une constante clinique :
derrière les couples dysfonctionnels, on trouve souvent une figure féminine antérieure,
puissante, sacrificielle, autoritaire ou fusionnelle.
Elle peut :
décider à la place de l’enfant,
penser pour lui,
exiger sa réussite,
lui transmettre sa solitude comme un devoir,
le tenir pour le rempart de la famille.
L’enfant devient son porte-identité.
Plus t**d, dans son couple, il exigera inconsciemment que sa compagne :
s’efface,
serve sa réussite,
protège son image,
assume les tâches inconfortables,
porte à son tour ce qu’il ne peut porter.
Ce n’est pas de la perversité.
C’est une répétition fidélitaire.
**V. L’emprise dans le couple :
une répétition en miroir**
Quand deux adultes s’unissent,
ils n’unissent pas seulement leurs personnes :
ils unissent leurs généalogies.
Dans ce couple, la femme occupe la place sacrifiée que sa mère et sa grand-mère ont peut-être occupée.
L’homme occupe la place du fils-roi, tuteur narcissique de plusieurs générations.
La scène se rejoue :
Il occupe.
Elle s’efface.
Il tient au symbole.
Elle tient à la relation.
Il dit “on verra”.
Elle dit “je n’en peux plus”.
Il protège l’héritage.
Elle protège le présent.
Elle paie une dette qui n’est pas la sienne.
Il défend un totem qui n’est plus un besoin, mais une identité héritée.
Ce n’est pas “leurs” choix.
C’est le retour des transmissions non résolues.
**VI. L’emprise n’est jamais unilatérale :
elle est un système**
Dans la plupart des couples pris dans l’emprise transgénérationnelle :
l’un porte la dette,
l’autre porte la culpabilité,
les deux sont pris dans une pièce écrite avant eux.
Victime et auteur sont des rôles mouvants.
Le système est stable,
parce qu’il est familial avant d’être conjugal.
**VII. Le rôle du thérapeute :
rendre possible la séparation psychique**
Le travail analytique consiste à :
1. Identifier les fantômes
Ceux qui agissent derrière eux :
la grand-mère toute-puissante,
le père absent,
la mère sacrificielle,
les loyautés invisibles.
2. Rendre consciente la dette
Sans accusation, mais avec lucidité :
“Ce n’est pas votre appartement.
C’est votre héritage.”
3. Restaurer la place de chacun
Elle : sujet à part entière.
Lui : homme et non enfant glorifié.
4. Introduire du tiers
Le tiers, ici, est mon écoute, ma parole, mon cadre.
C’est ce que le père n’a jamais transmis.
5. Nommer l’emprise sans culpabiliser
Nommer permet de desserrer.
Désigner sans condamner.
6. Séparer l’histoire familiale de la vie actuelle
Le couple ne doit pas porter les dettes du passé.
**VIII. Sortir de l’emprise transgénérationnelle :
un travail subtil**
Sortir de l’emprise n’est jamais une rupture brutale.
C’est un travail de différenciation :
“ça, c’est mon histoire”
“ça, c’est la tienne”
“ça, c’est l’histoire de ta famille”
“ça, nous n’avons plus à le porter”
“ça, nous devons le rendre”
On ne coupe pas une emprise :
on la démêle.
On la défamiliarise.
On la sépare du présent.
**IX. Conclusion :
L’emprise est un héritage qui cherche un corps où s’accrocher**
On croit que l’emprise vient d’une personne trop forte.
En vérité, elle vient d’un passé non digéré.
Dans ce couple, le mari n’est pas un tyran : il est le produit d’une chaîne dont il est l’otage.
Et sa femme n’est pas faible : elle porte la part maudite de cette transmission.
L’emprise transgénérationnelle n’est pas une lutte.
C’est une histoire familiale qui trouve un théâtre.
Le rôle du clinicien est de rendre aux vivants ce qui appartient aux morts.

16/01/2026

Quand on se coupe pour survivre
La déconnexion émotionnelle...

Chez de nombreux enfants, adolescents et adultes neuroatypiques, il existe un mécanisme discret mais profondément structurant : la déconnexion émotionnelle.

On parle souvent d’hypersensibilité, d’explosions émotionnelles ou d’impulsivité.

On parle beaucoup moins de l’autre versant, celui où l’émotion se fige, s’éteint ou se met à distance.

Et pourtant, c’est l’un des mécanismes de protection les plus fréquents chez les profils TDAH, TSA et à haut potentiel.

Ce n’est pas du calme, c’est une coupure

La déconnexion émotionnelle peut prendre des formes très différentes. Elle se manifeste parfois par :

- un regard vide
- un retrait soudain
- une impression d’absence
- une indifférence étrange
- une froideur qui ne ressemble pas à la personne

Ce n’est pas de l’apaisement. C’est un système nerveux qui se met hors ligne parce que la charge émotionnelle est devenue trop lourde.

Le cerveau choisit de couper plutôt que d’exploser.

Pourquoi les profils neuroatypiques y sont particulièrement exposés ?

Les profils TDAH, TSA et à haut potentiel vivent le monde avec une intensité accrue :

- les stimulations sont plus nombreuses
- les pensées plus rapides
- les émotions plus fortes
- la fatigue plus profonde

Ils encaissent beaucoup, souvent sans pouvoir déposer ce qu’ils ressentent.

Quand cette intensité n’est ni reconnue ni sécurisée, le système finit par se protéger.

Plutôt que de ressentir trop, il préfère ne plus ressentir.

Chez l’enfant...

Chez l’enfant, la déconnexion apparaît souvent après des situations répétées de tension :

- conflits fréquents
- attentes trop élevées
- sanctions incomprises
- humiliations
- échecs accumulés

L’enfant devient plus calme, plus discret, parfois plus conforme.
Mais à l’intérieur, il s’éteint.

Il ne fait plus de vagues.
Il ne demande plus.
Il ne dérange plus.

Et c’est souvent à ce moment-là que les adultes pensent que tout va mieux, alors que l’enfant s’est simplement coupé de lui-même.

Chez l’adolescent...

À l’adolescence, la déconnexion devient parfois une stratégie de survie sociale :

- pour ne pas être rejeté
- pour ne pas être moqué
- pour ne pas être envahi

Certains adolescents se coupent de ce qu’ils ressentent.

Ils jouent un rôle, sourient sans y être, se protègent derrière une carapace.

D’autres cherchent à ressentir quelque chose à tout prix, parfois à travers des comportements à risque, non par goût du danger, mais pour échapper au vide intérieur.

Chez l’adulte...

Chez l’adulte neuroatypique, la déconnexion est souvent ancienne.

Elle s’est installée progressivement, parfois depuis l’enfance.

Elle peut se traduire par :

- un engourdissement émotionnel
- une fatigue chronique
- une distance dans les relations
- une difficulté à ressentir la joie

Beaucoup fonctionnent, travaillent, réussissent même.

Mais ils ne vivent plus vraiment.
Ils ont appris à tenir, pas à ressentir.
Ce n'est pas...

La déconnexion émotionnelle n’est pas :

- un manque d’amour
- de la froideur
- de l’égoïsme

C’est une réponse du système nerveux à une surcharge prolongée.

C’est une manière de survivre quand ressentir est devenu trop douloureux.

Ce qui aide à se reconnecter...

La reconnexion ne se fait jamais sous la contrainte. Elle passe par la sécurité :

- des relations qui ne jugent pas
- des émotions reconnues sans être corrigées
- du temps sans pression
- des espaces où l’on peut être soi sans se défendre
- un cadre stable et prévisible

Quand le système nerveux se sent enfin en sécurité, il peut relâcher ses défenses.

Conclusion !

Les profils TDAH, TSA et à haut potentiel ne sont pas trop sensibles.

Ils sont parfois devenus trop coupés pour survivre.

Derrière la distance, il y a presque toujours une intensité qui n’a pas trouvé où se déposer.

Et lorsque quelqu’un offre enfin un espace où cette intensité peut exister sans être attaquée, les émotions, la présence et le lien reviennent peu à peu.

Pour retrouver mes autres articles et réflexions
https://tdaquoi.com

06/01/2026

Le pacte narcissique dans la conjugalité : captation, sidération, dépendance
Certaines relations de couple ne se construisent pas sur l’amour, mais sur un pacte narcissique d’asservissement réciproque. Deux sujets se choisissent, non pas pour leur altérité, mais pour la fonction qu’ils occupent l’un pour l’autre : panser une faille ancienne, garantir un narcissisme fragile, éviter la chute intérieure.
Ce qui les lie n’est pas le désir, mais la peur du manque.
I. Clinique : quand le lien amoureux devient une emprise invisible
Une femme, dans la trentaine, vient en consultation pour des crises d’angoisse. Elle ne parle jamais d’elle. Ce qu’elle raconte, c’est lui : ses attentes, ses besoins, ses colères. Elle vit dans une oscillation épuisante entre captation et sidération.
Dans ce couple, chaque geste banal — préparer le repas, choisir un vêtement — est soumis au regard évaluateur de l’autre.
Pas d’insulte explicite.
Pas de cris.
Juste une présence évaluante.
Ce qui la retient n’est pas la peur du conflit, mais la peur de ne plus exister si l’autre détourne son regard.
« Je préfère être mal aimée que ne plus être regardée. »
Dans son histoire, la relation affective n’a jamais été un lieu de repos, seulement un lieu d’exigence :
briller, plaire, mériter d’être retenue.
Elle a appris que pour être aimée, il fallait se rendre utile, disponible, docile.
Son partenaire, lui, ne supporte pas le vide. Toute séparation réactive chez lui une angoisse archaïque d’abandon : s’il n’est plus admiré, il se sent menacé d’effondrement. Pour survivre psychiquement, il a besoin d’une femme-miroir.
L’une veut être vue.
L’autre veut être admiré.
Leur rencontre fait alliance :
elle offre sa disponibilité, il offre son regard.
C’est un marché inconscient :
« Je te donne mon corps et mon temps, tu me donnes une place. »
Le pacte narcissique
Il fonctionne comme ceci :
LUI ELLE
Besoin d’admiration Besoin d’être regardée
Intolérance au manque Peur panique de perdre
Exigence (contrôle) Soumission (effacement)
Pouvoir Dépendance
Chacun nourrit la faille de l’autre.
Chacun est le médicament et le poison.
Ce pacte empêche toute séparation psychique : si l’un change, l’autre s’effondre.
La relation est stable tant qu’elle est asymétrique.
II. Phantom Thread : un film sur l’emprise « raffinée »
Dans Phantom Thread, Paul Thomas Anderson met en scène Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), un couturier génial, et Alma (Vicky Krieps), une jeune femme choisie pour devenir muse, objet, matériau.
Ce n’est pas une histoire d’amour.
C’est une histoire de captation.
Reynolds domestique Alma comme il dompte un tissu :
il l’ajuste, la corrige, la rectifie.
Elle devient le prolongement de son narcissisme.
La scène du petit-déjeuner est clinique
Alma coupe son pain trop bruyamment.
Reynolds s’irrite : « Tu détruis ma matinée ».
Ce n’est pas le bruit qui l’insupporte :
c’est qu’elle existe hors de son contrôle.
Dans ce couple, un simple geste autonome est vécu comme une trahison.
Le film montre ce que la clinique révèle :
L’emprise la plus violente est silencieuse.
Pas de cris.
Juste des règles. Des attentes. Des micro-sanctions.
Le sujet capté doute de lui-même et finit par s’auto-censurer.
III. La logique de l’emprise : « sans moi tu n’existes pas »
Reynolds a besoin d’une femme sacrifiée à son œuvre.
Alma veut être la seule qui compte, la seule à pouvoir le nourrir.
Elle découvre que pour reprendre du pouvoir, elle doit le rendre dépendant.
La scène où elle le rend malade pour qu’il ait besoin d’elle — désormais célèbre — montre la forme ultime de ce pacte narcissique :
« J’ai besoin que tu aies besoin de moi. »
Ce n’est plus de l’amour :
c’est un enfermement mutuel où chacun tient l’autre par ses failles.
IV. La question clinique essentielle
Dans ce type de relation, la question fondamentale n’est pas :
« Pourquoi elle reste ? »
mais :
« Que perd-elle si elle part ? »
La séparation n’est pas difficile parce que l’autre est aimable,
mais parce que sans l’autre :
le vide intérieur ressurgit.
V. Le travail analytique : rompre le pacte
Ce travail ne consiste pas à « quitter quelqu’un »,
mais à quitter une place :
ne plus être l’objet,
ne plus être le garant narcissique de l’autre,
retrouver la capacité de vouloir.
La séance où ma patiente dit :
« Je veux exister même quand il ne me regarde pas »
marque le début de la séparation psychique.
La sortie du pacte n’est pas un départ héroïque,
mais un déplacement de désir.
Conclusion
Certaines unions ne sont pas des histoires d’amour, mais des dispositifs de survie narcissique.
Elles ne se fondent pas sur la rencontre de deux sujets, mais sur l’ajustement de deux blessures.
Sortir de ce pacte, c’est accepter de perdre un regard
pour gagner un monde intérieur.

06/01/2026

Il est revenu quand je ne l’attendais plus… et quand je n’en avais plus besoin.

Aujourd’hui, il m’a réécrit.

Je vivais déjà en paix.
J’avais appris à respirer sans son absence, à rire sans nostalgie, à dormir sans vérifier mon téléphone dans l’espoir de voir son nom s’afficher.

Et puis… le téléphone a sonné.

« Numéro inconnu », disait l’écran.
Mais mon corps l’a su avant mes yeux.
Les mains tremblantes, la poitrine serrée, cette anxiété que je croyais enfouie… a ressurgi comme si elle n’était jamais partie.

Trois messages.

Trois phrases que j’aurais autrefois attendues avec désespoir.
Mais aujourd’hui, elles n’ont fait que me rappeler le froid.

— « Belle, tu me manques. »
— « Je me suis trompé, tu me manques, pardonne-moi. »
— « J’ai besoin de te voir. Je veux partager ma vie avec toi. »

Des mots qui jadis auraient été un baume… aujourd’hui n’étaient que des lames.

J’ai pleuré, oui.
Pas d’amour, mais de mémoire.
De me rappeler tout ce qui avait fait mal.
De savoir que ces mots arrivaient trop t**d.
Qu’ils n’étaient plus qu’une excuse sans force, une caresse sans âme.

Parce que je ne suis plus celle d’avant.
Je ne suis plus la femme qui attendait.
Je suis celle qui a choisi de vivre.

Je me suis servi un verre de vin.
Je suis allée sous la do**he.
J’ai chanté à pleins poumons.
Je me suis faite belle. Pour moi.
Pour la femme qui a survécu à lui.

Et j’ai compris une chose :
Parfois, l’amour revient… mais il ne retrouve plus la même personne.
Il revient vers une femme nouvelle.
Plus forte. Plus libre. Plus vivante.

Ce jour-là, j’ai effacé son numéro, et j’ai changé le mien.
Parce que mon printemps n’a plus besoin de son hiver.

Je l’ai aimé, oui.
Mais j’ai appris que toutes les histoires n’ont pas besoin de continuer.
Certaines se ferment avec dignité.
Avec un sourire.
Avec la certitude que tout ce qui revient… ne mérite pas forcément de rester.

- Auteur inconnu

Belle journée. Que ton corps te parle aujourd’hui.
Michael

24/12/2025
21/12/2025
21/12/2025

Selon l’approche jungienne, la rencontre amoureuse mobilise le processus de projection.

Dans la clinique du lien, l’expérience amoureuse fonctionne souvent comme un espace projectif où se rejouent des schémas relationnels précoces. Le partenaire devient le support de figures internes issues des premiers liens d’attachement. Ce processus de répétition n’est pas pathologique en soi : il traduit la tentative inconsciente de la psyché de symboliser une expérience affective restée inachevée.

Les patients rapportent fréquemment un sentiment de répétition : « je tombe toujours sur le même type de personne », « je revis la même déception ». Tant que ces scénarios demeurent investis d’espoir réparateur, ils se perpétuent. La saturation survient lorsque le sujet ne peut plus maintenir l’illusion d’un changement externe. Cette saturation marque souvent un point de bascule : le déplacement de la plainte (« les autres ») vers la reconnaissance d’un fonctionnement interne.

C’est à ce moment que le travail thérapeutique devient possible. La prise de conscience de la répétition permet une mise à distance du scénario, puis une élaboration du besoin primaire qu’il recouvre. L’amour, dans cette perspective, ne guérit pas directement : il agit comme catalyseur du processus d’intégration psychique. L’amour ne guérit donc pas nos blessures par sa seule présence, il les rend visibles jusqu’à ce que nous soyons prêts à cesser de les rejouer. C’est dans cette lucidité, et non dans la fusion, que commence la transformation psychique.

21/12/2025
21/12/2025

Pourquoi avoir un partenaire à 40, 50 ans... peut être une grave erreur - Boris Cyrulnik

23/11/2025

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4 Rue Docteur Maret Résidence Darcy, Bât C
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Mardi 09:30 - 20:00
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