25/11/2025
Éviter l’erreur fondamentale d’attribution : un enjeu majeur dans nos relations
Dans une relation de couple ou au travail, un des plus grands pièges psychologiques est l’erreur fondamentale d’attribution :
👉 cette tendance à expliquer les comportements des autres par leur personnalité, tout en expliquant nos propres comportements par les circonstances.
🔹 1. L’attribution fondamentale : “S’il agit ainsi, c’est qu’il est comme ça.”
Exemples :
– “Il ne répond pas → il s’en fiche.”
– “Elle est froide → elle n’a pas envie de moi.”
On interprète trop vite, sans considérer les facteurs externes : fatigue, stress, préoccupations, contexte.
🔹 2. L’effet acteur–observateur : deux réalités différentes
Quand je fais quelque chose, j’ai mille raisons.
Quand l’autre fait quelque chose, je conclus sur sa personnalité.
C’est un biais qui crée des malentendus dans tous les couples et toutes les équipes.
🔹 3. Le besoin humain de trouver des causes
Le cerveau déteste l’incertitude.
Alors il invente, il interprète, il comble les blancs.
Mais ces interprétations sont souvent fausses… et blessantes.
🔹 4. Pourquoi ça crée des conflits ?
Parce qu’on se sert de nos interprétations comme si c’étaient des vérités.
➡️ On accuse, on juge, on réagit à une histoire que l’on s’est racontée.
L’autre ne se reconnaît pas → frustration → escalade.
🔹 5. Comment l’éviter ?
✔️ Se demander : “Et si ce n’était pas intentionnel ?”
✔️ Replacer les comportements dans le contexte (fatigue, journée chargée, charge mentale).
✔️ Vérifier plutôt qu’interpréter : communiquer avant de conclure.
✔️ Se remettre en question : ma réaction parle-t-elle aussi de ma sensibilité, de mon histoire, de mes blessures ?
💡 Dans une relation, les interprétations non vérifiées sont plus dangereuses que les faits.
S’interroger, dialoguer, contextualiser : ce sont les bases d’une relation saine.
Comprendre nos biais, c’est comprendre l’humain — donc mieux aimer, mieux coopérer, mieux vivre ensemble.
Catherine Maquére, psychanalyste